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FDLR : La justice allemande a condamné deux chefs de la rébellion hutue rwandaise

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image Ignace Murwanashyaka

Président et vice-président des Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR), Ignace Murwanashyaka et Straton Musoni ont été condamnés lundi respectivement à treize ans et huit ans de prison par une Cour de Stuttgart, en Allemagne. Ils encouraient la perpétuité.

Après quatre années d’un procès épineux, la justice allemande a condamné deux chefs de la rébellion hutue rwandaise à la prison ferme pour avoir orchestré depuis l’Allemagne des crimes contre l’humanité et de guerre dans l’est de la République démocratique du Congo.

Ignace Murwanashyaka et Straton Musoni, président et vice-président des Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR), ont été condamnés respectivement à treize ans et huit ans de prison par une Cour de Stuttgart (sud-ouest de l’Allemagne), où ils comparaissaient depuis le 4 mai 2011. 

Les deux hommes encouraient la perpétuité. Les FDLR regroupent plusieurs milliers de rebelles hutus rwandais installés dans l’est de la République démocratique du Congo , région frontalière du Rwanda, précise un communiqué.

Les deux hommes, âgés de 51 et 54 ans, devaient initialement répondre de 26 crimes contre l’humanité et 39 crimes de guerre, commis en 2009. Il s’agit de meurtres, de viols, du pillage et de l’incendie de nombreux villages, et du recrutement de force d’enfants-soldats, a précisé le parquet fédéral, basé à Karlsruhe

Ils devaient également répondre de la direction d’une entreprise terroriste à l’étranger. Mais la cour avait finalement abandonné les trois quarts des accusations pour se concentrer sur les meurtres. 

« Il ne s’agit pas d’un procès politique mais d’une procédure pénale d’une ampleur particulière », a souligné le juge Jürgen Hettich en délivrant le verdict. 

Le procès a été marqué par des problèmes de traduction et de pressions sur les témoins, d’autant qu’il s’est aussi heurté à l’éloignement géographique et la nature collective des massacres, selon le professeur Andrej Umansky, spécialiste de droit pénal à l’université de Cologne.

Le procès, qui a commencé en mai 2011, était le premier en Allemagne en application du Code allemand sur les crimes violant le droit international. Adopté en 2002, ce Code transpose le Statut de la Cour pénale internationale (CPI) dans le droit allemand et permet aux tribunaux allemands de mener des enquêtes et de poursuivre les auteurs de crimes graves internationaux indépendamment du lieu où ces crimes sont commis dans le monde.

[Rachidi MABANDU]


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