Durant une journée marathon en Israël et en Cisjordanie occupée, il doit rencontrer les dirigeants israélien Ehud Olmert et palestinien Mahmoud Abbas, visiter le mémorial Yad Vashem de la Shoah, ainsi que la ville de Sdérot, dans le sud d'Israël, cible régulières d'attaques de roquettes palestiniennes avant l'entrée en vigueur d'un trêve.
"La chose la plus importante pour moi est de partager des relations historiques et uniques entre Israël et les Etats-Unis, du genre qui ne peuvent être brisées", a affirmé M. Obama, dès son arrivée de Jordanie. "Ces relations sur lesquelles j'ai insisté tout au long de ma carrière et que j'ai l'intention non seulement de poursuivre mais de renforcer dans une administration Obama", a-t-il promis.
Arrivé tard dans la soirée de mardi, le sénateur de l'Illinois a commencé très tôt mercredi ses rencontres avec les dirigeants israéliens, en commençant par le président Shimon Peres et le ministre de la Défense Ehud Barak, dans un hôtel de Jérusalem.
"C'est merveilleux d'être de retour en Israël", a lancé M. Obama après sa descente de l'avion à l'aéroport de Tel Aviv, en référence à un premier passage en 2006. "Je veux des informations et connaître les opinions des dirigeants israéliens, comment voient-ils la situation actuelle. Je veux partager certaines de mes idées", a-t-il insisté.
Comme pour rappeler que M. Obama s'avance en terrain miné, lors d'une visite où chacune de ses phrases sera examinée à la loupe par les Israéliens et les Palestiniens, un résident arabe de Jérusalem-est a commis mardi un nouvel attentat au bulldozer quelques heures avant son arrivée. Il a blessé 16 personnes à quelques dizaines de mètres à peine de l'hôtel King David où M. Obama est descendu.
Le sénateur a condamné cette attaque, la deuxième du genre en trois semaines, soulignant qu'elle était "un rappel de ce que les Israéliens ont du supporter quotidiennement, de manière courageuse, et depuis trop longtemps". Dans ce contexte explosif, il a tenu à rappeler que son administration, s'il est élu, se joindra activement aux efforts pour tenter de trouver une solution à un conflit vieux de 60 ans. Le sénateur, conseillé pour les questions au Proche-Orient par l'ancien envoyé spécial de Bill Clinton pour la région Denis Ross, a ainsi réaffirmé sa volonté de voir deux Etats israélien et palestinien vivre en paix et en voisins.
Les électeurs juifs américains aussi suivront de très près la visite de M. Obama. Il n'a pas encore réussi à rallier cet électorat, qui soutient pourtant traditionnellement le camp démocrate mais qui s'est massivement rallié derrière le républicain George W. Bush ces dernières années. Avant sa série de réunions, M. Obama a rappelé que parvenir à la paix pourrait demander du temps au moment où les Palestiniens sont plus divisés que jamais et que le Premier ministre israélien Olmert est embourbé dans une grave affaire de corruption qui risque de lui coûter son poste.
Prudent, il a estimé mardi en Jordanie lors d'une conférence de presse, "qu'il n'est pas réaliste d'attendre qu'un président américain, seul, claque des doigts et apporte la paix à la région"
Contrastant avec l'accueil qu'il devrait recevoir lors de ses prochaines étapes en Europe, où il est déjà considéré comme un héros, les protagonistes de la scène proche-orientale restent circonspects sur ses récentes prises de positions dans le conflit.
Il a ainsi provoqué une vive protestation des Palestiniens pour avoir évoqué, en juin, Jérusalem comme la capitale indivisible d'Israël. Côté israélien, ses propositions de campagne sur le dossier du nucléaire iranien, dans lequel il préconise un dialogue direct avec Téhéran, ont été accueillies avec de grandes réserves.