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Diarrhée inconnue : Plusieurs morts au Maniema

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L’heure est grave à Lubutu, une localité de la province du Maniema, où une maladie diarrhéique  non identifiée jusqu’ici  a déjà causé la mort de  quatre personnes et affectée vingt-deux (22) autres en l’espace de deux semaines.

C’est dans la zone de santé de Lubutu, située à plus ou moins  380 kilomètres  de Kindu, chef-lieu de la province du Maniema, que ces cas ont été enregistrés. Le dernier en date, renseignent des sources locales, a été détecté hier mercredi 8 juillet courant au centre de santé Sanzasili.

Radiookapi.net qui a relayé cette nouvelle  dans sa livraison d’hier, indique  la maladie touche six aires sur les dix-huit (18) que compte la zone de santé de Lubutu à savoir: Mengwe, Mungele, Nyakisembe, Obosango, Osso et Sanzasili.

Devant une maladie inconnue, il  y a effectivement de quoi être inquiété, surtout qu’elle sévit dans une zone dépourvue d’infrastructures médicales appropriées. D’ailleurs, souligne-t-on, le seul centre de traitement disponible, peu équipé, dans ce secteur est situé à plus ou moins  100 kilomètres de Lubutu-centre.

Faute d’un laboratoire médicale digne de ce nom, pour en savoir un peu plus sur cette maladie, les  autorités provinciales affirment avoir envoyé des échantillons à l’Institut national de recherche bio-médicale (INRB) à Kinshasa pour déterminer s’il s’agit du choléra ou d’une autre maladie.

Par ailleurs, dans le  Katanga, rapporte le Bureau de coordination des affaires humanitaires des Nations Unies (OCHA), c’est depuis six mois que la province fait face à une grave crise quasi endémique de rougeole.

Les dernières statistiques disponibles font état de plus de 15 000 cas  enregistrés. Une hausse de plus de 50 % comparée à la même période l’année dernière. L’ampleur de l’épidémie est liée principalement à la présence de nombreux enfants non vaccinés. Parmi les 12 zones de santé confirmées en épidémies, les enquêtes nutritionnelles menées au mois d’avril dernier  montrent que trois zones notamment : Bukama, Malemba et Mukanga, sont aussi touchées par la malnutrition au Katanga.

Il ne serait pas impossible que les autres zones soient aussi affectées par la malnutrition, l’un des facteurs aggravants de la mortalité due à cette épidémie, même s’il n’y a pas encore eu de récentes enquêtes depuis le début de l’année. Les dernières enquêtes datent de 2013 et 2014.

Dans ces zones de santé, le taux élevé de la malnutrition et du paludisme rend les jeunes enfants plus vulnérables au virus. Plusieurs évaluations humanitaires effectuées dans certaines de ces zones entre janvier et juin dernier  signalent la présence de nombreux enfants et femmes avec des signes de la malnutrition.

Malgré cela, relève OCHA, le Fonds des Nations Unies pour l’enfance (UNICEF) appuie, de façon sporadique, ces zones en intrants nutritionnels pour la prise en charge des cas de malnutrition. Mais dans l’ensemble, aucune activité de prise en charge de la malnutrition aigüe sévère n’est menée actuellement par manque de financement dans la majorité des zones de santé confirmées en épidémies de rougeole.

Ainsi, pour faire face à cette situation tant soit peu, étant donné que le stock est limité face aux besoins énormes, l’UNICEF est en train de pré-positionner 600 cartons d’intrants nutritionnels dans les zones de santé de Kikondja, Lwamba, Malemba et Mukanga pour la prise en charge nutritionnelle d’au moins 2 100 enfants pendant trois mois.

[Dovin Ntelolo Diasonga]