Vingt jours après sa publication à Kigali, le rapport de la Commission rwandaise sur le rôle de la France dans le génocide de 1994, continue de susciter des réactions à Paris. Dans ce rapport, l'Etat français est accusé d'avoir participé à la mise en oeuvre des massacres qui ont fait plus de 800 000 morts. Cité dans le rapport, l'ancien Premier ministre, Dominique de Villepin, était l'invité, le 24 août, de l'émission de radio française « Le grand Jury RTL ».
Invité de l'émission de radio française, « le grand Jury RTL », Dominique de Villepin, ex-Premier ministre français et ex-chef de Cabinet d'Alain Juppé en 1994, estime que le rapport de la Commission rwandaise comprend des contres-vérités historiques.
Selon l'ancien ministre, « il y a eu un drame, un génocide, mais le seul pays qui a pris le risque d'une intervention (...) c'est la France », affirme-t-il. « Faut-il, demande t-il, faire le procès du pays et de son armée qui a pris le risque d'aller au Rwanda pour sauver des milliers de vies ? »
Dominique de Villepin dit avoir suivi la situation pendant des semaines, nuit et jour, et s'être battu pour que l'on ferme la radio des Mille Collines. Une radio qui avait appelé au meurtre pendant le génocide.
L'ex-ministre dit s'être battu pour que des soldats français aillent sauver des Rwandais dans des quartiers menacés et menaçants. Selon Dominique de Villepin, « il y a bien sûr un devoir de mémoire et une exigeance de vérité. Et je ne crains en aucun cas cet exercice », affirme-t-il.
Mais « il ne faut pas prendre des vessies pour des lanternes. Quand les autorités rwandaises, dit-il, parce qu'elles craignent une mise en cause judiciaires de la part de la justice française, prennent cette occasion pour faire un rapport et remettre les compteurs à zéro, je crois qu'elles jouent avec l'Histoire et cela n'est pas conforme à la vérité historique ».
Dominique de Villepin
Ancien Premier ministre et chef de cabinet au ministère des Affaires étrangères en 1994
« Le seul pays au monde qui a pris le risque d'une intervention, et j'ai été parmi les premiers à plaider avec Alain Juppé dans le sens de cette intervention, c'est la France. »