L’exceptionnalisme américain sur le Congo

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image Barack HUSSEIN OBAMA et son homologue sénégalais Macky SALL

Qui ne sait pas que les Etats Unis d’Amérique sont un pays exceptionnel? Une loi verbale qui transcende le subconscient du pouvoir exécutif américain est son exceptionnalisme dans le monde. Par cette loi qui ne trouve cependant pas d’approbation morale, éthique, légitime ou légale de plus d’un pays, les USA se font passer pour la police du monde ; réglant ou déréglant à sa manière, avec ses milliers des bases militaires parsemées au travers le monde : les différends entre nations, peuples ou au sein d’une même nation.

Parmi ses différentes formes de règlements de justice on peut noter des assassinats, des impositions, des changements de régimes, des scissions des pays s'ils ne brulent pas toute  terre qui résiste son accès à y faire sa loi. Et ce, au prix des milliers de dollars qui auraient pu contribuer au développement de sa propre population en difficultés.

En RDC, cet exceptionnalisme est un peu plus particulier. Nous n’abordons que la particularité de l’administration présente.

A la crise systémique de 2009 héritée de la présidence Bush, laquelle était porteuse des mesures d’austérité rigide dans la plupart des pays d’Occident et dont une appellation honteuse PIGS (cochons) fut attribuée aux pays les plus touchés (Portugal, Italie, Irlande, Grèce et Espagne), l’administration présente a, on ne sait par quel lien magique, associé l’ensemble des mesures de redressement avec le pillage des richesses du Congo. En effet à l’introduction comme à la conclusion de la loi sur les finances de 2010 (Finances Act 2010), les législateurs américains devraient nier que la crise n’avait rien à faire avec la situation du Congo. Mais nous, en lisant cette loi entre les lignes, nous ne pouvions l’interpréter autrement qu’un aveu de flagrance, une reconnaissance de facto, de manière exceptionnelle par un pays exceptionnel.

Cette façon de dire la vérité en la cachant ou en la réfutant n’est pas la bonne. En conséquence les espoirs de revirement de la situation économique attendus après l’élection populaire d’un Obama furent effondrés graduellement. Les résultats de l’injection des milliards de dollars dans les circuits bancaires se font toujours attendre. Et ils les attendront patiemment des longues années encore !

4 ans après l’historique loi sur les finances de 2010, le Congo s’invite de nouveau en force à la maison Blanche de Washington par son locataire pour cause de sécurité nationale des USA. En quoi et pourquoi le Congo ? Cet exceptionnalisme devient intriguant.

Quand nous savons que Bill Clinton, l’ex-président américain, jurant sur cette loi d’exceptionnalisme de la police du monde, décida de faire mourir près la dizaine de millions des Congolais au truchement de la guerre d’invasion conduite par leur « kind of guys » Kagame du Rwanda, en connaissance de toutes conséquences relatives, nous avons un pessimisme grandissant doublé d’inquiétudes sur le soudain sursaut de l’administration présente à reconsidérer la nation Congo soumise à volonté au régime de destruction massive en un atout primordial de sécurité nationale américaine.

Qu’est ce qui aurait poussé l’administration Obama à des telles prises des positions ? Plus d’un dossier d’ampleur très grave contre le régime d’occupation à Kinshasa pouvait sortir annuellement, durant ces quinze bonnes années de règne par défi sans que soient bronzés des sourcils à Washington. La vente d’uranium aux groupes terroristes ou la violation systématique des lois d’immigration américaine pour ne citer que ça n’ont pas attiré attention. Quel autre dossier a suscité d'intérêt majeur? Serait-ce le nombre des victimes [pas évident] ou de l'abondance des minerais qui assure la sécurité [économique de la classe dirigeante] américaine? Certainement ! Pour peu que l’imposteur cherche appui en dehors du circuit qui l’a introduit au pouvoir, la blague pourrait-elle être une simple mise en garde ? Enfin le président Obama a-t-il retrouvé maintenant (en fin de son dernier mandat) ses mains libres afin de ressaisir son activisme en faveur du Congo, alors qu’il était Sénateur ?

Quoi qu’l en soit, le contraste de ce revirement de paroles c’est plutôt la continuité des actions punitives contre le Congo et ses habitants, lesquelles actions ont été entreprises avant ce revirement. Continuer à pousser vers des futures échéances électorales dans un système gangrené par l’occupation made in USA en lieu et place de démettre le chaos imposé est un signe d’une farce diplomatique de mauvais gout. Le changement radical des actions prélaverait à ce changement de rhétorique ou médiatique. Autrement, c’est mal agir ; et comme en rapport avec la loi sur les finances de 2010 cette façon n’apportera pas de résultats escomptés. Il n’y a que des naïfs qui accepteraient d’être conduits en douceur à la mort comme on le fait des moutons devant l’abattoir. Les Congolais ne méritent pas une alternance dans l’occupation par la voie électorale, nous avons droit à une alternative qui déboulonne l’occupation. Quelqu’un a-t-il compris ?

Obama peut s’il le veut, avec détermination et courage politique, changer le cours de la situation de son pays qui va droit au déclin en faisant the right thing : clean up the mess made by Bill Clinton avant qu’une autre Clinton revienne aux affaires. Celle-ci qui a eu le loisir de palper des doigts la gravité des œuvres de son mari en terre congolaise, à savoir : des viols systématiques et endémiques, le sabotage de la matrice existentielle de la nation congolaise, aura du mal à contredire les œuvres familiales. Tandis que Barack Obama a beaucoup de chances de faire distinguer son nom de ceux dont le monde en général mais les Congolais en particulier attribuent la signification similaire à Seth pour les Juifs. Mais envoyer ses deux Secrétaires d’état de ses deux mandats auprès de l’imposteur à Kinshasa, l’inviter chez lui-même après ce changement de rhétorique alors qu’il est l’épicentre de l’insécurité au Congo et bien sûr portant atteinte à la sécurité nationale américaine, nous avons du mal à comprendre le sens réel de cette sécurité nationale. Ceci montre que la direction choisie par cette administration est une fausse route qui n’aboutira pas à la sécurité nationale envisagée.

C’est pourquoi, encore une énième fois, nous prions des Congolais de nous concentrer sur nous-mêmes, nos valeurs spirituelles et traditionnelles. Elles sont capables de nous tirer d’affaires[i].

Mais au-delà de toute raison vraisemblable, nous savons que le Congo finira par se libérer avec ou sans le concours des USA.  Les actions de ce dernier pays déterminent si nous seront amis ou ennemis aux jours qui suivront notre libération. La Police du monde a appliqué sur le Congo tout l’arsenal des remèdes en sa possession : des assassinats guidés, des impositions, des changements de régimes, des tentations de scissions du pays, mis l’Est à feu et à sang malgré son accès facile. Ce qu’elle ignore est que le Congo est indivisible pour des raisons qui lui échappent. Elle a plus à gagner qu’à perdre en suivant la bonne conduite basée sur la volonté des Congolais. Nous constatons qu’elle aménage astucieusement l’occupation qu’elle nous a exportée sans se soucier de l’éradiquer. Sans trop nous préoccuper des conséquences au cas où notre avis était négligé ou ignoré, nous lui avertissons cependant que pour ses intérêts économiques, sécuritaires et autres non déclarés, il vaut mieux que la présente administration américaine fasse l’exception de leur exceptionnalisme sur le Congo.

Par: Alain Ngubu Matiki.

[i] RDC: Voici pourquoi nous tournons en rond


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