Massacre de Houla : Bachar al-Assad isolé sur la scène internationale

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image Bachar Al-Asad

Les États-Unis ont annoncé l'expulsion du chargé d'affaires syrien à Washington en réponse au massacre. L'information a été donnée mardi par la porte-parole de la diplomatie américaine, Victoria Nuland. Zuheir Jabbour, le plus haut représentant syrien à Washington, a donc 72 heures pour quitter le territoire américain. « Nous tenons le gouvernement syrien pour responsable du massacre », a fustigé Victoria Nuland. Prenant exemple sur la France et l'Allemagne, d'autres pays de l'Union européenne devraient adopter la même attitude face au régime syrien.

Paris, Berlin, Londres, Rome et Madrid ont tour à tour pris la décision d'expulser les représentants diplomatiques syriens en poste dans leur pays. Une décision qui intervient quatre jours après la tuerie de Houla, qui a fait 108 morts.

Les Occidentaux ont durci leur position à l'égard du régime du président Bachar al-Assad, les grands pays européens, le Canada et l'Australie annonçant l'expulsion des représentants diplomatiques syriens dans leur capitale en représailles au massacre de Houla.

C'est le nouveau président français, François Hollande, qui a initié le mouvement, annonçant l'expulsion de l'ambassadrice à Paris, Lamia Chakkour, et une réunion dans la capitale française début juillet du groupe des pays "amis de la Syrie".

Cette décision a été notifiée mardi à l'ambassadrice déclarée persona non grata, ainsi qu'à "deux autres agents de l'ambassade", selon le Quai d'Orsay.

"J'ai eu une conversation hier (lundi) avec David Cameron, le Premier ministre britannique. Laurent Fabius, ministre des Affaires étrangères, a eu une discussion avec le secrétaire général des Nations Unies (Ban Ki-moon) et nous avons convenu d'un certain nombre de pressions à exercer sur la Syrie", a précisé M. Hollande.

Peu après, l'agence de presse allemande dpa annonçait la convocation de l'ambassadeur de Syrie en Allemagne où son expulsion, d'ici 72 heures, devait lui être signifiée.

Le chargé d'affaires syrien à Londres, déjà convoqué lundi par le Foreign Office, a lui aussi appris mardi l'annonce de son expulsion. La Syrie ne disposait plus d'ambassadeur en Grande Bretagne depuis plusieurs mois, le chargé d'affaires étant est son plus haut représentant au Royaume-Uni.

Rome et Madrid ont signifié la même mesure au représentant diplomatique syrien, tandis que l'ambassadeur syrien en Belgique a été convoqué.

Il n'y a pas d'expulsion concertée au niveau de l'Union européenne à ce stade, a indiqué un diplomate européen à Bruxelles. Mais la question est à l'ordre du jour d'une réunion mardi après-midi des ambassadeurs des 27.

Jusqu'ici, ces derniers "ont régulièrement émis des opinions divergentes sur la nécessité de garder des relations diplomatiques avec Damas", a rappelé ce diplomate. La Roumanie et la Pologne, qui représente les intérêts des Etats-Unis, comptent ainsi maintenir leur ambassadeur à Damas.

Ailleurs, l'Australie a également annoncé l'expulsion du chargé d'affaires syrien et d'un autre diplomate, tout comme le Canada qui expulse des diplomates en poste à Ottawa.

Le Conseil national syrien (CNS), principale coalition de l'opposition, a salué l'annonce de ces expulsions.

La majorité des pays occidentaux avaient fermé leur représentation dans la capitale syrienne au moment de la vague de répression et des bombardements de Homs, dans le centre de la Syrie.

Le massacre de Houla (centre) a provoqué l'indignation de la communauté internationale. Le chef des observateurs de l'ONU, le général norvégien Robert Mood, a indiqué au Conseil de sécurité qu'au moins 108 personnes y avaient été tuées, atteintes par des éclats d'obus ou tuées à bout portant, dont 49 enfants. La majorité ont été exécutées, selon les premiers résultats d'une enquête de l'ONU.

Après ce massacre, Paris a réaffirmé la nécessité pour le président syrien de "quitter le pouvoir". "Bachar Al-Assad est l'assassin de son peuple. Il doit quitter le pouvoir" et "le plus tôt sera le mieux", a estimé le nouveau ministre français des Affaires étrangères Laurent Fabius.

Interrogé sur une politique de livraison d'armes de la France à l'opposition, si elle était prônée par les Etats-Unis, Laurent Fabius répond: "Nous n'en sommes certainement pas là".

Les violences continuent à faire des dizaines de victimes tous les jours en dépit de l'entrée en vigueur théorique mais non respectée le 12 avril d'un cessez-le-feu en vertu du plan de paix de l'émissaire de l'ONU et la Ligue arabe Kofi Annan.

En 14 mois, les violences ont fait plus de 13.000 morts, dont plus de 1.800 depuis le 12 avril, selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH).

[Afp]


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