Home» MONDE» Europe»

Elu Président : Voici le discours de François HOLLANDE à Tulle

Font size: Decrease font Enlarge font
image François HOLLANDE - Président français

La gauche est de retour au pouvoir en France avec l'élection dimanche du socialiste François Hollande à la présidence de la République, 31 ans après François Mitterrand. François Hollande prend les rênes d'une France en faible croissance dans une Europe déprimée, avec pour principaux défis le redressement des comptes publics et de l'emploi. La pression est forte sur le nouveau président, qui sait que ses marges de manoeuvre sont plus limitées que celles de ses prédécesseurs.

François Hollande s'est engagé à rassembler les Français après son élection à la présidence de la République, qui enverra selon lui dans toute l'Europe le signal que l'austérité ne peut pas être une "fatalité".

"Ce soir, il n'y a pas deux France qui se font face, il n'y a qu'une seule France, qu'un seul destin", a-t-il dit sur la place de la cathédrale de Tulle, dans le département de Corrèze dont il est l'élu depuis 25 ans. "Trop de fractures, trop de blessures, trop de coupures ont pu séparer nos concitoyens, c'en est fini. Le premier devoir du président de la République, c'est de rassembler"', a-t-il dit.

Il s'est engagé à être le "président de tous" et a demandé à être jugé sur deux engagements, la justice et la jeunesse. "Je ne me poserai que ces seules questions : est-ce que j'ai fait avancer la cause de l'égalité et est-ce que j'ai permis à la nouvelle génération de prendre toute sa place au sein de la République ?", a-t-il ajouté.

Il a précisé qu'il se rendrait à Berlin très rapidement pour y rencontrer la chancelière Angela Merkel afin de "réorienter" la construction européenne. "Je suis sûr que dans bien des pays européens ça a été un soulagement, un espoir, l'idée qu'enfin l'austérité ne pouvait plus être une fatalité. Et c'est la mission qui désormais est la mienne (...) et c'est ce que je dirai le plus tôt possible à nos partenaires européens et d'abord à l'Allemagne", a-t-il dit.

"Tout ce que je ferai sera aussi au nom des valeurs de la République partout dans le monde", a-t-il ajouté.

Selon les estimations des instituts de sondage diffusées à 20h00, le député de Corrèze est élu avec 51,9% des voix contre 48,1% au président sortant Nicolas Sarkozy (Harris Interactive), avec 51,8% contre 48,2% (CSA), 52% contre 48% (TNS Sofres-Sopragroup), 51,9% contre 48,1% (Ipsos-Logica Business Consulting).

Le taux de participation dépasserait les 80% au second tour du scrutin, selon les instituts.

A 57 ans, François Hollande, qui n'a jamais exercé de fonctions gouvernementales en trente années de carrière, devient le septième président de la Ve République à sa première candidature, comme Nicolas Sarkozy en 2007 ou Valéry Giscard d'Estaing (1974) et Georges Pompidou (1969).

Surnommé parfois "le Pompidou de gauche", François Hollande s'est engagé dès avant le verdict des urnes à une présidence "juste", réconciliatrice et rassembleuse, en rupture, n'a-t-il cessé de souligner, avec le quinquennat Sarkozy.

Ce tournant dans l'histoire politique nationale et européenne marque de fait un cinglant désaveu pour Nicolas Sarkozy, qui jusqu'au bout aura espéré en un sursaut de "la France silencieuse" mais n'aura jamais vraiment pris la mesure du désamour à son égard.

Les politologues expliquent la sévérité du score tout autant par l'existence d'un désir d'alternance en France que par un rejet de la personne du président sortant.

Nicolas Sarkozy, qui avait affirmé durant la campagne qu'il arrêterait la politique en cas d'échec, ne sera pas parvenu à surmonter son handicap du premier tour - il était arrivé en seconde position derrière François Hollande avec 27,18% - malgré la quête forcenée des suffrages des quelque 6,5 millions d'électeurs du Front national.

VERS UNE PASSATION DE POUVOIRS LE 15 MAI 

Cette stratégie a heurté jusque dans les rangs de la majorité, désormais confrontée à une recomposition douloureuse, et poussé le centriste François Bayrou à un choix sans précédent, celui de voter pour le candidat socialiste.

Les élections législatives des 10 et 17 juin prochains sont la prochaine épreuve pour la droite, qui redoute un raz-de-marée de gauche et l'émergence de l'extrême droite.

Si la gauche l'emporte, ce qui devrait advenir en toute logique, elle détiendrait tous les leviers du pouvoirs, exécutifs et législatifs, en France.

Le mandat de Nicolas Sarkozy prendra fin le 15 mai. La passation de pouvoirs devrait se dérouler dans la foulée, puis la nomination d'un gouvernement. La première secrétaire du Parti socialiste Martine Aubry et le président du groupe PS à l'Assemblée, Jean-Marc Ayrault, sont pour l'heure favoris.

François Hollande avait déclaré qu'élu, l'un de ses premiers actes serait de transmettre à ses partenaires européens un mémorandum en vue de la renégociation du pacte budgétaire européen afin de l'assortir de mesures sur la croissance.

"Avec la victoire de François Hollande, le changement en Europe, c'est maintenant", a déclaré Hannes Swodoba, le chef du groupe socialiste et démocrate au Parlement européen.

Nicolas Sarkozy est le 11e dirigeant de l'Union européenne déchu du pouvoir depuis la crise financière de 2008.

A Paris, une clameur de joie s'est élevée à l'annonce des premiers résultats rue de Solférino, devant le siège du PS, et alentour, où une foule compacte agitait des drapeaux et des roses, ainsi qu'à la Bastille, où une grande fête s'était déroulée le 10 mai 1981, date de l'élection de François Mitterrand.

François Hollande, qui se trouvait dimanche dans son fief corrézien de Tulle, devait regagner la capitale dans la soirée.

Nicolas Sarkozy assume sa défaite

Nicolas Sarkozy a dit dimanche assumer la responsabilité de sa défaite à l'élection présidentielle en France et a laissé entendre qu'il se mettrait en retrait de la vie politique.

"Je n'ai pas réussi à convaincre une majorité de Français", a dit le président sortant lors d'une courte allocution devant ses partisans à la salle de la Mutualité à Paris.

"Je porte toute la responsabilité de cette défaite", a-t-il ajouté. "Ma place ne pourra plus être la même. Mon engagement dans la vie de mon pays sera désormais différent. Je m'apprête à redevenir un Français parmi les Français."

Il a dit avoir parlé au téléphone avec le nouveau président et lui avoir souhaité "bonne chance", demandant à ses partisans de respecter le verdict des urnes.

Marine Le Pen appelle à construire une nouvelle opposition

Marine Le Pen a appelé dimanche soir à construire une nouvelle opposition qui "tranche idéologiquement" et qui soit "digne de confiance" après la victoire de François Hollande sur Nicolas Sarkozy.

La présidente du Front national, qui a obtenu 17,9% des voix au premier tour, a estimé que le nouveau président socialiste, "comme Nicolas Sarkozy, décevra vite, d'abord son camp, puis la France".

"Dans les prochains mois, nous devrons donc être très actifs (...) Il faut une véritable opposition, pas une opposition qui n'est que le reflet ou la copie d'un pouvoir en place", a-t-elle dit à la presse. 

"Il faut une opposition qui tranche idéologiquement et surtout qui soit digne de confiance", a-t-elle ajouté en appelant ses sympathisants à préparer la bataille des législatives de juin prochain.

La défaite du président sortant fait le jeu de la présidente du Front national, qui parie sur une "implosion" de l'UMP pour provoquer une recomposition politique à son profit.

Explosion de joie au PS

Une explosion de joie a retenti dimanche rue de Solférino et à la Bastille, à Paris, où des milliers de militants et sympathisants socialistes ont fêté l'élection à la présidence de la République de François Hollande.

"On a gagné !", "On l'a fait !" : des cris euphoriques ont fusé en même temps qu'une pluie de confettis sur une foule dense massée depuis plus de deux heures devant un écran géant installé devant le siège du Parti socialiste, rue de Solférino dans le VIIe arrondissement de la capitale.

"Je suis heureux, c'est un moment de bonheur populaire", a déclaré dans la cour de Solférino Jack Lang à Reuters.

"C'est une formidable victoire de la gauche qui a su se rassembler", a dit de son côté à Reuters TV le député européen Harlem Désir, décrivant aussi un "grand moment de joie".

Malgré l'interdiction de diffusion prématurée des estimations des résultats avant 20h00, l'ambiance était électrique dès 18h00, responsables du parti et sympathisants scrutant sur leur téléphone portable les premières "fuites" disponibles accordant la victoire au député de Corrèze.

"J'espère que c'est acquis même si j'ai encore un peu peur, je me méfie des sondages" indiquait Jérémy Villette, un sympathisant de 27 ans qui dit avoir été heurté par la "droitisation" de Nicolas Sarkozy durant la fin de la campagne.

"A mon avis, le score sera l'inverse de celui de 2007 (53%-47%°)", ajoutait un plus confiant son ami Arnaud Rosa, 37 ans.

ÇA FAIT LONGTEMPS QUE J'ATTENDS CA

Sur la place de la Bastille, de l'autre côté de la Seine, une foule de sympathisants avait commencé à se rassembler dès la fin de l'après-midi pour une fête qui se veut dans la lignée de celle qui avait suivi l'élection en 1981 de François Mitterrand, premier président socialiste de la Ve République, cité en référence tout au long de la campagne. 

A 20h00 pile, un grand cri de joie a explosé sur une place noire de monde où le socle de la colonne de la Bastille avait été pris d'assaut.

"Je n'étais pas là en 1981 parce que j'étais trop petite et ça fait longtemps que j'attends ça", témoigne Juliette Garcia, une Parisienne de 28 ans, une rose dans les cheveux.

"Pour moi c'est un second Mitterrand. On verra dans cinq ans mais il a la même bonhomie", témoigne de son côté Patrick Pomeon, 35 ans.

A Tulle, fief électoral de François Hollande, les premiers "On a gagné" ont retenti sur la place de la cathédrale Notre-Dame vers 19h15 et une forte clameur a accueilli la victoire à 20h00, suivie d'une averse sur le parvis de la cathédrale couverte de parapluies.

"François, François à l'Elysée", ont hurlé des milliers de Corréziens venus saluer leur député, élu président de la République.

"Bien sûr qu'on est contents et fiers aussi", ont lancé des jeunes femmes qui avaient griffonné sur un carton "Hollande Président, vive Tulle, vive la liberté".

Pour Jacques Spindler, chargé de la communication du Conseil général de Corrèze, c'est "un aboutissement".

"Moi je n'ai pas encore réalisé et que crois que les Tullistes vont mettre quelques jours a réaliser aussi".

Les défis économiques de François Hollande

François Hollande prend les rênes d'une France en faible croissance dans une Europe déprimée, avec pour principaux défis le redressement des comptes publics et de l'emploi.

La pression est forte sur le nouveau président, qui sait que ses marges de manoeuvre sont plus limitées que celles de ses prédécesseurs.

Ayant désigné la croissance comme une condition de la réduction des déficits publics en Europe, il devra négocier, en particulier avec l'Allemagne, des mesures pour dynamiser l'activité sans détériorer les comptes des Etats.

En France, il hérite d'un déficit public annuel d'environ 100 milliards d'euros, concentré sur l'Etat et les comptes sociaux.

Il promet de le ramener de 5,2% fin 2011 à 3% du produit intérieur brut fin 2013, conformément à l'engagement de la France, en augmentant les impôts et en freinant la hausse des dépenses, l'effort entre les deux étant équilibré.

Priorité des Français, le chômage progresse, lui, chaque mois depuis près d'un an et atteint un niveau oublié depuis la fin du XXe siècle.

Pour inverser la tendance, adapter le système social et relancer l'industrie, le nouveau président a prévu d'utiliser les armes fiscale et budgétaire et d'engager d'importantes négociations avec les organisations patronales et syndicales.

FOI DANS L'AVENIR

Comme ses prédécesseurs, il espère être aidé par une croissance plus dynamique que ne l'attendent le FMI, l'OCDE, la Commission européenne et les économistes. Des mesures de rigueur additionnelles pourraient dès lors s'imposer.

Le PIB croîtrait selon lui de 0,5% cette année, 1,7% en 2013, 2% en 2014, et 2% à 2,5% à partir de 2015.

Les économistes de Crédit Agricole-CIB estimaient avant le second tour qu'il s'agissait d'une prévision "trop optimiste".

"Les deux programmes manquent d'une stratégie crédible et globale pour doper la compétitivité et la croissance", ajoutaient-ils à propos des finalistes.

François Hollande s'est opposé à un ralentissement soudain des dépenses publiques, expliquant vouloir éviter un effet récessif qui assécherait les recettes de l'Etat et accroîtrait le déficit au lieu de le réduire.

La hausse des dépenses serait de 1,1% par an - contre 1,7% en moyenne de 2007 à 2010 - ce qui permettrait de baisser leur montant en pourcentage du PIB si la croissance est là.

Ses proches ont souligné que les agences de notation observaient les perspectives de croissance des Etats, et pas seulement les ratios budgétaires.

Dégradée par Standard and Poor's au début de l'année, la note de la France - toujours "triple A" chez Moody's et Fitch - est en perspective négative chez les trois agences, ce qui signifie que d'autres dégradations sont possibles.

REDRESSEMENT HISTORIQUE

François Hollande promet d'atteindre l'équilibre des comptes publics fin 2017, une première depuis 1974. L'effort serait d'une centaine de milliards en cinq ans, dont une quarantaine d'ici fin 2013, soit autant que le budget annuel de la défense.

"Malgré l'engagement fort des candidats à maîtriser les déficits, nous soulignons l'ampleur historique de l'ajustement qui serait nécessaire", notaient les analystes de Barclays.

Pour baisser le ratio de dette sur PIB, qui tend vers 90%, à environ 80% fin 2017, François Hollande prévoit d'importantes hausses d'impôts, là où l'impact serait selon lui le moins sensible : les ménages les plus riches et les plus grandes entreprises.

Trente milliards d'euros d'impôts nouveaux viendraient réduire le déficit, et une quinzaine de plus financeraient une partie de ses 20 milliards d'euros de mesures. Certaines de ces mesures doivent selon lui soutenir la croissance et l'emploi, d'autres rétablir la "justice" comme l'adoucissement de la réforme des retraites.

Il s'est en revanche engagé à supprimer la hausse de la TVA décidée pour le mois d'octobre et qui frapperait tous les consommateurs.

Face à un chômage au plus haut depuis 1999, François Hollande compte sur une batterie de mesures publiques - dont une hausse des embauches de fonctionnaires - et sur le soutien aux petites et moyennes entreprises.

Il promet un "contrat de génération" pour intégrer les jeunes dans les entreprises tout en conservant les salariés les plus âgés, et la création de 150.000 "emplois d'avenir", une remise au goût du jour des "emplois jeunes" du gouvernement Jospin. Il annonce un recentrage de la formation sur les publics les moins formés et le renforcement des moyens de Pôle Emploi.

FAIBLESSES STRUCTURELLES

Le nouveau président devra aussi résorber des faiblesses structurelles qui fragilisent l'économie française depuis la fin des "trente glorieuses". 

Le commerce extérieur, qui n'a été excédentaire que dix années depuis 1950, était en déficit de 70 milliards d'euros l'an dernier, un record. La part de marché de la France dans les échanges mondiaux se dégrade, à 3,3% l'an dernier contre 5,8% en 1995. Et le déficit des exportations avec l'Union européenne, qui représentent 61% du total des produits vendus hors de France, s'est encore creusé.

Le déséquilibre des échanges extérieurs se retrouve dans celui des paiements courants, lequel mesure l'évolution de l'endettement du pays vis-à-vis de l'extérieur, alors que près des deux tiers du stock de la dette négociable française sont détenus par des non-résidents.

François Hollande a surpris pendant la campagne par sa discrétion sur les réformes structurelles censées réduire ces déséquilibres.

"Les discussions sur un agenda de réformes structurelles (marché du travail, des biens et des services) sont, de façon surprenante, absentes de la campagne de François Hollande", soulignaient les analystes de Barclays. "Cela étant dit, nous voyons des raisons de croire dans la capacité de François Hollande à mener des réformes : le Parti socialiste a traditionnellement une bonne relation avec les partenaires sociaux et François Hollande est connu pour construire des consensus."

Pour Gilles Moec, de Deutsche Bank, "atteindre son objectif de déficit zéro en 2017 est sous-tendu par des prévisions de croissance ambitieuses dont nous pensons qu'elles ne sont pas crédibles sans des réformes structurelles rapides sur lesquelles les socialistes sont actuellement totalement silencieux".

Formation du Gouvernement en coulisses

Les grandes manoeuvres ont commencé en vue de la formation d'un gouvernement respectueux de la parité hommes-femmes et ouvert à la diversité, selon le voeu de François Hollande qui pourrait confier les clés de Matignon à un proche, Jean-Marc Ayrault.

Selon le voeu du nouveau président, le nom du Premier ministre et le degré d'ouverture à des sensibilités écologistes ou communistes dépendra de l'analyse de l'entre-deux tours et des résultats de dimanche.

"Une marge plus importante donne plus de capacité à agir. Si la majorité est courte, cela oblige à davantage de rassemblement", expliquait-il la semaine dernière.

Pour le poste de nouveau chef du gouvernement, Jean-Marc Ayrault et Martine Aubry font figure de favoris.

Germanophile et germanophone, le député-maire de Nantes et président du groupe PS à l'Assemblée nationale connaît par coeur les rouages du Parlement et s'entend bien avec le nouveau président, répondant ainsi à deux conditions posées par ce dernier pour diriger le gouvernement.

Dans les sondages, c'est la première secrétaire du PS qui est plébiscitée pour devenir la deuxième femme Premier ministre après Edith Cresson. Finaliste de la primaire PS, où elle n'a pas ménagé ses critiques envers François Hollande, la maire de Lille a été fair-play durant toute la campagne.

"Cela me fait plaisir de voir que les Français me font confiance, sans doute apprécient ce que je suis, avec mes défauts, je dis ce que je pense, mais aussi avec une vraie honnêteté et puis apprécient aussi le travail qui a été fait", déclarait la fille de Jacques Delors jeudi dernier à Toulouse.

Les noms de Manuel Valls et de Pierre Moscovici, respectivement directeur de communication et directeur de campagne du candidat Hollande, sont aussi cités pour prendre la tête d'un gouvernement au profil encore flou.

INCONTOURNABLES ET INTRIGANTS

"Si on nomme tous les incontournables, tous les intrigants, toutes les minorités visibles, il n'y aura plus de place pour les gens normaux", déplorait avant le second tour un membre de l'équipe de campagne, un oeil vers "ceux qui dorment devant la porte" dans l'espoir d'avoir un poste.

Une autre élue insistait sur l'importance du renouvellement, jugeant qu'"on ne peut pas avoir un gouvernement dans lequel il y a trop de gens associés à Jospin ou Mitterrand".

François Hollande a prévenu pendant la campagne que "la raison l'emportait sur le coeur" au moment de composer le gouvernement, au profit de "l'intérêt général".

La nouvelle équipe au pouvoir, qui sera sans doute revue après les élections législatives des 10 et 17 juin, devrait compter 15 grands pôles.

Au jeu des pronostics, les Affaires étrangères pourraient échoir à Pierre Moscovici ou à l'ancien Premier ministre Laurent Fabius, qui a sillonné le monde, du Proche-Orient à la Chine, au nom de François Hollande pendant la campagne.

Le favori pour la Défense est Jean-Yves Le Drian, président de la région Bretagne. Passionné des questions liées à l'armée, troisième budget de l'Etat, cet ami de trente ans de François Hollande est allé aux Etats-Unis pour préparer le sommet de l'Otan de Chicago des 20 et 21 mai.

Le député Vincent Peillon est cité pour chapeauter le pôle Education, secteur crucial pour le nouveau président, qui veut créer 60.000 postes pour l'école et fait de la jeunesse la priorité absolue de son quinquennat.

Pour l'Economie et le Budget reviennent les noms de l'ancien ministre Michel Sapin et du président de la commission des Finances de l'Assemblée nationale, Jérôme Cahuzac. 

NOUVELLE GÉNÉRATION

Chargé du projet de François Hollande, Michel Sapin connaît le nouveau président depuis le service militaire. Les deux hommes ont étudié ensemble à l'Ena et François Hollande a été cet hiver le témoin de mariage de Michel Sapin, qui fut chargé de préparer son projet de campagne.

Manuel Valls et le président du groupe socialiste au Sénat, François Rebsamen, sont envisagés pour le ministère de l'Intérieur.

Le député et ancien candidat à la primaire PS Arnaud Montebourg est associé à un éventuel grand ministère de l'Industrie, le maire de Paris, Bertrand Delanoë, et le sénateur André Vallini sont en lice pour la Justice.

Le député européen Stéphane Le Foll, organisateur de la campagne de François Hollande, pourrait obtenir l'Agriculture.

Chez les femmes, le nom de Marisol Touraine revient pour les Affaires sociales.

Parmi les autres tenantes de la nouvelle génération figurent Najat Vallaud-Belkacem, élue de Lyon d'origine marocaine découverte par Ségolène Royal. Autre protégée de la candidate PS de 2007, la députée des Deux-Sèvres Delphine Batho a fait ses preuves comme porte-parole de François Hollande.

Aurélie Filippetti et Fleur Pellerin, respectivement chargées de l'Economie numérique et de la Culture dans l'équipe de campagne, sont aussi citées, de même que l'est l'ancienne candidate à la présidentielle Christiane Taubira.

Valérie Fourneyron, médecin du sport et maire de Rouen, la ville natale de François Hollande, est annoncée aux Sports.

Le gouvernement pourrait aussi faire place au président du Parti radical de gauche, Jean-Michel Baylet, et au sénateur Robert Hue, qui se sont rangés très tôt derrière la bannière de François Hollande.

[Reuters]


Cet article a été lu 15147 fois



Vous devez être connecté pour laisser un commentaire. Inscrivez-vous, c'est gratuit !

Subscribe to comments feed Comments (0 posted):

total: | displaying:

Post your comment comment

  • Bold
  • Italic
  • Underline
  • Quote

Please enter the code you see in the image:

  • email Email to a friend
  • print Print version
  • Plain text Plain text
Newsletter
Email:
Rate this article
0