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Echecs à répétition du football algérien : Sont-ils devenus la HONTE de l'Afrique ?

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Le football algérien ne cesse de perdre de sa notoriété, que ce soit sur la scène continentale ou mondiale. Par équipes ou sur le plan individuel, les joueurs algériens peinent à s’imposer dans les championnats étrangers. Beaucoup d’entre eux ont connu un échec cuisant. Ces échecs à répétition sont t-ils la conséquence de la mauvaise gestion du football algérien ? Du potentiel mal exploiter ? Les années passaient, le football changeait mais les mentalités en Algérie n’étaient jamais à jour.

Les années défilent, et le football algérien ne cesse de perdre de sa notoriété, que ce soit sur la scène continentale ou mondiale. Par équipes ou sur le plan individuel, les joueurs algériens peinent à s’imposer dans les championnats étrangers. Même si la plupart des joueurs, issus du championnat local, qui ont tenté une expérience dans l’Hexagone, faisaient partie des meilleurs à leur poste, beaucoup d’entre eux ont connu un échec cuisant. Quant à ceux qui ont «réussi», ils se sont contentés de jouer avec des équipes qui – au mieux – se classaient dans la moitié du tableau, c’est-à-dire les seconds rôles quand elles ne jouent pas la relégation. Ces échecs à répétition sont t-ils la conséquence de la mauvaise gestion du football algérien ? Du potentiel mal exploiter ? Et des talents qu’on n’a pas pu forger comme il se devait ? Il faut dire que la formation n’a jamais été la préoccupation du football algérien, mis à part la génération de 1982 qui a pu faire des «petites merveilles» dans l’univers de la balle ronde, à une époque où le football n’était pas aussi évolué qu’il l’est de nos jours. Les années passaient, le football changeait mais les mentalités en Algérie n’étaient jamais à jour.

La parenthèse Dziri, l’exception Saïfi 

En Algérie, les joueurs talentueux courent les rues, le football coule dans les vaines, la pâte ce n’est pas ce qui manque, mais les lieux où l’on peut modeler et parfaire le formidable potentiel des jeunes sont rares. En Algérie, un footballeur peut faire sa graduation dans un club jusqu’à atteindre cette catégorie qui marque – souvent – la fin d’une carrière prometteuse, parfois à cause du manque de volonté, manque de foi en soi, et des fois, c’est le palier où certains affichent leurs limites, même si en Algérie le «haut niveau» reste aussi haut que son nom l’indique. Dziri Bilel, un des meilleurs joueurs que l’Algérie ait connu lors de la dernière décennie, a pu gravir tous les paliers avec le NA Hussein Dey, cette véritable école qui a enfanté les Madjer, Mezkane, Guendouz, Fergani etc. Après avoir opté pour l’autre club d’Alger, l’USM Alger, le milieu de terrain n’a cessé d’étaler toute sa palette technique sur les terrains algériens. Un joueur qui sortait vraiment du lot. Ce qui lui a valu une aventure extra muros. A Sedan lors de la saison 1999-2000, l’Usmiste jouera 13 matchs pour … zéro buts marqué. D’autres joueurs tenteront une expérience similaire sans toutefois parvenir à faire mieux. Même si Rafik Saïfi, avec un destin digne d’un conte de fées, a réussi à «s’imposer» avec Troyes où il fera une pige de 5 saisons avant de passer à Istres, Ajaccio puis Lorient. L’ex-Mouloudéen évolue actuellement avec Amiens SC, pensionnaire de Ligue 2 française. Brahim Boudebouda (Le Mans FC), Sid Ali Yahia Cherif (FC Istres) et le joueur de Vitoria Guimares en Super Ligue portugaise Hilal Soudani sont les derniers joueurs du label local à réaliser un «petit bout» de leur rêve qui n’est autre que de rejoindre un championnat européen. Des aventures qui risquent de tourner à la mésaventure à n’importe quel instant, surtout si on se réfère à celle d’un ancien joueur du…  NA Hussein Dey, Rafik Halliche qui a rallié les terres anglaises après la Coupe du monde 2010. La capitale londonienne plus exactement où il s’engagera avec le club mythique, Fulham FC en l’occurrence. Le natif de Badjarrah  sombrera dans l’anonymat depuis et se contente de bouts de matchs joués par-ci, par-là avec l’équipe réserve.

Le PAC met le paquet

Si nos footballeurs, qui optent pour les championnats européens, ne connaissent pas la réussite escomptée, malgré leur potentiel (technique surtout) énorme, cela est en grande partie lié à leur forme physique qui accuse un retard ou leur discipline et rigueur tactique sur un terrain de football. De nos jours, le foot requiert de la technique certes mais un footballeur doit aussi avoir une hygiène de vie bien précise, une maturité tactique minutieusement étudiée. Le bricolage ne se fait plus ailleurs, et rien n’est laissé au hasard. C’est pour ces raisons, que le président du Paradou AC, Khair-Eddine Zetchi, a fait appel à Jean Marque Guillou pour signer une  convention de partenariat et créer le Paradou JMG Academy, le technicien français plantant des académies de football un peu partout dans une Afrique au réservoir de talents intarissable. Le chairman du PAC essaye ainsi de mettre fin à deux longues décennies durant lesquelles le label local a énormément souffert et accusé un retard difficilement rattrapable, vu les conditions et l’atmosphère dans lesquelles baigne le sport roi. L’académie du Paradou est un produit avec une pâte cent pour cent algérienne, nonobstant le fait qu’elle soit modelée avec des mains européennes. Ce qui n’était qu’un «chantier» en 2007 quand Olivier Guillou, frère de Jean Marc, avait pris les commandes de cette initiative, est devenu aujourd’hui un joli jardin où des fleurs commencent à éclore grâce à la persévérance et au travail méticuleux fait en suivant la «méthode Guillou». Une méthode assez particulière (des entraînements pieds nus et des exercices spécifiques pour une maîtrise technique inégalable) qui a tout de même permis l’éclosion de joueurs comme Drogba, les frères Touré et bien d’autres 

qui évoluent actuellement dans les meilleures équipes dans les plus grands championnats en Europe. Le PAC qui constitue un petit éclair dans l’immense grisaille dans laquelle le football algérien a sombré ces dernières années. Un coup de maître de Zatchi qui est peut-être en passe de réussir là où d’autres ont échoué, pour ne pas dire «pas osé s’aventurer». Une aventure qui vaut le coup, puisque ceux qui ont vu jouer ces jeunots de l’Académie ont vite remarqué que c’est la formation qui fait toute la différence. Sans gardien de but, les petits prodiges algériens (dont la plupart d’entre eux ont 17 ans aujourd’hui) auront donné du fil à retordre à leurs adversaires et ont même pu tenir tête à des équipes européennes réputées pour êtres les meilleures en termes de formation des jeunes. On parle ici du Villareal ou du FC Barcelone que les protégés d’Olivier Guillou ont pu affronter, fait beaucoup souffrir en leur tenant la dragée haute lors de joutes amicales, l’été passé. Nos petits prodiges algériens, qui – espérons-le – pourront un jour réaliser leur rêve secret et ceux de tous les Algériens. Celui de voir un jour un des leurs écrire à nouveau l’histoire, avec un geste, un but ou peut-être des parades (puisque, en football, il y a aussi les gardiens de but) pour remettre le football algérien à la place qui était la sienne il n’y a pas si longtemps. Une seule devise : volonté, espoir et persévérance. En n’oubliant jamais que la formation est la clé de toute réussite. Vendredi, Béjaouis de la JSMB, qui se sont inclinés sur leur terrain face à l’Académie Football Amadou Diallou, sur le score de 2-1 dans le cadre du match aller des 16es de finale de la Ligue des champions, et l’ASO Chlef, dans la même compétition et dans son fief, a buté sur le mur congolais du Vita Club en concédant le nul blanc. Une autre preuve par l’échec qu’il y a encore beaucoup de travail à faire.

[Mohamed Touileb/La Tribune]