Dans la société africaine traditionnelle ou moderne, demeurer une femme célibataire à l’âge mature apparaît généralement comme une entorse. Cet état civil est une rébellion au quasi sacro-saint principe de la nature et une désobéissance aux prescrits de la sainte bible recommandant à tout homme et à toute femme de quitter à le toit parental un jour pour former un foyer où le couple béni par Dieu et les hommes vivrait en harmonie.
En milieu rural tout comme en ville, la naissance d’une fille –surtout au sein de la société à tradition matriarcale est une bénédiction. La fille est appelée à devenir mère, donc première ressource vitale dans le processus de procréation et partout dans la pérennisation du clan. La femme, on a jamais cessé de le dire, se veut un important facteur de développement.
Dès le bas âge de la jeune fille, sa mère, ses sœurs aînées ou ses tantes la préparent à sa vie de future épouse, en l’initiant notamment aux petits travaux d’une bonne épouse et de femme de ménage. On lui apprend à faire la vaisselle, à cuisiner, à lessiver, à tenir la maison propre et viable.
La femme est prédisposée et prédestinée au mariage
La femme est ainsi un investissement sûr à la fois pour la mère et le père géniteurs ainsi que pour tout le clan maternel et paternel. Ils sont tous partie prenante dans la dot que les familles de l’époux versent. Le père de famille a donc la mission de protéger sa fille des prédateurs de s’assurer de son instruction.
Aux yeux de la communauté traditionnelle ou moderne, l’instruction a l’avantage d’améliorer la condition de la femme mariée devenue émancipée. Elle est un atout majeur pour la consolidation du foyer dans la mesure où elle stimule les enfants à devenir, à travers leur instruction des « messieurs comme il faut » dans la société.
Le célibat endurci est un aveu d’échec et d’inadaptation
En milieu rural surtout dans nos cités et villes, la communauté regarde souvent d’un mauvais œil les demoiselles qui ne sont pas prises en mariage ou qui perdurent dans le célibat. Exception faite des jeunes filles qui aspirent à une vie consacrée à Dieu dans la foi. Elles reçoivent la bénédiction de leurs communautés respectives qui les encouragent à persévérer dans les vœux de chasteté, d’obéissance et de pauvreté.
Les autres célibataires n’apparaissent aux yeux de tous comme des parias, des personnes qui vivent en margent de la société, sans engagement profond et à la portée, au merci du premier mâle venu. On a très peu de considération pour les femmes libres, celles vivant seules, des prostituées.
Des veillées de prières sont même fréquemment organisées pour ôter les jeunes filles du célibat… parce que pour les Eglises de réveil qui foisonnent en RDC, la femme n’a pas le droit de décider de son avenir, de son état-civil, d’opter pour le célibat par la philosophie ou pour toute autre raison.
Les raisons du non mariage
Il existe une catégorie de femmes qui ne veulent rien entendre du mariage parce que dépitées. Elles ont été témoins ou actrices d’actes des violences faites à la femme, des atrocités des maris, des inégalités du comportement égoïste des époux. C’est pour cela qu’elles ont décidé de faire cavalières seules.
Certaines d’entre-elles ont horreur d’être soumises, d’être commandées ou de vivre éternellement sous le joug d’un mari. Elles préfèrent demeurer indépendantes et maîtresses de leur propre destin. Certaines encore s’avouent insatiables en amour, trop gourmandes pour se laisser aux charmes d’un seul homme, peut-être pas ou performant…