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Sexe : La fraicheur de la saison sèche en RDC incite la libido

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« On note une affluence de clients. C’est la bonne saison pour nous. La saison sèche est rentable. Des couples se retirent dans nos chambres pour des nuitées et beaucoup plus de jeunes pour des passages… », a confirmé à la rédaction un tenancier d’un hôtel de fortune. Et là ou le bas blesse, parmi les potentiels clients figurent une forte franche de la jeunesse qui sollicite des rendez-vous dans ces institutions hôtelières. Les plus souvent, leur fréquentation échappe au contrôle de la police de mœurs et des parents. Ces comportements choquent les bonnes mœurs. Partant d’une certaine croyance que la saison sèche c’est le temps des amours. Les plus jeunes s’adonnent à fond aux pratiques sexuelles prétextant que la fraicheur incite la libido. « Elanga kanga bana iso na iso kuya kuya yaka na chauffé yo papa na ngai » (ndlr : Il fait tellement froid. Entre nous, viens qu’on se chauffe mon frère), s’écrie dans un jargon bizarre une prostituée aux croisements des avenues de la Démocratie ex-Huileries et de Kabinda face à un groupe de jeunes qui s’attèlent à gagner le quartier Djalo aux abords du Stade de Martyrs de la Pentecôte.

La « kinoiserie » est un néologisme à prendre péjorativement. La kinoiserie s’illustre par une série des comportements négatifs propre aux kinois qui marche à l’encontre des bonnes mœurs, aux bons sens. La kinoiserie fait bon ménage avec les antivaleurs. Des comportements à décrier qui semblent devenir des habitudes propres aux citoyens d’une ville surpeuplée et sans ethnies (ndlr : une rupture remarquable avec des valeurs identitaires et d’origine d’un citoyen, une fois à Kinshasa, Il se reconnait en kinois).

Tels que dans ce temps de saison sèche, la kinoiserie engendre des faits quelque peu surprenant allant de simple partie d’ébats sexuel aux pratiques digne d’orgie. Ces inciviques prétextent que c’est le temps des amours et que tous les coups sont permis. Chose qui choque les bonnes mœurs et mérite une culture citoyenne dans le sens de la culture de valeurs.

Kinshasa aux rythmes d’Elanga Kanga bana

Si une franche de la population s’attèle à garder les notions de la civilisation, du savoir-vivre et de la bonne éducation, une autre s’adonne au libertinage aigue. Les gens de bons sens sont quelque peu choqués, de constater que certains compatriotes ont du mal à s’adapter aux rythmes d’une société moderne.

En ce temps de saison sèche caractérisée par un climat froid et sec surtout aux premières heures de la matinée et à la tombée de la soirée, il se développe certains comportements dans les vécus quotidiens de kinois.

Tels que chez les tenanciers de débits de boissons, ils se plaignent qu’ils ne fond pas des bonnes affaires. Les kinois désertent les terrasses à la suite du climat frais. Les cireurs font des bonnes affaires parce que la terre sèche saupoudre les chaussures. Et dans le lot, les tenanciers des hôtels connaissent une ambiance tout à fait particulière.

« On note une affluence de clients. C’est la bonne saison pour nous. La saison sèche est rentable. Des couples se retirent dans nos chambres pour des nuitées et beaucoup plus de jeunes pour des passages… », a confirmé à la rédaction un tenancier d’un hôtel de fortune. Et là ou le bas blesse, parmi les potentiels clients figurent une forte franche de la jeunesse qui sollicite des rendez-vous dans ces institutions hôtelières. Les plus souvent, leur fréquentation échappe au contrôle de la police de mœurs et des parents.

Ces comportements choquent les bonnes mœurs. Partant d’une certaine croyance que la saison sèche c’est le temps des amours. Les plus jeunes s’adonnent à fond aux pratiques sexuelles prétextant que la fraicheur incite la libido.

« Elanga kanga bana iso na iso kuya kuya yaka na chauffé yo papa na ngai » (ndlr : Il fait tellement froid. Entre nous, viens qu’on se chauffe mon frère), s’écrie dans un jargon bizarre une prostituée aux croisements des avenues de la Démocratie ex-Huileries et de Kabinda face à un groupe de jeunes qui s’attèlent à gagner le quartier Djalo aux abords du Stade de Martyrs de la Pentecôte.

Contre toute attente, un jeune homme file à l’anglaise avec une jeune fille maquillée comme une voiture volée pour un moment d’intimité. Des scènes pareilles n’échappent plus au regard des retardataires qui gagnent leurs domiciles en ce temps de saison sèche. Les rues se vident très tôt et tous les coups sont permis au bas de la ceinture sur la voie publique dans les tunnels obscurs de certains quartiers de Kinshasa.

Et tant pis pour les voyeurs et autres résidants qui n’auront qu’à s’en prendre à eux-mêmes et dans une certaine mesure se demandent sur quel Saint se vouer à la suite des bruits sourds de gémissements aux pieds de leurs murs. C’est ainsi que dans certains quartiers de la capitale, on enregistre de taux élevé des filles mères.

Pas de sagesse sous la ceinture…

Fonctionnaires de l’Etat, enseignants des écoles environnantes, commerçants et enfants de la rue échouent dans un restaurant de fortune tout à fait particulier aux abords du fleuve Congo. Un cadre d’entreprise qui s’est retrouvé par là, demande poliment à la tenancière où se trouvent les installations sanitaires. La bonne dame sans parler fait un signe de la tête vers la broussaille. Ici, dans ce malewa, après avoir mangé, il faut se débrouiller pour se soulager. Autrement dit, il faut faire face aux fourmis rouges dans la broussaille pour se soulager dans la nature.

Sans papier mouchoir, il faut se débrouiller avec les feuilles sauvages. Il faut se méfier aussi des serpents de passage par là en ce temps de saison seche. « Oh papa, ils sont rares et ne sont pas venimeux », renchérit la serveuse aux inquiétudes de son client tout en s’essuyant la figure avec sa blouse, laissant entrevoir son nombril.

Ici, les clients, les plus nantis sont souvent la cible des serveuses au restaurant affectueusement appelé « Bord ezanga kombo ». Après un service de liboke, la serveuse ménage au mieux son client par un massage très érotique. La suite de l’acte se déroule dans la pénombre de la cuisine dont la pièce est constituée des tissus de vieux sacs de farine désaffectés, au point de renverser verres et marmites.

« Ici chez moi, le client entre Ok et sort K.O, en ce temps de saison sèche, je le chauffe avec un café bien concocté », crie un serveur à qui veut l’attendre. Un constat saute au grand jour que se soit dans le jet société que dans les tunnels obscurs de la commune de Kalamu, les comportements de certains compatriotes s’avoisinent. Et, cela se reflète dans la Kinoiserie qui répond à un protocole, il n’y a pas de sagesse sous le ceinture.

Et, Les conséquences… les chimistes de la rue

Et en ce siècle de vitesse, l’abstinence ne constitue pas un vocabulaire pour certains jeunes qui s’adonnent au sexe à souhait. Et, pour contourner des conclusions de rapport sexuel suspect, les jeunes se confient aux chimistes de la rue.

Les jeunes gens qui s’adonnent au rapport sexuel précoce sont confrontés aux grossesses non désirées. Aussi longtemps que leurs partenaires aussi jeunes ne sont pas suffisamment informés sur leur cycle menstruel. Une réalité est perceptible à Kinshasa, les parents ne s’adonnent pas suffisamment à l’éducation sexuelle de leurs enfants, particulièrement les filles.

Et pour palier à cette réalité de grossesse non désirées, conséquence d’une saison sèche trop agitée, après quelques mois de ce vagabondage sexuel, certains de ces jeunes recourent aux chimistes de la rue. Qui est sensé composer des solutions bizarres pour éventrer le boa.

C’est ce qui est grave après un rapport sexuel suspect, en période d’ovulation, les jeunes filles s’administrent des médicaments anti-vermifuges à forte dose pour soit disant empêcher les spermatozoïdes d’atteindre leur objectif. Certaines même sont victimes du surdosage de ces produits pharmaceutiques au risque de décès.

Et dans la plupart de cas, ces médicaments ne constituent que des placebos. Si elles ne tombent pas enceintes…c’est plutôt un coup du hasard, c’est l’effet psychologique. La biologie renseigne que la trajectoire des spermatozoïdes est une véritable partie de sprints et que le premier n’atteint pas toujours la ligne d’arrivée.

Bref, il est opportun pour les parents et les éducateurs de s’investir dans la culture citoyenne de valeurs pour le développement de la société congolaise. Comme on dit le grand héritage qu’un parent peut laisser à ses enfants, c’est l’éducation. Les parents ne doivent pas se dédouaner de leurs responsabilités dans la famille.

[Saint Hervé M’Buy]