« Rébellion touarègue au Mali : le deuxième accord sera-t-il le bon ? ». Le Pays, au Burkina Faso, s’interroge après la conclusion lundi à Alger de l’accord sur l’arrêt des hostilités entre le Mali et les rebelles de l’ADC, l’Alliance démocratique pour le changement. « Cet accord sera-t-il le bon ? », donc… Il faut « l’espérer », affirme le journal qui souligne que les rebelles sont en perte de vitesse auprès de l’opinion nationale et internationale.
Pas une question de « prestige »
« Les soulèvements récurrents, pour un oui ou pour un non, ont fini par désintéresser les Maliens d’abord, puis les Africains, et de plus en plus les Occidentaux de la lutte des Touaregs », s’exclame Le Pays, qui enfonce le clou : « La rébellion armée, aussi justifiée soit-elle, ne peut plus être une voie de recours acceptable dans un pays aux vertus démocratiques reconnues ». Pour sa part, La Tribune, quotidien algérien, affirme qu’il n’est nullement question pour l’Algérie de tirer un quelconque « prestige » de son rôle de médiateur dans cette crise.
« Aider le Mali à recouvrer sa souveraineté sur tous ses territoires, c’est s’aider soi-même à se prémunir contre les menaces d’instabilité et d’insécurité », affirme le quotidien algérien. Et La Tribune d’insister sur le fait que « le GSPC et autres groupes terroristes trouvent refuge dans les localités du nord du Mali qu’ils utilisent comme point de départ pour frapper les intérêts de l’Algérie. »
Nouvelles attaques à Bakassi ?
Rébellions et attaques armées toujours… Cette fois au Cameroun. Mutations affirme prendre très au sérieux les récentes menaces des rebelles nigérians du Niger Delta Defence and Security Council, un groupe inconnu jusqu’à présent, et qui a revendiqué lundi dans les colonnes du Messager, autre quotidien camerounais, les récentes attaques contre les positions de l’armée camerounaise dans la presqu’île de Bakassi. Nous en avions parlé dans cette même revue de presse. Mutations, donc, affirme craindre « de nouveaux assauts sur les bases militaires camerounaises. » Mutations qui étaie ses dires sur les aveux de deux rebelles faits récemment prisonniers.
Pour le quotidien camerounais, on est encore loin d’un apaisement à Bakassi : « Après la rétrocession officielle de la zone par les autorités nigérianes, la paix ne sera pas un acquis et devra être conquise au jour le jour ». Et Mutations de s’interroger : « Le Nigeria mettra-t-il tout en œuvre pour une véritable sécurisation de la zone, et aidera-t-il le Cameroun à rentrer dans la pleine jouissance de cet espace si stratégique, où on ne parle que de concessions pétrolières ou de permis d’exploration ? » Certainement pas, répond le journal en filigrane. Mutations qui appelle à la mise en œuvre « d’un plan de sécurisation concerté de cet espace entre les deux pays. »
Zimbabwe : « Personne n’est dupe »
« Un apaisement est-il possible au Zimbabwe ? » Question posée par le quotidien français La Croix à Francis Soler, rédacteur en chef de La Lettre de l’Océan Indien. « Au fond, personne n’est dupe sur le comportement de Robert Mugabe, affirme-t-il, qui s’est engagé selon l’accord de lundi, à seulement entamer des discussions pendant deux semaines. Cela ne veut pas dire qu’elles seront couronnées de succès, la pomme de discorde étant la nature de ce gouvernement d’union nationale. L’opposition veut qu’il soit un gouvernement de transition, poursuit Francis Soler, pour de prochaines élections », alors que le président Mugabe veut se maintenir encore 5 ans, jusqu’à la fin de son mandat.
Les ministres se serrent-ils vraiment la ceinture ?
Enfin, encore beaucoup de commentaires dans la presse ivoirienne après les mesures annoncées par les autorités pour mettre fin à la crise de la cherté de la vie. Pour le quotidien du FPI, le parti présidentiel, Notre Voie, « la réduction de moitié du salaire de base des membres du gouvernement apparaît comme une mesure historique ». Notre Voie qui invite, en outre, les ministres Forces Nouvelles du gouvernement à quitter le grand hôtel qu’ils occupent, aux frais de l’Etat. Cela fera des économies supplémentaires, selon le journal.
Le Nouveau Réveil, journal d’opposition, utilise également l’adjectif « historique ». Mais dans un tout autre sens… Le Nouveau Réveil qualifie en effet la réduction de moitié des salaires des ministres « d’arnaque historique ». Le journal explique : le salaire de base d’un ministre est de 800 000 FCFA, cela fait donc 400 000 FCFA d’économie par mois et par ministre. Mais la mesure ne prend pas en compte les « indemnités compensatrices » qui s’élèvent à plus de 2 millions de FCFA mensuels par ministre. Conclusion du Nouveau Réveil : « On nous prend vraiment pour des idiots ! »