A l’initiative du Chef de l’Etat de la RD Congo et Président en exercice de la Communauté Economique des Etats de l’Afrique Centrale (CEEAC), une concertation régionale conjointe entre les ministres de la Ceeac sur la crise alimentaire dans les pays de la sous-région s’est clôturée hier mardi 29 juillet 2008 à Kinshasa.
Pendant deux jours, soit du lundi 28 au mardi 29 juillet, ce conseil spécial des ministres ayant en charge l’agriculture dans la sous-région, a réfléchi sur les voies et moyens et les stratégies, afin de juguler la crise alimentaire mondiale dont les effets permissifs et alarmants sont déjà perceptibles dans plusieurs pays du continent. Par ailleurs, au cours de ces assises, l’on a également examiné le point relatif à la validation d’un nouveau cadre institutionnel et d’un nouvel organigramme du Secrétariat général de la CEEAC.
Création d’un Fonds spécial régional de développement agricole
Au terme de leurs échanges, les ministres ont donc convenu de l’urgence de prendre, au niveau de chaque Etat membre et au niveau régional, des mesures concrètes pour assurer une meilleure maîtrise du phénomène et trouver des voies et moyens d’une sortie durable de la crise.
A cet effet, Roger Tchouingi, Secrétaire général adjoint de la Ceeac, a indiqué qu’au plan national, les Etats se sont fixés l’échéance de 2010, pour procéder à la revue de la mise en œuvre des décisions des réunions précédentes, à savoir, les déclarations de Maputo et d’Abuja. Aussi, ces Etats ont réaffirmé leur engagement à assurer la mise en application effective de la Déclaration de Maputo, notamment en ce qui concerne l’allocation à l’agriculture de l’équivalent de 10% du budget national, de la Déclaration d’Abuja relative à l’accessibilité aux intrants, dont les engrais. Ils se sont encore engagés à mettre en place des mécanismes internes de suivi évaluation de l’utilisation des dotations budgétaires affectées au développement de l’agriculture, de l’élevage, des pêches (maritimes et continentales) et de l’aquaculture. Il faudrait aussi souligner que les Etats de l’Afrique centrale ont décidé d’encourager et de soutenir les organisations paysannes tant sur les plans technique que financier en vue de les stimuler et de créer les conditions de modernisation de leurs techniques et méthodes de production, de stockage, de conservation et commercialisation.
Afin de passer rapidement à la phase de concrétisation de ces décisions, les Etats membres ont décidé de libérer à très brève échéance une dotation spéciale d’au moins 200.000 Usd par pays, en vue de constituer un premier apport pour la création du Fonds Spécial Régional de développement agricole. Un quart de cette dotation va permettre d’apporter une contribution au projet d’appui de la FAO au secteur agricole.
Cependant, il sied de signaler que la CEEAC donne la latitude à chaque Etat de s’organiser dans la mise en œuvre de mécanismes de stockage et de distribution des denrées alimentaires. Toutefois, elle encourage une réflexion sur le développement d’un secteur privé agricole régional en relation avec la FAO et soumet des projets de développement agricole via le FAO au plus tard en septembre 2008 afin de saisir les opportunités offertes par les partenaires. Enfin, les membres de la CEEAC vont concevoir et exécuter des programmes agricoles pour encourager le retour des jeunes à la terre.
Appui tous azimuts de la FAO
Au plan régional, les Etats ont donné mandat à la CEEAC d’accélérer le processus devant aboutir à l’adoption et à la mise en œuvre de la Politique Agricole Commune( PAC) et l’actualisation du Programme Régional de la Sécurité Alimentaire( PRSA), d’organiser et mettre en application un marché régional pour faciliter l’accès aux intrants (engrais, semences, matériels et équipements agricoles), de créer un système d’information et d’alerte précoce de la sécurité alimentaire, avec une banque de données et un suivi efficace des statistiques, d’engager une réflexion sur la création d’un Fonds spécial régional de développement agricole, d’élaborer un programme régional de maîtrise de l’eau( irrigation et drainage) ; etc.
Pour sa part, le FAO s’engage, d’abord, à appuyer les pays membres de la CEEAC, à travers son Bureau sous régional d’Afrique centrale, dans l’élaboration de projets conformes aux formats requis pour faciliter leur accès aux financements annoncés lors de la Conférence de haut niveau de la FAO tenue en juin 2008 à Rome. Ensuite, d’accélérer la mise en œuvre d’un Programme de Coopération Technique (TCP) Régional pour accompagner les actions urgentes initiées en vue d’assister les petits paysans des Etats membres à accéder aux intrants agricoles.
Officiant cette cérémonie, le ministre d’Etat à l’Agriculture et Premier ministre a.i., François-Joseph Mobutu Nzanga, a clôturé la conférence sur la crise alimentaire par une note de félicitation au ministre congolais à l’économie, André Philippe Futa, pour la qualité du travail abattu avant d’exhorter chaque Etat de tenir compte des recommandations ressorties de ces assises.