Femme congolaise de 32 ans, Generose, qui fut brutalement violée voici deux ans après avoir été témoin de l’assassinat de son frère, fait partie de quelque 2,400 femmes victimes du conflit – dont de nombreuses survivantes d’attaques sexuelles – qui ont bénéficié au Sud-Kivu du programme de l’agence de réfugiés visant à les rendre autonomes.
Mis en œuvre par le partenaire de l’UNHCR Women for Women International (WWI), le programme offre des cours visant à aider les femmes réfugiées – déplacées internes ou revenant de l’extérieur du pays – à gagner leur vie et devenir des membres actifs de la société. Il vise aussi à sensibiliser les communautés locales par rapport à l’impact sur les femmes déracinées de la violence sexuelle basée sur le genre (VSBG).
«Ces projets aident les réfugiées au retour et d’autres femmes vulnérables à améliorer leur bien-être socio-économique et mental,» explique Jules Barhalegehwa Basimine, chef des opérations de WWI aux environs des villes d’Uvira et Baraka.
WWI mène le programme dans 13 centres de formation créés au cours de deux dernières années dans les principales zones de retour au Sud-Kivu pour des réfugiés de retour de la Tanzanie et du Burundi, y compris à Uvira et Baraka.
Les femmes apprennent des capacités de base en matière d’affaires et de marketing pour leur avantage et celui de leur communauté, pendant que celles qui en ont besoin sont alphabétisées. Les femmes discutent également des sujets sensibles comme la VSBG tout en étant informées de leurs droits. Selon Sharon Gschaider-Kassahun, spécialiste de l’UNHCR en matière de VSBG à l’Est de la RDC, « les femmes participent activement aux séances de formation», et elles ajoutent que les cours sur les rôles des femmes et sur l’importance de devenir une citoyenne active sont toujours très animés ».
Annie, qui avait fui la Tanzanie après avoir été violée par un groupe en 2002 au plus fort de la guerre civile de 1998-2003, suit actuellement un apprentissage en agriculture au centre de formation WWI à Uvira. Se faisant l’écho des autres femmes participant au programme, qui aident également les anciennes réfugiées à utiliser les capacités acquises dans des camps étrangers mais dont elles n’ont jamais pu se servir auparavant.
Selon Generose, « la participation au programme m’a fait espérer avoir une maison, de vivre en paix, de retrouver ma dignité ».
Le programme mis en œuvre par WWI est particulièrement important, car plus de 70 pourcent des personnes retournant vers la province relativement stable du Sud Kivu sont des femmes et des enfants. Les projets d’apprentissage et d’alphabétisation des femmes devraient aider à relancer l’économie dans une zone dépourvue des services de base et d’infrastructures après de longues années de guerre.
«Il faudrait investir davantage dans des projets générateurs de revenus, vu que nous sommes en phase de transition entre l’urgence et le développement » précisait Eusebe Hounsokou, représetant régional de l’UNHCR basé Kinshasa.