L’alcoolisme fait des ravages dans les rangs des jeunes kinois. Les jeunes gens, tous âges confondu, s’y livrent à cœur joie au point qu’un véritable fléau à teneur d’alcool élevé. La consommation des boissons alcooliques toxiques est actuellement à la base de la dérive de cette jeunesse abandonnée à son triste sort.
D’une commune à l’autre, le reporter du quotidien Le Potentiel s’est entretenu avec les tenanciers de buvettes et bars en passant par les «Nganda » disséminés à travers rues et avenues de Kinshasa, les vendeurs d’alcool conditionné et indigène le long de la route, etc.
Il ressort que les grands consommateurs d’alcool se recrutent parmi les jeunes, malgré l’interdiction, par le gouvernement de la République démocratique du Congo, de la fabrication et de la commercialisation de l’alcool vendu en sachet. La soif que l’on tient à étancher ne provient non pas du sachet, mais plutôt de son contenu. C’est dire que l’alcool demeure l’alcool, peu importe son emballage.
Nombreux sont devenus aujourd’hui dépendants de la boisson enivrante. Ils y ajoutent d’autres drogues du genre chanvre pour mieux se mettre d’aplomb avant d’afficher un comportement qui outre-passe tout entendement. C’est ainsi que l’on ne cesse de déplorer les affrontements entre les jeunes gens dans différents quartiers, des cas de vol, viol et tout autre comportement barbare.
ETRE COMME LES AUTRES
Interrogés, nombreux sont les jeunes alcooliques qui avouent les faits. Ils ont un parcours presqu’ identique. Tout est parti d’une mauvaise compagnie et voulant être comme les autres, ils ont fini par devenir des alcooliques. Ils relatent leur aventure apparemment avec regret.
C’est le cas de Papy, Junior et JP, non autrement identifiés, âgés respectivement de 19, 21 et 23 ans, résidant à Yolo Nord dans la commune de Kalamu. Ils ont abandonné leurs études secondaires, tous influencés par des amis d’école et autres jeunes du quartier. « J’avais un ami à l’école Maker. Dès 13 ans, il fumait et buvait en cachette. Il me disait que ça lui donnait du courage et n’avait pas froid aux yeux et ne craignait personne. Au bout d’un certain temps, j’ai suivi sa voie. Et, actuellement, je consomme beaucoup d’alcool», a-t-il avoué.
JP, quant à lui, en a pris l’habitude étant au ‘maquis’ pour préparer l’examen d’Etat. Il en est sorti alcoolique, jusqu’à ce jour. « Je suis devenu bagarreur, je n’ai peur de rien quand je suis ivre ou drogué. Je comprends que c’est normal pour tout jeune homme qui se veut ‘Yankee’ ( voyou, NDLR). C’est le rythme aujourd’hui », précise JP.
Certains notables de quartiers expriment leurs inquiétudes face au comportement de leurs enfants.
Dépassés par les événements, ils rejettent la responsabilité sur les dirigeants. « Selon la loi de notre pays, un garçon de 18 ans est majeur. Quand ils vont boire dans les débits de boissons, je pense, pour ma part, qu’ils ne devaient pas y être admis. Et la police devrait arrêter les tenanciers de bars qui accepteraient de tels enfants. Mais les autorités laissent faire », déplore Robert. Avant de souligner que « la jeunesse kinoise, sacrifiée, est en décadence. C’est une véritable descente aux enfers».
Des efforts devraient être conjugués à tous les niveaux (rue, quartier, commune …) pour dresser les jeunes gens et combattre l’alcoolisme et la consommation des drogues.