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Percée des eurosceptiques : La politique de l'UE envers l'Afrique ne changera pas

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image Marine LE PEN et les Combattants de RDC

A l'issue des élections européennes organisées le dimanche 25 mai 2014, les partis d'extrême droite européens appelés également les partis eurosceptiques ont fait d'importants gains dans plusieurs pays aux élections européennes de dimanche. En France, le Front national de Marine Le Pen est arrivé en tête, avec 26 % d'appuis, et 4,1 millions de voix. 

Face à cette percée du Front national, le bureau du président français François Hollande a annoncé lundi 26 mai qu'il tiendrait des discussions urgentes avec ses principaux ministres, tôt lundi, dans une décision qualifiée de gestion de crise par plusieurs médias français. 

Malgré les gains des eurosceptiques, les partis pro-Union européenne semblaient demeurer les plus importants au Parlement européen. Les conservateurs du Parti populaire européen (PPE) étaient en voie de remporter 212 sièges, un recul par rapport aux 274 sièges qu'ils détenaient auparavant, mais un contingent leur permettant encore de représenter le groupe le plus important. 

L'alliance hétérogène des eurosceptiques et europhobes comptera 141 élus dans le nouveau Parlement européen. Le Parti socialiste européen (PSE) est quant à lui crédité de 186 sièges. Son candidat à la succession de Barroso, l'Allemand Martin Schulz, a déploré " une sale journée pour l'Union européenne quand un parti avec un programme raciste, xénophobe et antisémite obtient 24 à 25 % des voix en France ". 

Du Portugal à la Finlande, les électeurs de 21 pays étaient appelés aux urnes dimanche 26 mai 2014 afin de choisir le prochain Parlement européen, un exercice démocratique qui contribuera à déterminer l'avenir de l'Union européenne (UE). 

Le Parlement européen a évalué que le taux de participation avait été supérieur à 2009, à 43,1 %, renversant des années de déclin. 

Selon les sondages, les candidats souhaitant réduire les pouvoirs de l'UE, mettre fin à la participation de leur pays ou carrément abolir l'organisation pourraient remporter jusqu'à un tiers des 751 sièges. Cela constituerait le plus important désaveu de l'institution depuis sa création. 

Le Front national n'a pas été le seul parti à profiter de la désillusion à l'égard de l'Union européenne. 

Le raz de marée

Si cette tendance eurosceptique se confirme dans d'autres pays, elle pourrait donner le coup d'envoi de changements importants dans les politiques de l'UE, notamment en ce qui concerne le contrôle des frontières à l'immigration et le nouveau traité sur les échanges commerciaux et les investissements avec les États-Unis. 

Les électeurs de sept autres pays européens ont voté au cours des derniers jours. Les premiers résultats officiels, annoncés tard dimanche, montraient une hausse des appuis au Parti pour l'indépendance du Royaume-Uni (UKIP), une formation anti-UE, qui obtiendrait environ 30 % des appuis. 

Au Danemark, le Parti populaire danois, décrit comme populiste et xénophobe, aurait fait passer son nombre de sièges à quatre, par rapport à un seul auparavant. Les sociaux-démocrates maintiendraient cinq sièges. 

En Allemagne, un tout nouveau parti qui milite pour le retrait du pays de la zone euro aurait remporté 6,7 % du vote. 

Aux Pays-Bas, le Parti pour la liberté (PVV), une autre formation eurosceptique, serait toutefois passé de la deuxième à la quatrième place dans les sondages. 

Même dans la victoire, l'unité pourrait échapper aux partis eurosceptiques. Mme Le Pen a dit qu'elle travaillerait au Parlement avec le Parti pour la liberté, mais le chef de l'UKIP, Nigel Farage, a déjà exclu toute coopération avec ces partis, qui disposent de plateformes fortement opposées à l'immigration. 

" Nous ne travaillons pas avec les populistes de l'aile droite ", a lui aussi déclaré le chef de l'Alternative pour l'Allemagne, Bernd Lucke, insistant sur le fait que son parti était généralement en faveur de l'Union européenne malgré son rejet de la monnaie unique. 

En Suède, les élections européennes ont été marquées par l'arrivée d'un parti féministe pour la première fois à Bruxelles. Le Parti d'initiative féministe aurait récolté 7 % des suffrages, selon des sondages effectués à la sortie des urnes. Ce parti s'en est directement pris aux mouvements de droite sur le Vieux Continent en scandant " Remplacez les racistes par des féministes! " 

Le Parlement européen, qui compte 751 sièges, est la seule institution élue par la population des 28 États membres de l'UE. 

Selon des experts le taux de participation général est quasiment identique à celui des dernières élections, en 2009, où il avait atteint 43,1 %. 

Impasse en Belgique

Outre les élections européennes, c'était aussi jour d'élections nationales en Belgique, dimanche, et le parti régionaliste N-VA a remporté une importante victoire en Flandre, tandis que

" Notre pays compliqué est devenu encore plus compliqué ", a déclaré le chef du N-VA, Bart de Wever, après des projections lui accordant 34 des 150 sièges au Parlement, un gain de sept sièges qui fait du parti la plus importante formation à l'échelle nationale. 

Les socialistes francophones du premier ministre Elio Di Rupo devraient perdre un siège pour tomber à 25. 

Les deux hommes, qui ne s'apprécient guère, seront vraisemblablement forcés de collaborer pour former une nouvelle coalition. Les dernières négociations du genre ont nécessité 541 jours de tractations, provoquant une crise sans précédent. 

Les relations EU-Afrique

Concernant les relations entre l'Union européennes et l'Afrique, plusieurs experts soutiennent que ces relations de coopération entre l'UE et l'Afrique ne seront pas ébranlées par la percée des partis eurosceptiques. L'entrée en masse des partis d'extrême droite européenne ne va en aucun cas modifier la politique générale de l'Union Européenne envers l'Afrique en générale, la République démocratique du Congo en particulier. Car en effet,  la coopération entre l'Union européenne et l'Afrique est déterminée par une série d'accords signés entre Bruxelles et les pays africains dans divers domaines. Et  au nom de la continuité de l'Etat et des institutions, ces Accords ne peuvent mises en berne. Bien plus, les dirigeants européens (que ce soit de gauche ou de droite) voudraient bien respecter leurs engagements, notamment avec des accords qu'ils ont conclu  avec les pays africains.

Il convient de souligner que l'UE est aujourd'hui le plus grand partenaire des pays africains en général, de la République démocratique du Congo en particulier. Parmi ces accords figurent les accords de Cotonou ; Signé à Cotonou pour la première fois, l'accord de partenariat ACP-UE ou " Accord de Cotonou" qui fixe pour 20 ans le cadre du partenariat politique, économique et commercial entre les 79 pays d'Afrique, des Caraïbes et du Pacifique (ACP) et les 27 pays de l'Union européenne,  connu sa dernière révision en 2010.

Ce partenariat est centré sur l'objectif de réduction et, à terme d'éradication de la pauvreté, en cohérence avec les objectifs de développement durable et d'intégration progressive des pays ACP dans l'économie mondiale.

Afin de s'approprier son programme de développement, chaque Etat désigne un ordonnateur national, chargé de  le représenter auprès de l'union Européenne. 

La coopération avec la RDC

En RDC, c'est le ministre des Finances qui fait office d'ordonnateur national du Fonds européen de développement (FED). Les programmes financés par le FED 2O10 en RDC touchent trois  secteurs de concentration à savoir la gouvernance, les infrastructures et  la santé et l'environnement. Outre ces trois secteurs, l'UE a alloué un budget de 82 millions d'euros aux secteurs hors concentration, tels que l'environnement et la gestion durable des ressources forestières (29 millions d'euro), l'appui aux initiatives régionales (27 millions d'euro), la facilité de coopération technique (13 millions d'euro) et la Réserve technique et initiatives diverses (13 millions d'euro). L'aide non programmable représente une enveloppe de 140,32 millions d'euro consacré à l'appui à la stabilisation et la reconstruction de l'Est de la RDC et l'appui au renforcement de la justice à l'Est de la RDC, l'appui budgétaire.

Enfin, pour permettre à l'ordonnateur national du FED d'assumer ses prérogatives, il a été créé la cellule d'appui à l'ordonnateur national du Fonds européen de développement. (Cofed). En qualité de service technique,  Cofed a été mise en place pour assurer la gestion du FED sur le territoire congolais.

Luc-Roger Mbala Bemba 


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