L’état des lieux de l’exploitation forestière et les abus dans le district de la Mongala dans la province de l’Equateur et sur le territoire d’Aketi en province Orientale ont démontré qu’une exploitation prédatrice s’y opère.
L’exploitation abusive de la forêt équatoriale ne profite pas aux populations riveraines. La réflexion était au menu des échanges entre la presse et l’équipe de soutien au développement intégrale humanitaire et de la biodiversité (ESDIHB).
Cette conférence s’est inscrite dans le cadre global des actions menées pour le respect et l’application effective du Code forestier congolais promulgué depuis le 29 août 2002, dans le but de dénoncer les abus et de mettre un terme à l’anarchie qui régne dans ce secteur. L’objectif est de combattre la pauvreté et de stimuler le développement.
Pour illustrer ses propos, le coordonnateur national d’ESDIHB, Lambert Lisika, a relevé des cas d’abus et de violations du Code forestier dans le district de la Mongala et à Aketi. Dans cette partie de la République, les enquêtes publiques préalables sont inexistantes. Des bois coupés sont abandonnés pour des raisons non élucidées, créant ainsi un gâchis inestimable. Pour ce qui est de la politique de reboisement, les exploitants ne l’ont jamais prévue. Le non-respect des périmètres de déboisement, le non-respect de la procédure de négociation des cahiers des charges et l’appauvrissement de la population sont à mettre à charge des exploitants.
Lambert Lisika a aussi signalé les conséquences d’une exploitation prédatrice. Dans ce territoire, le tarissement des rivières et sources d’eau est la conséquence de cette exploitation sauvage. La destruction des champs, la raréfaction du gibier et des plantes médicinales pour lutter contre les maladies, le terrorisme forestier contre les plaignants, sous forme d’intimidation de tout genre accompagnée de violences contre les villageois protestataires.
RECOMMANDATION
C’est ainsi qu’il est demandé au gouvernement de faire respecter le Code forestier. Des mesures doivent être prises dans le but de préserver les droits des riverains victimes de cet état de choses. ESDIHB recommande au gouvernement de doter les inspecteurs forestiers de moyens efficaces et modernes pouvant leur permettre d’accomplir leur devoir. L’Equipe de soutien au développement intégrale humanitaire et de la biodiversité souhaite la création d’une commission ad hoc composée de représentants des pouvoirs publics, de représentants des exploitants, de représentants de la Société civile locale et nationale et de notables des contrées concédées pour évaluer les abus et proposer des solutions. Dans le lot de mesures conservatoires, le gouvernement est invité à assurer la protection des villageois protestataires terrorisés par des procès vexatoires lors des dénonciations d’abus.
En effet, «Les mesures d’application du Code forestier tant attendues tardent à venir. Malgré les nombreux rapports des ONG locales et internationales, les exploitants industriels se livrent à une véritable ruée vers l’or en ignorant superbement les populations riveraines dont la pauvreté ne cesse de s’accentuer».
Cette structure est composée essentiellement d’avocats. Elle a fait du respect au code forestier et de la lutte contre l’impunité qui règne dans le secteur son cheval de bataille pour amener progressivement les exploitants forestiers opérant dans la provinces de l’Equateur et ceux des autres provinces de la RDC au respect de la loi et des mesures prises par le gouvernement pour protéger la forêt.
Ces juristes tiennent surtout à en assurer une gestion saine dans le respect des droits des populations autochtones.