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2015 en rouge pour l’Afrique et le monde

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image Bonne Année 2015

La Conférence de Vienne sera bicentenaire en cette année 2015. Elle est en 1815 le symbole de la restauration de l’ordre après les  » désordres  » des révolutions et la démesure des ambitions napoléoniennes. Les monarchies européennes triomphent et organisent pendant de longs mois, cette conférence de paix qui, pour l’histoire, laissera la marque des règles qui fondent la diplomatie telle qu’elle se pratique jusqu’aujourd’hui dans les relations entre Etats. L’Amérique latine y est représentée par procuration des puissances colonisatrices, mais les Etats-Unis, l’Asie et l’Afrique y sont absents.

Cent ans plus tard, en 1915, la configuration du monde a changé. Les monarchistes ont perdu du terrain face aux républicains. Mais l’Europe est entretemps devenue maîtresse de l’Asie hors le Japon et la Chine, et de l’Afrique. Les pays latino-américains se sont libérés. Mais, cette année-là, l’Europe est déjà en guerre contre elle-même jusqu’en 1918. Il a fallu l’intervention armée des Etats-Unis d’Amérique pour négocier un nouvel ordre mondial.

Un autre siècle plus tard, nous sommes en 2015. Le monde n’est plus celui de 1915. Il est tout à fait métamorphosé. Une nouvelle guerre mondiale a eu lieu. Une organisation internationale à laquelle adhèrent toutes les nations a vu le jour en vue d’assurer la paix. En Asie et en Afrique, les pays deviennent indépendants. Deux blocs se forment autour des Etats-Unis et de l’URSS et cet antagonisme se cristallise sous forme de guerre froide avec risque d’affrontement fatal, le Tiers-Monde ayant fait long feu depuis longtemps. Les progrès techniques ont été entretemps fulgurants : l’homme se déplace en peu de temps quand il veut et comme il veut, d’un point à un autre du globe, il communique à chaque seconde jusqu’aux extrémités de la terre, il est informé à la minute des événements qui se déroulent à l’autre bout de la planète, il vole dans l’espace jusqu’à visiter la lune. 2015 pourra-t-il être de nouveau un tournant pour l’humanité?

La nouvelle année n’offre pas de perspectives heureuses en Afrique comme dans le monde. Si les Etats-Unis s’en sortent apparemment bien, les pays de l’Union Européenne ne semblent pas apercevoir le bout du tunnel d’une crise économique qui ne s’essouffle pas, donnant des arguments électoralistes à la droite des droites qui à la longue peuvent ébranler l’édifice européen tel que conçu par ses pères fondateurs. De l’autre côté, Poutine hanté par le rêve de restauration de la puissance de l’URSS, est pris au piège des sanctions européennes et américaines décuplées inopportunément par la chute vertigineuse du prix du baril sur le marché pétrolier. Ne serait-il pas plus sage pour lui et son avenir politique de desserrer l’étreinte ukrainienne ? Ses bravades ne suffisent pas à sauver la Russie du naufrage économique et social.

Entretemps, les foyers de guerre s’allument et se rallument sans fin, principalement dans cette bande qui s’étire grosso modo de l’Afrique de l’Ouest jusqu’aux frontières occidentales de la Chine : Mali, Nigéria, Somalie, Libye, Yémen, Palestine, Israël, Irak, Syrie, Afghanistan, Pakistan. Trop de sang coule quotidiennement sur cette bande et les solutions, par les armes ou par le dialogue, tardent à s’imposer.

L’Afrique subsaharienne traîne aussi ses boulets. A commencer par les guerres civiles comme au Soudan du Sud ou en Centrafrique. Ou l’insécurité comme à l’Est de la RDC. L’Afrique est le continent le plus exposé à l’ouverture de nouveaux conflits, sinon de nouveaux foyers de tensions. Cette année déjà, des élections sont prévues dans un certain nombre de pays, et les débats, parfois d’une violence verbale inouïe, sont enclenchés. Ils se cristallisent souvent autour de la personne du président sortant : faut-il qu’il reste ou qu’il parte ?

A partir de là, les gladiateurs s’alignent pour un combat sans merci autour de la révision ou pas de la constitution, ou de la nationalité du Président sortant. Il me semble même que les esprits ne se concentrent plus sur la gestion de l’Etat, ils sont plutôt tournés vers des stratégies à mettre en mouvement pour sortir vainqueur de cette épreuve dont l’issue peut se révéler désastreuse pour nos pays et nos populations. Si les uns et les autres pouvaient viser avant toutes choses  » l’intérêt supérieur de la nation « , il n’y aurait rien à craindre pour l’avenir. Les hommes passent, les Etats demeurent, dit l’adage. Espérons que le sens de responsabilité et de l’intérêt général prévaudra.

[Thomas Makamu]


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