Aujourd’hui s’ouvre à Harare, capitale du Zimbabwe, la session parlementaire. Au cours de cette cérémonie à haute portée nationale, les parlementaires prêteront serment. Et en pareilles circonstances, l’on s’attend sûrement au discours de circonstance du « très controversé » président de la République, Robert Mugabe.
Malheureusement, cette cérémonie qui devrait sûrement ouvrir une nouvelle ère politique au Zimbabwe, risque de ne pas conclure ce contrat. Tout simplement parce que les négociations au Zimbabwe se trouvent dans une impasse. Nonobstant les efforts fournis par les pays membres de la SADC, Robert Mugabe et Morgan Tsvangirai sont demeurés sur leur position. Nul ne sait encore ce qui se passera dans les prochains jours. Toujours est-il qu’en pareilles circonstances, l’on assistera certainement à des manœuvres de débauchage qui n’ont jamais été payantes en politique. Si ce n’est que le plus souvent de conférer une majorité virtuelle à un clan, une illusion en s’évertuant à contourner la réalité politique.
Il est un fait que l’Opposition zimbabwéenne a réalisé un bon score lors des législatives et qu’apparemment, c’est elle qui contrôle le Parlement. Tsvangirai-Mutambara réunis, ils disposent de la majorité naturelle. Mais à quelques jours de la rentrée parlementaire de ce lundi, Mutambara a décidé de faire cavalier seul, déçu en quelque sorte par l’intransigeance de son allié.
Une opportunité qui ne manquera pas de pousser Mugabe à saisir la balle au bond pour préserver les acquis d’un accord partiel qui isolerait Tsvangirai. Ce schéma est plus que certain et Mugabe ne ménagera ses efforts en vue de marginaliser davantage son principal adversaire politique. L’éventualité de s’appuyer sur cette possible « majorité virtuelle » pour décider de la formation d’un gouvernement en marge du processus des négociations n’est pas à écarter. Ce qui aggraverait sérieusement cette crise que subit de plein fouet le peuple zimbabwéen.
Aussi, quelle que soit la solution à laquelle parviendrait Mugabe, seul ou avec le concours de Mutambara, on ne sera pas pour autant sorti de l’auberge. Morgan Tsvangira est une « force politique » que l’on ne peut ignorer. Les résultats du scrutin du 29 mars l’ont largement prouvé. Chercher à l’isoler, à le contourner ou à le marginaliser, c’est selon, serait commettre une grosse erreur politique qui desservirait davantage le Zimbabwe.
Un véritable dilemme qui ne peut être résolu que par la voie d’un compromis politique susceptible de prendre en compte, de manière consensuelle, toutes les réalités politiques. D’un côté, Mugabe doit s’abstenir de vouloir « gouverner par défi », en cherchant à diviser l’opposition. De l’autre Tsvangirai est appelé à éviter de prêter le flanc à son adversaire en se séparant de Mutambara, lequel est appelé à ne pas jouer au troisième larron pour les privilèges du pouvoir, rien que pour le pouvoir. C’est tout le dilemme zimbabwéen.