Le gouvernement Gizenga a plus d’une année d’existence. Dans beaucoup de milieux politiques, on veut connaître le bilan de ce gouvernement dont le Premier ministre, en l’espace d’une année de règne n’a fait aucun meeting ni aucune conférence de presse. Pour certains, ce fait de n’avoir pas parlé est le principal critère pour juger l’action du gouvernement. Ainsi est née la thèse de la léthargie appuyée par cette autre thèse selon laquelle le Premier ministre userait plus de la carotte que du bâton.
Certains analystes ont même prétendu non sans raison que la mal gouvernance se portait aussi mieux aujourd’hui qu’autrefois. Si le constat est vrai, il n’est pas aussi vrai de dire que devant cette mal gouvernance le gouvernement serait resté mains croisées. On s’attendait peut-être que pour un simple soupçon ou pour une dénonciation sans preuve, le gouvernement mette des mandataires en prison. Ceux qui souhaiteraient cela seraient les premiers à crier à l’arbitraire. Certains analystes ont même prétendu non sans raison que la mal gouvernance se portait aussi mieux aujourd’hui qu’autrefois. Si le constat est vrai, il n’est pas aussi vrai de dire que devant cette mal gouvernance le gouvernement serait resté mains croisées. On s’attendait peut-être que pour un simple soupçon ou pour une dénonciation sans preuve, le gouvernement mette des mandataires en prison. Ceux qui souhaiteraient cela seraient les premiers à crier à l’arbitraire.
Un travail de fourmis
Le gouvernement a donc décidé d’y aller méthodiquement en mettant en place une commission d’audit et de bonne gouvernance. Patiemment, cette commission a scruté la gestion de tout ce que le pays a comme services pourvoyeurs des recettes. Ainsi donc sont passés sous le scanner, les trois régies financières à savoir, la DGI (Direction générale des impôts), la DGRAD (Direction générale des recettes domaniales et administratives) et l’Ofida (Office de douanes et assises) , ainsi que sur 6 entreprises du Portefeuille de l’Etat, dont l’Onatra (Office national des transports), l’OCC (Office congolais de contrôle), la Regideso (Régie de distribution d’eau), la SNEL (Société nationale d’électricité), la Sonas (Société nationale d’assurances) et la RVA ’Régie des voies aériennes).
Il y a des mois, selon les informations en notre possession que les conclusions de cette commission ont été déposées sur la table du chef du gouvernement. Leur publication était très attendue. Dans certains milieux, on pensait même que c’est pour empêcher la publication de ces conclusions que Gizenga était devenu indésirable au point de diviser la majorité. La vérité a été dévoilée hier par le ministre près le Premier ministre. Godefroid Mayobo a livré l’information à la presse au cours d’un point de presse qu’il a animé hier mardi à la primature.
Le pot aux roses
Le ministre près le Premier ministre s’est chargé de livrer à l’opinion le constat fait par la Commission interministérielle d’éthique et de bonne gouvernance . Il ressort de ces conclusions de la commission que sont impliquées dans ces actes, des personnes morales et physiques. Dans ce pays, une chose est de dénoncer les malversations, une autre est de faire suivre la sanction. L’opinion craint donc avec raison que l’on s’arrête à ce constat. A ce sujet, Godefroid Mayobo a rassuré l’opinion qu’au niveau des ministres des Finances et du Portefeuille des actions disciplinaires sont en cours. Il est également question que les coupables procèdent au remboursement des biens et fonds détournés.
Il a précisé que 53 personnes jugées coupables de ces actes ont été identifiées. Va-t-on s’arrêter à cette espèce d’arrangement à l’amiable en demandant aux détourneurs de restituer ce qu’ils avaient pris sans autre conséquence. Ce serait la grande complaisance. Ce qui ne pourrait jamais contribuer à endiguer ce mal qu’est le détournement des fonds publics. A ce sujet, encore une fois, le ministre près le Premier ministre a fait savoir que le gouvernement n’entend pas s’arrêter à ces mesures disciplinaires de remboursement. Car, a-t-il précisé, le ministre de la Justice a déjà déposé au Parquet général de la République les dossiers de 17 personnes physiques et 10 personnes morales impliquées dans ce dossier de détournement des fonds publics.
La récupération des immeubles de l’Etat
Rétablir l’Etat congolais dans ses droits, c’est aussi récupérer les immeubles et terrains qui ont été anarchiquement occupés. Le ministre a parlé de 153 dossiers des immeubles concernés par la récupération et 94 terrains appartenant au domaine privé de l’Etat qui ont été spoliés dans la seule ville de Kinshasa. Les provinces sont également concernées. A ce sujet, 48 dossiers sur les immeubles de l’Etat spoliés dans la ville de Bukavu ainsi que 159 concernant la ville de Lubumbashi ont été révélés à la presse. Il faut préciser que de tous ces dossiers, 47 seraient déjà fin prêts. Dans les jours à venir, tous ces dossiers seront présentés au conseil des ministres. C’était l’occasion pour la primature de faire le bilan d’une année de travail de ces deux Commissions, celle de la bonne gouvernance et celle de la récupération des immeubles de l’Etat.
La publication des conclusions des premières enquêtes ne mettent pas fin au travail de deux commissions dont le succès réside dans leur permanence, certes, mais aussi et surtout dans la capacité de leurs membres de résister à la corruption. Car, il a été démontré que plus une commission est efficace mieux les enquêtés mettent les moyens à contribution en vue de leur faire comprendre qu’il y aurait plus d’avantages à récupérer quelque chose pour eux que de le faire pour l’Etat, notion présentée comme floue pour quiconque serait tenté de se servir au détriment de l’intérêt public.