Le Premier ministre mauritanien renversé Yahya Ould Ahmed Waghf a été arrêté jeudi par la police alors qu’il se rendait à Nouadhibou (nord) pour un meeting. Cette arrestation jugée d’anti-démocratique s’inscrit dans le cadre des décisions ayant pour objectif d’intimider les membres de l’opposition en Mauritanie.
La police mauritanienne a interpellé, le jeudi 21 août 2008, dans le nord du pays Yahya Ould Ahmed Waghf, le Premier ministre renversé par le coup d’Etat du 6 août 2008, a rapporté l’AFP citant le Front national pour la défense de la démocratie (FNDD), une coalition de cinq partis politiques opposés au putsch.
«Yahya Ould Ahmed Waghef se rendait à Nouadhibou (nord) avec une mission du Front national pour la défense de la démocratie, pour un meeting politique prévu dans l’après-midi», a déclaré à l’AFP El Hassan Ould Keihil, membre de la coordination du Front. La gendarmerie l’a interpellé à l’entrée de Nouadhibou et l’a remis à la police qui l’a conduit le jeudi 21 dans la capitale (Nouakchott), a ajouté la même source. Le chef du gouvernement avait déjà été arrêté le 6 août 2008, au moment du coup d’Etat qui a renversé le président Sidi Ould Cheikh Abdallahi, et libéré cinq jours plus tard.
Le premier président démocratiquement élu (en mars 2007) du pays a été renversé le 6 août par un coup d’Etat mené par le commandant de la garde présidentielle, le général Mohamed Ould Abdel Aziz, qu’il venait de limoger en même temps que trois autres généraux.
La semaine dernière, M. Ould Waghf avait refusé de reconnaître la nomination par le chef de la junte d’un diplomate, Moulaye Ould Mohamed Laghdaf, au poste de Premier ministre, et avait annoncé qu’il ne se prêterait pas à une passation de pouvoirs.
ANTI-DEMOCRATIQUE
De son côté, le Front national pour la défense de la démocratie (FNDD), une alliance de 5 partis politiques, « condamne avec fermeté » l’enlèvement, le jeudi 21 août 2008, du Premier ministre renversé, Yayha Ould Ahmed Waghef, sa conduite vers une destination inconnue et exige sa libération immédiate et inconditionnelle», dans une déclaration publiée le même jeudi soir à Nouakchott.
Par ailleurs, la résistance se fait toujours sentir, 32 parlementaires sur 151 ont annoncé haut et fort qu’ils boycottaient cette cession parce que selon eux, « elle n’a aucun fondement juridique ».
C’est dans cet esprit que le FNDD félicite le peuple mauritanien pour l’organisation «réussie», le mercredi 20 août 2008, de la marche de protestation contre la junte militaire actuellement au pouvoir à laquelle ont participé plusieurs dizaines de milliers de personnes, preuve que le peuple mauritanien est du côté de la légalité et que les putschistes sont isolés à la fois au niveau national et international».
A scruter la situation actuelle en Mauritanie on se rend vite à l’évidence que les décisions de la junte au pouvoir à Nouakchott ne sont que des intimidations pour réduire l’opposition au silence, acte jugé anti-démocratique par plusieurs défenseurs des vertus démocratiques.