La nutrition est une des bases de la santé et du développement. A tous les âges de la vie, améliorer son alimentation permet de renforcer le système immunitaire, de diminuer l’occurrence des maladies et donne un meilleur état de santé. En bonne santé, les enfants apprennent mieux. Les gens sont plus forts, plus productifs, davantage capables de briser le cycle de la pauvreté et de réaliser pleinement leur potentiel.
Le monde est confronté à des menaces croissantes sur sa sécurité alimentaire en raison de l’augmentation du prix des denrées et de la diminution de la productivité agricole, qui pourraient entraîner des problèmes de malnutrition. Inversement, certaines populations doivent faire face au problème d’une obésité galopante.
Ainsi les experts de l’OMS expliquent dix faits qu’il faut retenir pour faire face à la malnutrition.
1. La malnutrition est un des grands facteurs de morbidité dans le monde. On attribue à la dénutrition plus d’un tiers des décès d’enfants dans le monde. La pauvreté en est une des principales causes
2. Le retard de croissance est un indicateur essentiel de la malnutrition chronique – les enfants sont alors trop petits par rapport à leur âge et aux normes OMS de croissance de l’enfant. Environ 178 millions d’enfants dans le monde en souffrent à cause du manque de nourriture, d’une alimentation pauvre en vitamines et en oligo-éléments et de la maladie. Avec le ralentissement de la croissance, le développement cérébral stagne et ces enfants ont des difficultés d’apprentissage. C’est en Afrique et en Asie que la proportion d’enfants ayant un retard de croissance est la plus forte. Au sud de l’Asie centrale, elle atteint 41%.
3. L’émaciation est une forme sévère de malnutrition, provoquée par des pénuries alimentaires aiguës et aggravée par la maladie. Environ 1,5 million d’enfants en meurent chaque année. L’augmentation du prix des denrées alimentaires, leur rareté dans les zones de conflits et les catastrophes naturelles réduisent l’accès des ménages à une alimentation adaptée et en quantité suffisante, ce qui peut entraîner l’émaciation. Il faut alors instaurer des mesures nutritionnelles d’urgence pour sauver des vies.
4. La « faim insoupçonnée » est la carence en vitamines et oligo-éléments essentiels pour stimuler l’immunité et avoir un développement normal. Les carences en vitamine A, en zinc, en fer et en iode sont une grande source de préoccupation pour la santé publique. Les carences en iode concernent environ deux milliards de personnes dans le monde et on associe à la carence en vitamine A plus de 500.000 décès d’enfants de moins de cinq ans par an.
5. Le développement du surpoids et de l’obésité dans le mondre représente un défi majeur pour la santé publique. Des personnes de tous âges et de tous milieux sont confrontés à ce type de malnutrition. En conséquence, la fréquence du diabète et des autres maladies liées à l’alimentation monte en flèche, même dans les pays en développement. Dans quelques cas, jusqu’à 20% des enfants de moins de cinq ans, sont en surpoids.
6. La qualité de la nutrition pendant la grossesse favorise la santé du nourrisson. L’OMS recommande l’allaitement exclusif au sein pendant les six premiers mois de la vie, l’introduction des aliments de complément adaptés en fonction de l’âge après six mois et la poursuite de l’allaitement jusqu’à l’âge de deux ans au moins. On pourrait éviter environ 20% des décès d’enfants de moins de cinq ans dans le monde en appliquant ces directives. Une alimentation adaptée permet de faire baisser la fréquence du retard de croissance et de l’obésité et stimule le développment intellectuel du jeune enfant.
7. Les problèmes nutritionnels de l’adolescent commencent dès l’enfance et se poursuivent à l’âge adulte. L’anémie est un problème nutritionnel crucial pour l’adolescente. La prévention des grossesses précoces et l’amélioration de la santé nutritionnelle de la jeune fille en développement permet de faire baisser plus tard la mortalité maternelle et infantile et d’interrompre les cycles de la malnutrition d’une génération à l’autre. Pour les garçons comme pour les filles, l’adolescence est le moment idéal pour acquérir de bonnes habitudes en matière d’alimentation et d’exercice physique.
8. Au cours de la vie, les mauvaises habitudes alimentaires et la sédentarité accroissent progressivement les risques sanitaires et contribuent aux maladies cardiovasculaires, aux cancers, au diabète et à d’autres problèmes. La population mondiale vieillit: le nombre des personnes âgées de plus de 60 ans va passer de 700 millions aujourd’hui à un milliard en 2020. La santé nutritionnelle au cours de la vieillesse sera un facteur critique pour l’état sanitaire mondial.
9. Il faut avoir des informations sur la nutrition pour repérer les régions où l’assistance est la plus indispensable et contrôler les progrès. En 2006, l’OMS a publié les normes internationales pour la croissance de l’enfant qui permettent de faire des comparaisons sur la santé nutritionnelle des enfants dans et entre les pays et les régions.
10. L’éducation du public est un autre moyen d’améliorer la santé nutritionnelle. En commençant par la Chine pendant les Jeux Olympiques puis en poursuivant l’action dans d’autres pays, l’OMS et les États Membres feront la promotion des «Cinq clefs» nécessaires pour une alimentation saine: 1. Allaitement les nourrissons exclusivement au sein pendant les six premiers mois; 2. consommer des aliments variés; 3. consommer des fruits et légumes en grandes quantités; 4. consommer des quantités modérées de graisses et d’huiles; 5. consommer moins de sel et de sucres.