Crise au Proche-Orient : Le président français signe un chèque en blanc au gouvernement israélien

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image François HOLLANDE

Après avoir soutenu le gouvernement israélien, François Hollande a rééquilibré sa position à mesure que la riposte de Tsahal s'amplifiait. Difficile d'y voir clair.

C'est une valse à trois temps, qui témoigne de la position mouvante de l'Élysée sur la question du conflit israélo-palestinien et de l'impuissance des diplomaties occidentales. Depuis que les violences ont repris au Proche-Orient, François Hollande a successivement soutenu le gouvernement israélien puis le peuple palestinien, donnant l'impression de se laisser dicter sa position au fil des événements sur le terrain. Et rompant avec la position d'équilibre traditionnellement suivie par la diplomatie française.

» Temps 1: le «chèque en blanc» à Nétanyahou

La première réaction officielle de l'Élysée arrive par voie de communiqué, mercredi soir, après un entretien téléphonique entre François Hollande et Benyamin Nétanyahou. Selon Le Monde , le premier ministre israélien est agacé par la position exprimée par le gouvernement français quelques heures plus tôt, à l'issue du Conseil des ministres. Le porte-parole du gouvernement Stéphane Le Foll avait alors dénoncé «une accélération à la fois des tirs des Palestiniens et de la riposte de la part d'Israël».

Dans son communiqué, le chef de l'État prend clairement parti, en exprimant «la solidarité de la France face aux tirs de roquettes en provenance de Gaza» et en condamnant «fermement ces agressions». «Il appartient au gouvernement israélien de prendre toutes les mesures pour protéger sa population face aux menaces», ajoute Hollande. La phrase de trop? C'est celle qui fera en tout cas réagir une partie de la gauche, qui voit dans les propos du chef de l'État un «chèque en blanc» signé au gouvernement israélien.

À l'image d'Europe Écologie-Les Verts, qui prend ses distances avec la position élyséenne. «EELV s'oppose à ce point de vue qui justifie par avance toutes les opérations militaires (raids aériens et attaques terrestres), particulièrement sur la bande de Gaza, au motif de prévenir le terrorisme», écrivent jeudi les porte-parole du parti dans un communiqué.

» Temps 2: le revirement

Sur le terrain, les raids du Hamas s'intensifient. Le bilan s'alourdit d'heure en heure à Gaza : 30 morts palestiniens pour la seule journée de jeudi. C'est à l'issue de cette journée sanglante que François Hollande appelle Mahmoud Abbas, le président de l'Autorité palestinienne. Il en profite pour rectifier sa position, exprimée 24h plus tôt, en témoignant de «son inquiétude concernant la situation à Gaza» et en déplorant «que les opérations militaires en cours aient déjà fait de nombreuses victimes palestiniennes». «La sécurité de toutes les populations civiles - et non plus la seule protection des Israéliens, ndlr - doit être assurée et l'escalade doit cesser», assure désormais François Hollande.

» Temps 3: l'équilibre retrouvé

Interrogé ce dimanche, alors que Tsahal se livre à des bombardements massifs dans le nord de Gaza, et que les roquettes palestiniennes continuent d'être interceptées dans le ciel de Tel-Aviv, le ministre de la Défense Jean-Yves Le Drian revient à une position d'équilibre. Sur Europe 1 et i-Télé, il condamne «les tirs de roquettes qui se sont produits de la part du Hamas sur la population civile israélienne». Tout en demandant «à Israël de faire preuve de mesure dans sa riposte, de respecter le droit international et de faire en sorte que les victimes civiles soient épargnées».

Et de rappeler les grands principes qui font la position de la France dans le conflit israélo-palestinien: le refus de «l'escalade» de la violence et le retour souhaité à la table des négociations. «Il faut faire en sorte que les uns et les autres commencent à parler entre eux pour éviter une aggravation qui serait dramatique pour cette partie du monde», assure Jean-Yves Le Drian.

«À Gaza comme en Israël, la priorité absolue, c'est le cessez-le-feu», assure de son côté le ministre des Affaires étrangères Laurent Fabius.

[leFigaro]


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