Normalisation historique des relations diplomatiques entre le Cuba et les USA

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image Raul Castro [right] and Barack Obama [left]

Après des décennies des tensions héritées de la guerre froide, le Cuba et les États-Unis d'Amérique viennent de renouer ce mercredi 17 décembre les relations diplomatiques rompues depuis 1961. Pendant cinquante trois ans, la ligne diplomatique était dérangée et elle a été rétablie ce soir de 17 décembre sur fond d'échange des prisonniers cubains et de la libération de l'américain Alan Gross. En ces moments riches en conflits en Afrique, en Irak, en Syrie, il faut saluer ce rapprochement et davantage remercier le pape François et les autorités canadiennes qui se sont investis  pour ce rétablissement des relations diplomatiques. Certes, c'est un événement qui peut être comparé à la chute du mur de Berlin, une page d'histoire se tourne. D'ailleurs, pendant un quart d'heure, le président Barack Obama a bien dit :  " il fallait tourner la page d'une vision des relations dépassée et créer des nouvelles opportunités". Le plus difficile commence maintenant pour le président américain pour ce qu'il souhaite :la levée de l'embargo. Même le président cubain, Raoul Castro le reconnaît.

La normalisation des relations diplomatiques ne signifie pas la fin de l'embargo qui demeure un arsenal des mesures restrictives. Il faut donc défaire ces lois par d'autres. Aujourd'hui, Barack Obama n'a pas la majorité au Congrès, il doit ramer, expliquer au Congrès le bien fondé de cette nouvelle vision. Des résistances qu'il faut  bien surmonter et au delà de ce registre législatif, il y a des lobbies, et même des élus américains qui disent que ce n'est pas le moment de lever l'embargo  contre Cuba. Tant que la famille Castro sera au pouvoir au Cuba , tant que les droits de l'homme ne seront pas respectés, bref tant qu'il n'y aura pas de démocratie à Havane, il sera difficile d'effacer cette page. D'où le débat sera houleux avec le Congrès américain.

Mais nous devons seulement relever que ce rapprochement a été guide'  pour des intérêts économiques. Même si les cinquante trois ans de rupture ont coûté au Cuba plus de 116 milliards de dollars américains, par rapport au dossier cubain, les États-Unis d'Amérique, il est vrai, ont été isolés dans la  région des caraïbes. Quand le Panama va organiser un sommet en 2015 et invite le Cuba, quand  le président Raoul Castro a opéré un changement stratégique dans son projet de  développement en s'appuyant sur des investisseurs brésiliens pour faire du port de Mariel une plaque tournante du commerce maritime, l'on comprend que Washington ne peut accepter d'être sur la touche. Pour Barack Obama, il est clair qu'il faut contrecarrer l'hégémonie brésilienne sur cette zone de la mer des caraïbes.

Aujourd'hui, il faut ajouter sur ce registre des business que certains secteurs de Tour opérateurs souhaitent ce rétablissement des relations diplomatiques en vue de promouvoir le tourisme au Cuba. Tenant compte du contexte international actuel, pour le président américain, les temps de l'embargo sont révolus et il faut les compenser par la redynamisation du leadership américain économique, militaire et politique dans ce monde où il faut plus d'union pour apporter des réponses appropriées aux enjeux économiques et aux menaces terroristes.

Enfin le président américain veut marquer son mandat par cet événement historique  même si le plus dur reste à faire d'ici la fin de son  règne. A fortiori, la normalisation des relations diplomatiques va du point de vue géopolitique permettre  aux américains un recentrage de leurs rapports de force . Il n'est pas exclu que Barack Obama effectue une visite officielle à Cuba. 

Professeur Florent Kaniki.


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