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RDC : Plus de la moitié de la population estimée comme étant en insécurité alimentaire

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Le Programme alimentaire mondial (PAM) et l’institut international de recherche sur la politique alimentaire (IFPRI) ont présenté la restitution de l’analyse détaillée de la sécurité alimentaire et de la vulnérabilité en RDC. Cette rencontre a eu lieu en présence du ministre de l’Agriculture et Développement rural Jean-Chrysostome Vahamwiti.

Cette étude démontre que la sécurité alimentaire en RDC demeure une grande préoccupation avec plus de la moitié de la population estimée comme étant en insécurité alimentaire soit sévère ou modérée, a fait savoir Dr John Ulimwengu de l’IFPRI au cours de sa présentation. 

Selon lui, l’analyse approfondie de la sécurité alimentaire et de la vulnérabilité (CFSVA) fournit une cartographie de l’insécurité alimentaire en RDC ainsi que ses causes, permettra de guider le gouvernement, les agences des Nations unies, y compris le PAM et les autres organisations humanitaires à élaborer et mettre en œuvre des stratégies appropriées pour répondre aux besoins des personnes touchées par cette insécurité. Il a fait savoir que l’enquête a été menée en 2011-2012 et a couvert 24.884 ménages ruraux dans 10 provinces avant d’ajouter une approche par échantillonnage stratifié et à plusieurs degrés a été utilisée pour obtenir des estimations d’un ensemble d’indicateurs de sécurité alimentaires aux niveaux territorial, provincial et national. 

Cependant, a indiqué Dr John Ulimwengu, plus de 10 ménages ruraux sur chaque 100, soit environ 7,5 millions de personnes vivant dans les milieux ruraux sont en insécurité alimentaire sévère. Et de souligner, l’Equateur est la province ayant le plus grand nombre absolu de personnes en insécurité alimentaire en raison de son importante population rurale combinée avec la proportion relativement élevée de ménage en insécurité alimentaire (60%). Aussi, a-t-il poursuivi, la prévalence des ménages en insécurité alimentaire dépasse également la moyenne nationale dans le Sud-Kivu (64%), le Kasaï-Oriental (62%), la province Orientale (58%), et le Katanga (57%).

En plus de différence spatiale dans la prévalence des ménages en insécurité alimentaire, il y a des facteurs socioéconomiques qui affectent la sécurité alimentaire des sous-groupes de la population, a-t-il évoqué. Ainsi, les ménages les plus pauvres qui ont des moyens limités pour l’achat de nourriture et sont souvent de petits exploitants agricoles, dépendant de leur propre production de petite récoltes destinées à la consommation. Tandis que les ménages qui s’engagent dans le travail agricole en échange d’un salaire, et ceux dont le chef n’est pas instruit, sont plus souvent exposés à l’insécurité alimentaire par rapport aux autres ménages. 

Par contre, les ménages en insécurité alimentaire modérée ont une consommation alimentaire à la limite ou acceptable. Mais, ils courent un risque élevé de basculer dans l’insécurité alimentaire sévère, car ils utilisent des stratégies de survie négatives qui affectent leur productivité, les rendant ainsi très vulnérables lorsque de choc affectent la disponibilité des vivres. Aussi, a-t-il relevé, la privation des calories est un bon indicateur de l’insécurité alimentaire des ménages, même si les résultats nécessitent d’être interprétés avec prudence en raison des limitations générales que présente le calcul de la carence en calories.

Par ailleurs, il est important de prendre des mesures pour faire face à cette situation précaire de la sécurité alimentaire. Il s’agit notamment de la promotion de la production agricole des petits exploitants agricoles pour élargir l’approvisionnement alimentaire et augmenter les revenus des ménages dans les zones ciblées. Le gouvernement et ses partenaires doivent encourager la relance de la production alimentaire des petits agriculteurs en leur facilitant l’accès aux semences et engrais. Ensuite, la promotion de l’innovation agricole ainsi que la promotion de la micro finance car en RDC, l’accès au crédit bancaire est réservé principalement aux grands importateurs de produits alimentaires. 

Pour sa part, le ministre de l’agriculture et du développement rural qui a suivi cette présentation, s’est engagé à transmettre cette étude au premier ministre puis au chef de l’Etat afin d’ouvrir un débat sur cette question pour répondre aux défis de la sécurité alimentaire soulevée par cette étude. Toutefois, Jean-Chrysostome Vahamwiti a sollicité au PAM et aux autres partenaires qui ont élaboré le CFSVA de mener deux autres études spécifiques qui vont notamment porter sur l’évaluation de la production nationale et établissement d’un fichier de producteur avec leurs caractéristiques. Il a aussi insisté sur la mise en place d’un fonds national de développement agricole. 

En outre, le ministre de l’agriculture a salué les résultats de cette étude. Laquelle va permettre au gouvernement et ses partenaires de faire des programmations avec des chiffres crédibles. Ce, avant de reconnaitre qu’il y a un manque criant des statistiques dans le domaine agricole. Il a fait savoir qu’il y a des efforts en cours pour renforcer le système des statistiques en RDC, un système qui sera avantageux même pour le gouvernement et les ONG pour avoir des données fiables. 

[MAMOU]