Espionage au nom de la sécurité : Barack OBAMA pris les mains dans la confiture

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image Edward Snowden

Réfugié à Hong Kong, un ancien technicien de la CIA, Edward Snowden, a révélé la semaine dernière aux journaux britannique et américain des informations confidentielles sur deux programmes secrets : le premier permet de récolter des données téléphoniques aux États-Unis via plusieurs opérateurs ; le second, Prism, vise les communications Internet des étrangers, hors des États-Unis, via les géants du Net. La Maison Blanche a reconnu que la NSA - un des principaux services américains de renseignement - collecte en secret des informations sur les communications des près de 100 millions d’abonnés du géant de la téléphonie Verizon.

Ancien technicien de la CIA, Edward Snowden a révélé être à l’origine des fuites concernant la surveillance étroite des communications par le renseignement américain. Le jeune homme de 29 ans est aujourd'hui réfugié à Hong Kong.

Il est probablement l’homme le plus honni du moment par la NSA, l’agence de renseignement américaine au cœur d’un scandale concernant sa surveillance étroite des communications. Edward Snowden, ancien employé de sous-traitants de la NSA âgé de 29 ans, a révélé la semaine dernière aux journaux britannique "The Guardian" et américain "Washington Post" des informations confidentielles sur deux programmes secrets : le premier permet de récolter des données téléphoniques aux États-Unis via plusieurs opérateurs ; le second, Prism, vise les communications Internet des étrangers, hors des États-Unis, via les géants du Net.

La justice américaine a déclaré avoir lancé une enquête sur l’origine de ces fuites. Le jeune homme, pourtant, ne cherche pas à se cacher : aux dires des deux quotidiens, c’est lui qui a tenu à ce que son nom soit révélé dans la presse. "Je n'ai aucune intention de me cacher parce que je sais que je n'ai rien fait de mal", a déclaré ce spécialiste informatique, ancien employé de la CIA aujourd’hui réfugié à Hong Kong, dans un entretien publié par "The Guardian".

"Je ne pense pas pouvoir revenir chez moi", a-t-il également affirmé. L’homme vivait jusqu’à récemment une vie confortable à Hawaii, auprès de sa compagne. "Je suis prêt à sacrifier tout cela parce que je ne peux, en mon âme et conscience, laisser le gouvernement américain détruire la vie privée, la liberté d'Internet et les libertés essentielles, d'autant que cet énorme système de surveillance concerne le monde entier, a-t-il poursuivi dans son entretien à "The Guardian". Mon unique objectif est d'informer les gens de ce qui est fait en leur nom et de ce qui est fait contre eux."

Témoignage de l'ancien technicien de la CIA, en anglais

"Héros de l’année"

Anonymous, le collectif d’activistes, a immédiatement salué l’action de "l’un des plus grands lanceurs d’alerte de l’Histoire". Le réalisateur Michael Moore l’a, lui, qualifié de "héros de l’année". 

Interrogé dimanche matin sur ABC, le journaliste du "Guardian" Glenn Greenwald, auteur de l’article à l'origine des révélations, a dénoncé une volonté d'"intimider les journalistes et leurs sources". "Chaque fois [...] que quelqu'un dévoile certaines actions du gouvernement, il est diabolisé et présenté comme un traître", a ajouté le journaliste.

De son côté, l’administration américaine ne décolère pas. Le directeur du renseignement américain, James Clapper, est monté au créneau, dénonçant sur ABC la semaine dernière "de grands dommages à la sécurité de notre pays". Samedi, il a déclassifié un certain nombre d'éléments sur ces programmes de surveillance des communications, défendant vigoureusement leur légalité et leur utilité dans la lutte antiterroriste. 

Très sévère dans sa lutte contre les fuites d'informations confidentielles, l'administration Obama avait dû se défendre à la mi-mai après la révélation de la saisie sans précédent de relevés téléphoniques de l'agence de presse américaine AP, qui avait suscité l'ire des défenseurs de la liberté de la presse.

Plusieurs opérateurs téléphoniques impliqués

Cette affaire fait resurgir pour l’administration Obama le spectre d’un vaste scandale qui avait éclaboussé l’ère Bush à partir de 2005 et impliquait déjà la NSA. Le "New York Times" avait alors révélé que le président George W. Bush avait autorisé l’agence de renseignement à mener en secret une vaste opération de surveillance des communications téléphoniques et électroniques. À l’époque le mandat donné à la NSA se limitait à des entités étrangères soupçonnées d’être liées à des groupes terroristes. Des organisations de défense des libertés individuelles, craignant des abus, avaient échoué à faire arrêter ce programme en justice.

Les révélations du "Guardian" prouvent que n’importe qui, étrangers ou Américains, peut ainsi être espionné par la NSA. Mais le document publié par le quotidien britannique soulève également plusieurs questions. Verizon est-il le seul opérateur téléphonique soumis à une telle obligation ou d’autres ordres similaires existent-ils pour ses concurrents AT&T et Sprint ? La décision de la cour est-elle unique dans le temps ou une simple reconduite d’ordres identiques précédents ? On ne sait pas non plus combien de temps la NSA peut conserver ces données sensibles et si elle a le droit de les croiser avec d’autres bases de données.

Le "Guardian" et plusieurs médias américains ont cherché à contacter la NSA, le FBI et les opérateurs téléphoniques, mais ils ont tous refusé de commenter les révélations du quotidien britannique.

EDWARD SNOWDEN A FINANCÉ LA CAMPAGNE DU RÉPUBLICAIN RON PAUL

Selon des relevés publics disponibles sur le site de la commission électorale américaine (FEC), un "Edward Snowden" a donné deux fois 250 dollars à Ron Paul en mars et mai 2012, durant la campagne des primaires du parti républicain.

Edward Snowden pourrait être un ultra-libéral farouche défenseur des libertés individuelles et de l'économie de marché.

Ron Paul, qui était membre de la Chambre des représentants jusqu'en novembre, a abandonné en mai 2012 la course à la nomination, remportée au final par Mitt Romney.

[avec france24, Afp]


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