Malgré quelques maladresses : HOLLANDE a affiché la fermeté sur les dossiers aux USA

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image François Hollande reçu à la Maison blanche par Barack Obama

Les débuts diplomatiques de François Hollande aux Etats-Unis ont attiré tout le week-end regards et caméras du monde entier. "Je n'essaierai pas de jouer à l'Américain et je n'ai pas besoin de jouer au Français. J'essaie d'être moi-même", a-t-il résumé. A Camp David comme à Chicago, il a multiplié les rencontres bilatérales avec des hauts dirigeants qu'il voyait eux aussi pour la première fois - son programme annonçait, rien que dimanche matin, près d'une dizaine de rencontres.

"Sans faute" pour Laurent Fabius, "très différents de Sarkozy" pour Dmitri Medvedev, un brin fanfarons au regard de l'UMP, les débuts diplomatiques de François Hollande aux Etats-Unis ont attiré tout le week-end regards et caméras du monde entier.

Malgré quelques maladresses, celui qui veut rester un "président normal" semble avoir franchi sans accroc ce premier obstacle en jouant la carte de la décontraction sur la forme et de la fermeté sur les dossiers, qu'il s'agisse de pousser le thème de la croissance ou de retirer les soldats français d'Afghanistan d'ici fin 2012.

"Comme disent les cavaliers, c'est un sans faute", commentait dimanche le nouveau ministre des Affaires étrangères, Laurent Fabius, devant l'hôtel du centre de Chicago où est installé la délégation française.

"François Hollande défend les positions de la France avec du charisme, un bon contact. Un mélange de fermeté et de proximité, quelque chose qui, je crois, est apprécié", a estimé l'ancien Premier ministre.

François Hollande lui-même estime avoir joué la partition comme il l'entendait en restant "pragmatique pour aboutir aux résultats recherchés pour la France".

"Je n'essaierai pas de jouer à l'Américain et je n'ai pas besoin de jouer au Français. J'essaie d'être moi-même", a-t-il résumé avant de se rendre à la cérémonie d'ouverture du sommet de l'Otan.

Du bureau ovale de la Maison blanche à la pelouse de Camp David, le dirigeant de 57 ans est apparu jovial et plutôt à l'aise, plaisantant volontiers avec Barack Obama, qu'il n'avait jamais rencontré auparavant.

A Camp David comme à Chicago, il a multiplié les rencontres bilatérales avec des hauts dirigeants qu'il voyait eux aussi pour la première fois - son programme annonçait, rien que dimanche matin, près d'une dizaine de rencontres. 

En France, la droite s'est employée à minimiser les avancées obtenues par François Hollande sur la croissance, parlant d'un "G8 a minima", tandis que l'ex-ministre de la Défense Gérard Longuet jugeait "intenable" le projet de retrait d'Afghanistan.

SANS CRAVATE

"Qui va imaginer que la victoire au G8, si le mot victoire a un sens d'ailleurs, se résume simplement à dire 'c'est génial, grande victoire pour la France, on les a tous convaincus d'être pour la croissance", a ironisé sur i>Télé le secrétaire général de l'UMP, Jean-François Copé.

Si François Hollande et son entourage se sont réjouis d'avoir imposé la croissance au G8, les journaux dominicaux américains ne présentaient pas la chose sous cet angle, faisant, au final, relativement peu de place à l'entrée du chef de l'Etat sur la scène mondiale.

L'Allemande Angela Merkel et le Britannique David Cameron ont quant à eux marqué leurs divergences, la chancelière déplorant en outre le choix français de quitter prématurément l'Afghanistan.

Les observateurs internationaux n'ont pu s'empêcher de faire la comparaison entre le style cordial de François Hollande et celui, impétueux, de son prédécesseur Nicolas Sarkozy.

"Il semble que le Premier ministre (italien Mario) Monti et maintenant le président Hollande ont fait un bon début", a commenté un conseiller d'Obama, Ben Rhodes. "Et je pense que cela a joué un grand rôle dans ce qui a été obtenu au G8."

Le Premier ministre russe a trouvé le nouveau président français "bien sûr très différent de Nicolas Sarkozy".

"Ce sont deux personnes différentes, ils représentent deux forces politiques distinctes, cela se sentait dans les discussions", a-t-il estimé. 

Pendant la campagne électorale, Washington a soutenu Nicolas Sarkozy, un temps surnommé "Sarko l'Américain" pour le penchant atlantiste de sa politique étrangère. François Hollande a pour sa part fait savoir qu'être un allié des Américains ne signifiait pas les suivre aveuglément.

"Quand la France et les Etats-Unis sont d'accord, le monde peut avancer", a-t-il dit à la Maison blanche.

L'une des images que retiendra la petite histoire des premiers pas internationaux du nouveau président sera sans doute celle d'un François Hollande rappelé à l'ordre par Barack Obama pour avoir mis une cravate à un G8 qui se voulait décontracté.

"François, nous t'avions dit que tu pouvais enlever cette cravate !", a plaisanté le président américain, qui appelle ses alliés par leur prénom.

En son temps, lors d'un autre G8, le président Jacques Chirac avait refusé d'obéir à une remarque du même style du président George W. Bush.

A Camp David, François Hollande expliqué à son hôte qu'il s'était mis sur son trente-et-un "pour la presse", et c'est en chemise, sans cravate, qu'il est ensuite apparu au dîner.

[Reuters]


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