Le ministre français des Affaires étrangères, Bernard Kouchner, a offert un dîner au président Joseph Kabila, le 16 juillet 2008 à Paris. A cette occasion, le diplomate français a déclaré qu’aujourd’hui, « la RDC n’est plus l’homme malade du continent africain ». Bien au contraire, elle est « un pays aux ressources et au potentiel considérables…, appelé à devenir le moteur du continent africain ».
Le président de la République Joseph Kabila a été reçu, le 16 juillet dernier dans la soirée par le ministre français en charge des Affaires étrangères, Bernard Kouchner. Cadre choisi : le Palais des Affaires étrangères à Paris. A cette occasion, un dîner a été offert au chef de l’Etat congolais ainsi qu’à la délégation qui l’accompagnait, révèle une copie de l’allocution du diplomate français, parvenu à la rédaction du journal Le Potentiel.
Dans son adresse, le chef de la diplomatie française a exprimé sa joie de voir le président Joseph Kabila répondre à l’invitation qu’il lui avait remise personnellement, lors de sa visite de travail effectuée en janvier dernier à Kinshasa. Et de rappeler qu’à cette occasion, un accueil chaleureux lui a été réservé par le président congolais et tout son peuple dans la capitale de la RDC.
SENS DE LA VISITE
Pour Bernard Kouchner, la présence de Joseph Kabila à Paris a témoigné la longue relation d’amitié et de confiance qui unit depuis longtemps la France à la RDC dans toutes les circonstances. La présence du chef de l’Etat congolais à Paris a été, avant tout, une occasion de rendre hommage à son action et de saluer le chemin parcouru ces dernières années par la RDC dans des conditions souvent difficiles, a dit en substance le diplomate français. Avant de faire remarquer que Joseph Kabila incarne « les réussites du processus de stabilisation et de consolidation démocratique en RDC. Qu’il s’agisse de la pacification de la majeure partie du territoire, de l’organisation des élections ou de la mise en place de nouvelles institutions légitimement élues; ou encore de l’amélioration du cadre macro-économique qui a permis à la RDC de renouer avec la croissance après des décennies de déclin économique ».
Dans le même registre, le ministre français des Affaires étrangères n’a pas non plus oublié l’instauration d’une dynamique nouvelle de coopération régionale, symbolisée notamment par l’entrée en vigueur récente du Pacte sur la sécurité, la stabilité et le développement dans la région des Grands Lacs, signé en décembre 2006 à Nairobi. Et d’ajouter que le président Kabila a toujours privilégié la négociation, la diplomatie et écarté le recours tentant mais dangereux à la paix, ou à une solution militaire. Pour tout cela, Bernard Kouchner l’a non seulement félicité, mais aussi et surtout encouragé à maintenir cette philosophie de l’action qu’il partage aussi.
En outre, le chef de la diplomatie française a évoqué le rôle déterminant joué dernièrement par le chef de l’Etat congolais dans le lancement des processus de Goma et de Nairobi. Lesquels processus ont, selon lui, ouvert la voie au règlement définitif de la crise dans l’Est de la RDC.
ROLE A JOUER
A ce sujet, Bernard Kouchner a déclaré que le chef d’Etat congolais peut compter sur le soutien résolu de la France pour faire aboutir la dynamique de paix et consolider de manière durable et définitive, la situation dans l’Est de la RDC.
Poursuivant son allocution, le diplomate français a déclaré : «Aujourd’hui, la République démocratique du Congo n’est plus l’homme malade du continent africain. C’est au contraire, un pays aux ressources et au potentiel considérables, riche de son dynamisme économique, culturel et démographique, et appelé à être demain le géant et le moteur du continent africain. C’est un pays tourné vers l’avenir, et résolument engagé dans la voie de la reconstruction et du développement ».
Par ailleurs, le ministre français a salué le lancement par le président Kabila, de cinq chantiers prioritaires dans le domaine des infrastructures, de l’emploi, de l’éducation, de l’eau et de l’électricité, ainsi que de la santé.
Parlant de la période de la transition, il a rappelé que son pays s’est tenue aux côtés de la RDC en se faisant son avocat permanent dans les enceintes internationales, et en défendant sans relâche sa souveraineté et son intégrité territoriale.
Le ministre Kouchner n’a pas oublié de noter que la RDC est au cœur de la Communauté économique des Etats d’Afrique centrale (CEEAC), dont elle assure actuellement la présidence et qui a vocation de jouer un rôle croissant sur le continent africain. Il a, à ce sujet, fait savoir que son pays entend appuyer le renforcement de cette organisation régionale. C’est dans cet esprit que Paris a souhaité organiser lancer sous présidence française, des rencontres entre la CEEAC et «l’Union européenne, en format troïka, pendant sa présidence. Autant d’objectifs ambitieux qui témoignent de notre confiance en l’avenir de la RDC et de la région», a-t-il soutenu.
Au demeurant, le chef de la diplomatie française a fait remarquer que la tâche la plus exigeante mais aussi la plus passionnante qui attend les autorités congolaises est « celle de conduire le pays sur le chemin du développement et de la prospérité ». Avant de conclure que la France est déterminée à accompagner les efforts du gouvernement congolais, et nouer avec la RDC, un partenariat renouvelé et fécond pour le bien de deux peuples.