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Comme «Joseph KABILA» en RDC : François HOLLANDE, échec

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image François HOLLANDE et Joseph KABILA a Kin

Plusieurs ministres socialistes ont critiqué lundi Jean-Luc Mélenchon, l'accusant notamment de tenir un discours irresponsable et de nier la légitimité démocratique de François Hollande un an après son arrivée à l'Elysée. Des dizaines de milliers de personnes ont manifesté dimanche à Paris contre l'austérité et pour réclamer un changement de cap à l'appel du Front de Gauche. Le co-président du Parti de gauche Jean-Luc Mélenchon a estimé devant la foule que la période d'essai de François Hollande était terminée et que "le compte n'y est pas."

"Il est plus facile d'être dans l'incantation que dans la responsabilité", a répliqué la ministre de la Santé Marisol Touraine, dénonçant un discours "défaitiste et irresponsable." "Il ne s'agit pas d'être agacé, il s'agit au fond de savoir qui veut participer au redressement du pays", a-t-elle poursuivi sur France 2. "J'entends beaucoup de prose et pas beaucoup de propositions de la part de l'extrême gauche." La France traverse une période de combat contre la crise et contre la droite, a souligné Marisol Touraine. "Dans cette bataille, la gauche doit être rassemblée, nous avons intérêt à aller ensemble comme un pack soudé pour pouvoir dépasser la période très difficile dans laquelle se trouve la France", a-elle dit. "Pour ma part je crois qu'il n'y a pas place pour les voix dissonantes ou les chemins particuliers."

Au lendemain de son rassemblement parisien, Jean-Luc Mélenchon a appelé lundi sur France Info à participer aux "marées citoyennes contre l'austérité" organisées en Espagne et au Portugal le premier week-end de juin.

"PAS DE TRAHISON" 

Invité sur France Inter, le secrétaire national du Parti de gauche, François Delapierre s'est félicité de la mobilisation de dimanche et a adressé une piqûre de rappel au Parti socialiste.

"Les députés socialistes aujourd'hui ont tous été élus par les électeurs de Jean-Luc Mélenchon", a-t-il dit. "Cette chose, ils voudraient l'effacer, on voudrait faire croire que la majorité qui s'est exprimée en mai 2012, il y a maintenant un an, c'est une majorité dans laquelle il n'y avait que des sociaux libéraux séduits par la rigueur, non ce n'est pas vrai."

Des propos dénoncés par le ministre de l'Economie Pierre Moscovici, qui estime que Jean-Luc Mélenchon "ne s'est jamais inscrit dans la majorité".

"Les Français ont voté pour cette politique-là (de François Hollande), ces électeurs au deuxième tour n'ont pas été bernés ils n'ont pas été trompés, il n'y a pas eu de reniement, de trahison", a-t-il dit sur i>Télé.

"Là, on est typiquement dans un déni de réalité, de déni institutionnel, le président a une légitimité, cette légitimité il l'a pour cinq ans", a-t-il ajouté. "C'est une chose que de faire un commentaire, c'en est une autre que de saper la légitimité démocratique du chef de l'Etat."

Un avis partagé par le patron du PS, Harlem Désir, qui s'est étonné de voir Jean-Luc Mélenchon faire porter l'austérité uniquement sur le Parti socialiste.

"Jean-Luc Mélenchon fait comme si la droite n'avait pas une part de responsabilité", a-t-il dit sur Radio Classique.

"Le refus de l'austérité qui s'est exprimé hier, nous le partageons, mais la gauche ne peut pas être que dans la revendication elle doit être dans l'action", a-t-il ajouté. Ce dont nous avons besoin c'est que l'ensemble de la gauche aide aujourd'hui à la réussite de cette politique."

Un "Gouvernement de la réalité"

Près d'un an après sa nomination, Jean-Marc Ayrault s'est présenté dimanche en chef de gouvernement "stimulé par l'adversité", garant d'une politique de redressement menée par une équipe dont le remaniement n'est pas d'actualité. Il s'est dit à la tête d'un "gouvernement de la réalité", minimisant l'impopularité de l'exécutif dans la crise et la mésentente entre certains ministres, notamment à Bercy. "Je ne suis pas ni le Premier ministre de l'incantation, ni simplement le chef d'un gouvernement de la parole protestataire, je suis le chef d'un gouvernement de la réalité du pays et je veux que le pays se redresse et s'en sorte", a-t-il déclaré lors du journal de 20 heures de TF1.

Au plus bas dans les sondages, tout comme le président de la République, le Premier ministre a dit ne pas s'occuper des cotes de popularité, expliquant que les réformes mettraient du temps à produire leurs effets.

"Quand vous semez, ça ne pousse pas dans les minutes qui suivent", a-t-il expliqué. "Je ne suis pas sur la défensive, je suis à l'offensive."

A la question de savoir si l'équipe gouvernementale devait être remaniée, il a répondu : "Chaque chose en son temps et de toute façon, c'est le président de la République qui décide."

Interrogé sur des dissensions à Bercy, après le blocage par le ministre du Redressement productif, Arnaud Montebourg, du rachat de la majorité du capital de Dailymotion par Yahoo!, il a répondu : "Il y a eu parfois des 'couacs'."

"Mais ce qui est essentiel pour les Français, c'est la ligne politique du gouvernement, le cap", a-t-il ajouté. "Ce qui est important, c'est que la politique qui a été décidée est bien conduite."

Le Premier ministre s'est exprimé au terme d'une journée qui a vu manifester à Paris des dizaines de milliers de personnes à l'appel du leader du Front de gauche, Jean-Luc Mélenchon, qui accuse le pouvoir socialiste de pencher vers l'austérité.

"IL N'Y A PAS D'AUSTÉRITÉ"

"Il n'y a pas d'austérité, ça c'est une invention de propagande", a affirmé Jean-Marc Ayrault.

Le Premier ministre s'est également adressé aux Français hostiles au mariage des couples homosexuels, qui ont manifesté dans plusieurs villes malgré le vote définitif de la loi.

Il s'est dit certain que la droite, qui soutient les manifestants, ne touchera pas à ce texte si elle revient au pouvoir.

"Je suis sûr que notre pays, qui dans ses profondeurs est très attaché à l'égalité, finira par considérer de façon très large que c'est un progrès", a-t-il dit.

Jean-Marc Ayrault a confirmé par ailleurs que les familles les plus aisées, soit environ 15% d'entre elles, seraient touchées par une réforme des allocations familiales, dont le principe d'universalité n'est pas remis en cause.

Il a d'autre part annoncé le lancement prochain d'un plan pour l'accueil des enfants de deux à trois ans à l'école, la crèche et la garde à domicile.

Pour financer des investissements, il a confirmé que l'Etat envisageait de réduire sa participation dans certaines entreprises.

Il a donné l'exemple des 20 milliards d'euros qui seront nécessaires pour financer l'installation de l'internet à très haut débit sur tout le territoire.

Des responsables de l'UMP ont immédiatement critiqué ses déclarations, Valérie Debord estimant qu'"avec une courbe de notoriété au plus bas de la Ve République Jean-Marc Ayrault a bien joué son rôle de fusible ce soir... il ne lui reste plus qu'à sauter".

Pour Sébastien Huyghe, l'intervention de Jean-Marc Ayrault "n'a fait que démontrer l'urgence d'un remaniement gouvernemental et un changement de Premier ministre".

Manifestation contre l'austerite à Paris

Des dizaines de milliers de personnes se sont rassemblées dimanche à Paris contre l'austérité et pour une "VIe République", réaffirmant l'opposition d'une partie de la gauche à la politique conduite par François Hollande.

A l'invitation du Front de gauche, les manifestants ont fustigé pêle-mêle l'accord sur l'emploi trouvé par les partenaires sociaux, les futures réformes des retraites et de la protection sociale et les mesures d'économies visant à réduire les déficits publics.

Le Parti de gauche, une des composantes du Front de gauche, a fait état de 180.000 manifestants et la préfecture de police de 30.000.

Les organisateurs avaient affiché pour objectif de rassembler 100.000 personnes, un an après la victoire de François Hollande face à Nicolas Sarkozy.

"Aucun monarque, fut-il républicain, ne nous imposera jamais sa loi", a dit Jean-Luc Mélenchon devant des manifestants criant "résistance !", près de la place de la Bastille.

"Nous ne voulons pas de la finance au pouvoir, nous n'acceptons pas les politiques d'austérité qui vouent notre peuple, comme tous ceux d'Europe, à une souffrance sans fin".

"C'est nous qui commençons, avec cette marche citoyenne, cette insurrection dont la patrie républicaine a besoin", a poursuivi le quatrième homme de l'élection présidentielle de 2012.

UNE ANNÉE "TRÈS DIFFICILE"

Pierre Laurent, secrétaire national du Parti communiste, l'autre composante du Front de gauche, a déclaré devant les manifestants que "nous n'acceptons pas d'en rester là, de nous rallier à l'idéologie de la défaite face aux forces de l'argent".

Le délai obtenu par la France pour réduire son déficit public sous 3% du PIB, qualifié de "victoire" par le ministre de l'Economie, Pierre Moscovici, n'a pas calmé la contestation.

"Arrêtez les mensonges ! Ce n'est pas deux ans de répit que nous donne la Commission européenne, nous allons avoir droit à deux ans de chantage", a dit Pierre Laurent. "Après le Code du travail, ce seront les retraites, le financement de la Sécurité sociale, les services publics (...) qu'on va nous demander de sacrifier."

Le Front de gauche demande également au gouvernement d'amnistier les syndicalistes auteurs de délits depuis 2007, ce qu'il a finalement refusé, et de durcir le texte sur les cessions de sites viables pour interdire les "licenciements boursiers".

Eva Joly, candidate Europe Ecologie-Les Verts à la présidentielle de 2012, a estimé à la tribune de la Bastille qu'"il n'y a pas d'un côté la crise économique et de l'autre la crise démocratique, les deux sont liées en France et en Europe".

"C'est une grande manifestation de la gauche antigouvernementale", a pour sa part déclaré Olivier Besancenot, figure du Nouveau parti anticapitaliste, à des journalistes.

De leur côté, des responsables socialistes réunis dans les Landes, n'ont pas caché les difficultés rencontrées par François Hollande.

"Oui, la première année du quinquennat a été une année très difficile parce que ça a été une année de réparation et de préparation de la France", a dit le premier secrétaire du PS, Harlem Désir, aux militants, selon le texte de son discours.

"Oui le changement prendra du temps, oui il y a des efforts, mais il y aura une différence profonde, fondamentale, irréconciliable avec la droite", a-t-il ajouté. 

Pierre Moscovici a invité Jean-Luc Mélenchon à éviter la "politique du pire".

"Toujours, dans notre histoire, quand la gauche a oublié que c'était la droite qu'il fallait combattre et non pas le voisin (...), chaque fois qu'elle a dit que c'était le social-démocrate qui était un social-traître, alors au final, ça a été l'échec", a-t-il dit dans l'émission Le Grand Rendez-vous Europe 1-I>Télé-Le Parisien.

Nouvelles manifestations en France contre le mariage homosexuel

Des milliers d'opposants au mariage homosexuel ont manifesté dimanche dans plusieurs villes françaises contre la loi adoptée définitivement le mois dernier par le Parlement, dans l'espoir qu'elle ne soit pas promulguée par François Hollande.

Le texte, qui ouvre l'adoption plénière aux couples homosexuels mariés, fait l'objet d'un recours devant le Conseil constitutionnel, déposé par des députés de l'opposition de droite UMP et du centre-droit UDI.

A Paris, 15.000 personnes ont manifesté aux abords des Invalides selon la préfecture de police. Les organisateurs de la "Manif pour tous" ont revendiqué de fortes mobilisations dans la capitale, à Lyon, Rennes, Montpellier, Toulouse ou Dijon, évoquant 125.000 personnes au total pour une quinzaine de rassemblements.

"Cette loi va trop loin, il faut la supprimer", a dit l'une des porte-parole de la contestation, Frigide Barjot, lors de la manifestation lyonnaise. "On arrive aujourd'hui à un moment de tension que seul le président de la République peut apaiser."

La police a annoncé 10.000 manifestants à Lyon, les organisateurs faisant pour leur part état de 20.000 personnes.

A Rennes, la préfecture d'Ille-et-Vilaine a compté 12.000 manifestants et les organisateurs 20.000. Plusieurs députés UMP ont défilé à Rennes, ainsi que Christine Boutin, présidente du Parti Chrétien-Démocrate, toute vêtue de noir.

"Nous ne voulons pas de cette société de consommation (...) où le ventre des femmes devient un objet de commerce, où l'homme devient un objet de consommation", a-t-elle déclaré.

"UN DÉFERLEMENT" LE 26 MAI

A Lyon, la présence au sein de la manifestation d'un groupuscule d'extrême-droite mené par le chef de file des Jeunesses nationalistes Alexandre Gabriac a créé des tensions, obligeant le service d'ordre et la police à les extraire du rassemblement.

Pour la prochaine journée de manifestation, le 26 mai, les opposants ont promis "un déferlement pacifique mais totalement déterminé".

Ludovine de La Rochère, une autre porte-parole du mouvement, a assuré que "le 26 mai ne sera pas du tout la fin du mouvement". "Nous poursuivrons au même rythme", a-t-elle promis.

"Tant que la loi n'est pas vraiment promulguée rien n'est jouée", a dit Marie-Claire d'Hautefeuille, une manifestante à Paris. "Et même si la loi, finalement, est promulguée, ce qui se lance ici, c'est le début d'une grande mobilisation qui va au-delà du mariage homosexuel", a-t-elle ajouté.

Un espoir partagé par le député UMP Hervé Mariton. "Si par malheur le Conseil constitutionnel laisse passer ce texte, notre combat pour la famille demeure, paisiblement, généreusement. Une conviction forte ne disparaît pas par le seul effet du temps", a-t-il dit à Lyon.

Les élus UMP à l'origine du recours devant le Conseil constitutionnel estiment que la loi met en cause deux principes fondamentaux: l'altérité sexuelle des époux et la filiation, inscrite dans une double lignée paternelle et maternelle.

Le texte, voté le 23 avril à l'Assemblée nationale par 331 voix contre 225, fait de la France le 14e Etat au monde à autoriser le mariage homosexuel.

[reuters]


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