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Belgique : Hommage à la reine

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image Reine Fabiola

Derrière chaque grand homme se cache une femme, dit-on. Lorsqu’il y a plus de vingt ans mourait le Roi Baudouin, les Congolais savaient que derrière " Bwana kitoko " -bel homme, homme élégant-, se cachait " Bibi kitoko ". C’est cette grande dame que les Belges vont porter en terre ce vendredi 12 décembre. La Reine Fabiola, les Congolais connaissaient. Sa silhouette aux côtés de son mari de souverain rappelait aux nombreuses générations de zaïro-congolais des pans importants de l’histoire de l’ex-colonie belge. Une fois marié, le Roi Baudouin se faisait accompagner de son épouse à chacune de ses visites au Congo-Kinshasa. Aux côtés de maman Antoinette Mobutu ou de maman Bobi -, la Reine Fabiola faisait parler sa fibre sociale. A Kinshasa comme dans le Congo profond, la Reine avait son œil rivé sur les zaïrois d’en bas, les personnes vulnérables. Avec sa mort, c’est la " Belgique du Roi Baudouin " qui disparaît à jamais de l’imaginaire collectif congolais. 

Les funérailles  de la reine Fabiola auront lieu ce vendredi 12 décembre à 10 heures à la cathédrale Saints-Michel-et-Gudule de Bruxelles. Jusque jeudi 11 décembre 2014, le corps de la reine Fabiola reposait encore au  château de Stuyvenberg, mais il devrait ensuite rejoindre le Palais de Bruxelles, où celui de Baudouin avait également reposé. Philippe et Mathilde reportent en conséquence leur audience au Vatican.

Les informations ont été confirmées par le Palais royal :  » La dépouille mortelle de Sa Majesté la reine Fabiola sera transférée le lundi 8 décembre 2014 dans la matinée du Château du Stuyvenberg à la Chapelle du Château de Laeken. Le mardi 9 décembre 2014 dans l’après-midi, la dépouille mortelle sera conduite au Palais de Bruxelles. Le public pourra rendre un dernier hommage à Sa Majesté la reine Fabiola mercredi 10 décembre 2014 de 13h à 17h et jeudi 11 décembre 2014 de 9h à 17h. Les activités publiques de Leurs Majestés le Roi et la Reine prévues du lundi 8 décembre au vendredi 12 décembre 2014 sont supprimées.  »

La présence de la délégation congolaise

Une délégation congolaise composée des ambassadeurs de la RDC basés en Union Européenne (UE) ainsi que des congolais de l’Europe participeront ce vendredi 12 décembre 2014 aux funérailles de la Rien Fabiola. La raison est tout  à fait simple. L’histoire de du Roi Baudouin premier et de la Reine Fabiola est intimement liée a celle de la République démocratique du Congo. En république démocratique du Congo, les congolais ont aussi rendu un hommage mérité à la Reine Fabiola. Au collège Saint Joseph Elikya, dans la commune de la Gombe, au collège Saint Jean Bosco, dans la commune de Barumbu et à l’hôpital Roi Baudouin de Masina, une minute de silence a été observée en mémoire de  cette reine charismatique qui s’est personnellement investit pour la cause des pauvres et des plus démunis en RDC.

La Reine Fabiola avait un cœur pour la population de la RDC alors Zaïre  en majorité touchée par la misère et la pauvreté, Conséquence d’une dictature et d’une crise économique à plusieurs facettes. La Reine Fabiola a eu l’insigne honneur de visiter le Congo avec son  mari, le Roi Baudouin premier.  en 1970 et en 1985 à l’occasion du 25ème anniversaire de l’Indépendance de la RDC. Lors de cette dernière visite, la Reine Fabiola et des officiers belges ont visité  le collège Saint Joseph Elikya, ainsi que l’Hôpital de Ngaliema.

Le couple royale belge, le Maréchal Mobutu et son épouse se sont ensuite envolés  dans les provinces du Bas Congo et de l’Equateur où ils ont rencontré les populations locales, les pygmées. Leur visite au Congo a été aussi marquée par un bain de foule mémorable à Kinshasa avant que le président Joseph -Désiré Mobutu ne les convie à une randonnée fluviale sur le majestueux fleuve Congo. Depuis le décès de son mari, le Roi Baudouin Premier en 1993, Fabiola Fernanda Maria de Las Victorias Antonia Adelaida, comtesse de Mora y Aragon, vivait dans le château de Stuyvenberg, à Bruxelles. C’est là qu’elle est décédée vendredi dernier, âgée de 86 ans. Elle s’était retirée de la vie publique il y a un an environ.

Les membres de famille

Après la famille mardi, c’était au tour des membres du gouvernement et des corps constitués de rendre hommage à la veuve du roi Baudouin, décédée vendredi à l’âge de 86 ans. Les funérailles nationales de Fabiola se tiendront ce vendredi matin.

« C’est une grande dame qui est partie »: comme des milliers de Belges, Christian est venu s’incliner mercredi devant la dépouille mortelle de la reine Fabiola, exposée depuis la veille. Des funérailles nationales sont prévues ce vendredi en présence de plusieurs têtes couronnées européennes.

Devant le Palais royal, dans le centre de Bruxelles, une foule de plusieurs centaines de personnes attendait patiemment, sous un froid soleil d’hiver, avant de pouvoir à son tour rendre hommage à la veuve du roi Baudouin, décédée vendredi à l’âge de 86 ans.

La famille royale belge, dont le neveu de Fabiola, l’actuel roi Philippe et son épouse Mathilde, ainsi que l’ancien roi Albert II, frère du roi Baudouin, avait été la première à saluer mardi sa dépouille, exposée dans un salon d’honneur au premier étage du Palais.

Ensuite, ce sont les membres du gouvernement et des corps constitués – hauts magistrats, hauts gradés, présidents d’assemblées – qui se sont succédé mercredi matin. Déposé ouvert sur une table recouverte d’un drap pourpre, le cercueil de chêne clair est entouré de quatre grands cierges, de couronnes de fleurs et de grandes photos de Fabiola et de Baudouin.

Personne intègre

La reine défunte est vêtue de blanc, couleur de l' »espérance » que cette très fervente catholique avait déjà choisi de revêtir en 1993 lors des funérailles de Baudouin. « Il y avait une atmosphère de recueillement, un silence très prenant des gens, qui sentaient qu’elle était encore là », a témoigné à la sortie du Palais Paul Vanhout, un Flamand cadre aux chemins de fer belges.

« J’admirais beaucoup la reine Fabiola, qui était une personne intègre et qui a toujours montré sa foi catholique », a renchéri son épouse, Maria Alonso. Cette fonctionnaire européenne espagnole a souligné la « joie » émanant de sa personne et « l’union profonde » qu’elle entretenait avec le roi Baudouin.

Promotion de l’art

Née en 1928 dans la noblesse espagnole, Fabiola avait épousé Baudouin en 1960 et redonné le sourire à ce roi au visage triste. Elle est restée fidèlement à ses côtés pendant 33 ans, jusqu’à la mort inopinée de son époux.

Devenue veuve, toujours populaire en Belgique, Fabiola avait continué à soutenir les droits des femmes, des enfants et des handicapés. Elle s’est aussi attachée à promouvoir l’art, en particulier lors du prestigieux concours musical Reine-Elisabeth, dont elle n’a manqué aucune session jusqu’à ces dernières années.

« C’est la première reine que j’ai connue et que j’ai d’emblée admirée, par sa présence, son sourire. Elle a rendu heureux notre roi, elle nous a rendus heureux nous aussi en s’occupant vraiment des plus démunis, c’est un grand exemple », estimait Mary Rosseeuw, 52 ans, présente parmi les anonymes. Elle avait revêtu un bonnet aux couleurs du royaume, le noir, le jaune et le rouge.

Pour l’unité du pays

« En tant que citoyen belge, c’est un honneur de venir rendre un dernier hommage à cette reine qui a gardé notre pays uni pendant toutes ces années », abondait Christian, 46 ans. Avant d’ajouter: « La Belgique est un petit royaume avec deux communautés. C’est aussi grâce à la famille royale que ce pays reste uni. Je suis pour l’unité de ce pays ».

Joëlle, une mère de trois enfants, était très émue après avoir salué la reine, qu’elle avait rencontrée à plusieurs reprises. « Lors d’un passage assez difficile dans ma vie, j’ai envoyé une demande à la reine Fabiola et j’ai été exaucée, elle m’a envoyé de l’aide. Je la remercie beaucoup », expliquait-elle, avant que sa voix ne s’étrangle dans un sanglot.

Les funérailles nationales de Fabiola se tiendront vendredi matin à la cathédrale des Saints Michel et Gudule à Bruxelles, en présence, entre autres, de l’impératrice Michiko du Japon, l’ancienne reine Beatrix des Pays-Bas ou encore la princesse Sirindhorn de Thaïlande.

Fabiola sera ensuite inhumée au côté de Baudouin dans la crypte royale, située dans l’église Notre-Dame de Laeken, sa paroisse attitrée dans le nord de Bruxelles.

La reine adorable

Née Dona Fabiola de Mora y Aragon le 11 juin 1928 à Madrid, dans une famille de la noblesse espagnole, elle avait épousé Baudouin en décembre 1960. La cinquième reine des Belges s’était faite discrète depuis le décès brutal du souverain Baudouin en 1993, restant dans l’ombre du roi Albert et de son épouse, la reine Paola.

La dernière apparition publique de la reine Fabiola date du 31 juillet 2013, à l’occasion du vingtième anniversaire de la mort de son époux Baudouin. La reine, qui se faisait déjà très rare depuis 2012, avait tenu à être présente pour la célébration en l’honneur de son mari dans la cathédrale bruxelloise de Saints Michel et Gudule. Vêtue d’un pantalon bleu, d’une veste et d’un foulard blancs, elle se déplaçait en fauteuil roulant. Très faible physiquement, souffrant d’ostéoporose et de troubles respiratoires, elle n’avait pas pu descendre dans la crypte royale près du tombeau de son époux.

La santé de la reine Fabiola était fragile depuis de nombreux mois. Elle avait régulièrement besoin d’oxygène et ne se déplaçait plus ces derniers temps. Ses ennuis de santé dataient de sa broncho-pneumonie de 2009.

[avec Luc-Roger Mbala Bemba]


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