Depuis la fin d’une guerre civile de 27 ans, l’Angola organisera dans le calme, ce vendredi 5 septembre 2008, ses premières élections législatives où le Mouvement populaire de libération de l’Angola (MPLA), le parti au pouvoir, est donné déjà favori. Et, l’issue de ces élections permettra au président Dos Santos de décider sur son avenir politique.
A l’issue d’une campagne très largement dominée par le parti du président José Eduardo dos Santos, la République d’Angola va organiser, ce vendredi 5 septembre 2008 ses premières élections législatives dans le calme depuis la fin d’une guerre civile de 27 ans.
Environ huit millions d’électeurs doivent choisir 220 députés parmi 14 partis et coalitions politiques, dont le Mouvement populaire de libération de l’Angola (MPLA), au pouvoir depuis l’indépendance de l’ex-colonie portugaise en 1975, et l’ancienne rébellion de l’Union nationale pour l’indépendance totale de l’Angola (Unita).
Les Angolais n’ont pas voté depuis 1992, quand des élections générales avaient été organisées à la faveur d’une trêve dans la guerre civile dévastatrice entamée dès l’indépendance.
Le leader de l’Unita, Jonas Savimbi, en avait rejeté les résultats qui le donnaient perdant et repris les armes. Seule sa mort avait mis un terme au conflit.
MPLA DONNE FAVORI
Après la mort du leader de l’Unita, le régime du président Eduardo Dos Santos s’est évertué à mettre de l’ordre aussi bien dans la vie politique qu’économique du pays. C’est dans ce contexte que s’inscrivent les réalisations de grands projets d’infrastructures et de nombreuses découvertes de gisements pétroliers, contribuant ainsi à la promotion spectaculaire du développement socio-économique de l’Angola. C’est dans la même perspective qu’il sied de placer les efforts déployés par le gouvernement angolais pour une bonne préparation des élections législatives.
Ainsi, ces différentes réalisations enregistrées ces dernières années sur toute l’étendue du territoire angolais, ont sans conteste servi à une pré-campagne à l’actif du président Dos Santos et de son parti, le MPLA.
Il y a lieu de rappeler que l’Angola, qui dispose d’énormes réserves pétrolières, a bénéficié de l’envolée des cours du pétrole et connaît une croissance qui devrait dépasser les 20% en 2008. Avec près de deux millions de barils de brut par jour, le pays rivalise avec le Nigeria pour la place de premier producteur du continent. Selon le chef de l’Etat angolais, le scrutin a valeur de test de popularité, avant l’élection présidentielle annoncée pour 2009, à laquelle il n’est pas encore officiellement candidat.
AVENIR POLITIQUE
De plus, à considérer les informations qui circulent dans les coulisses de la présidence angolaise, le président Dos Santos avait promis de quitter le pouvoir après avoir stabilisé l’Angola sur les plans politique, économique et social. Et c’est dans ce sens qu’il a initié un forum social et réorganisé le MPLA, évitant ainsi un vide politique. De ce point de vue, des analystes estiment que ces législatives permettront au président angolais de se décider s’il continuera ou non avec sa carrière politique.
Ces votes sont également déterminants pour le régime de Luanda d’autant plus qu’ils interviennent après les fiascos électoraux enregistrés au Kenya et au Zimbabwe. Une façon de souligner que les autorités angolaises ont tiré des leçons de ces ratés de la démocratie dans les pays susmentionnés pour offrir au peuple angolais et au continent africain des élections libres et transparentes.
IMPLICATION REGIONALE
Nombre de personnes considèrent que l’Angola a, ces dernières années, gagné le leadership en Afrique centrale. Les interventions de l’armée angolaise dans les conflits armés au niveau de la région sont plus que éloquentes. Et le développement spectaculaire de l’économie angolaise fait dire à plusieurs analystes que l’Angola est devenu un de ces centres de convergence de capitaux en Afrique centrale. Vu sous l’angle d’une puissance à la fois militaire et économique, il ne fait l’ombre d’aucun doute que l’issue de ces élections aura un impact considérable au sein de la Communauté économique des Etats de l’Afrique centrale (CEEAC) et de la Communauté de développement de l’Afrique australe (SADC) où l’Angola joue un rôle important.
En plus, au cas où ces élections seront libres, transparentes et démocratiques, l’Angola sera classé parmi les régimes démocratiques du continent. Ce qui va attirer davantage les investissements directs étrangers (IED) et hisser l’Angola au rang de premières puissances économiques de l’Afrique.