Le Mouvement pour le Changement démocratique(MDC) de Morgan Tsvangirai a appelé mardi la population zimbabwéenne à une grève générale qui a malheureusement échoué à cause de la précarité de la vie et le dispositif imposant de sécurité mis en place par le régime Mugabe. Entre-temps, la Commission électorale du Zimbabwe (Zec) va procéder samedi à un nouveau décompte des voix dans 23 circon scri ptions où le MDC a été vainqueur. Le MDC a, pour sa part, demandé un recomptage de voix dans une soixantaine de circon scri ptions remportées par la Zanu-PF. Ce qui fait dire à plusieurs personnes que le bras de fer Mugabe-Tsvangirai se déplace sur le plan judiciaire.
Le Mouvement pour le changement démocratique (MDC), le principal parti d’opposition, a, après le rejet de son recours par la Haute Cour de Harare, appelé mardi la population à une grève générale pour contraindre la Commission nationale électorale à publier le plus tôt possible les résultats de l’élection présidentielle du 29 mars dernier.
Mais cet appel au débrayage n’a pas été suivi, ont constaté plusieurs organes de presse dont Reuters et l’AFP qui expliquent cet échec par la crainte d’une répression des forces de l’ordre et la nécessité de trouver de quoi vivre dans un pays plongé dans une grave crise économique.
Les banques, les magasins et les bureaux sont restés ouverts dans le centre de Harare. Des soldats et des policiers avaient pris position à travers le Zimbabwe aux premières heures de la journée, avant le commencement de la grève.
Des affrontements ont, d’après Panapress, opposé mardi à Harare, la police et des manifestants qui tentaient d’empêcher des personnes de se rendre à leurs lieux de travail afin de les obliger à respecter le mot d’ordre de grève générale lancé par l’opposition.
Les manifestants supposés militants du MDC, ont érigé des barricades sur les routes, bloquant ainsi la circulation.
BRAS DE FER SUR LE PLAN JUDICIAIRE
De nombreux bus ont été brûlés et des coups de feu entendus dans la banlieue où se déroulent les manifestations. Des hélicoptères de l’armée de l’air survolent la ville pour contribuer au contrôle de la situation.
«La police de la République du Zimbabwe a noté avec inquiétude la distribution de tracts subversifs et de pamphlets émanant de la faction MDC de Tsvangirai, en faveur d’un arrêt de travail d’une durée indéterminée (...). Nous estimons que l’appel de la faction MDC Tsvangirai équivaut à une incitation à la violence», a déclaré le porte-parole de la police, Wayne Bvudzijena.
Entre temps, la Commission électorale du Zimbabwe (Zec) va procéder samedi, à la demande de la Zanu –PF, à un nouveau décompte des voix dans 23 décompte des 210 circon scri ptions du pays. Ce recomptage pourrait remettre en cause la victoire officielle du MDC aux législatives, organisées simultanément.
A contrario, la direction du MDC de Morgan Tsvangirai a, selon RFI, décider de déposer un recours pour le recomptage des voix dans une soixantaine des circon scri ptions remportées par le parti du président Robert Mugabe.
Ce bras de fer Mugabe-Tsvangirai qui se déplace sur le plan judiciaire fait dire à plusieurs personnes que l’incertitude s’installe au Zimbabwe.
Le Forum Amani, plus précisément son chapitre de la Zambie, redoute que ce retard dans la publication des résultats des élections zimbabwéennes, ne puisse entraîner une guerre civile dont les effets risquent d’affecter les pays voisins comme la Zambie et autres.