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La faim est toujours présente en RDC

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La faim est toujours là présente dans nombre de familles des Congolais alors que la RDC dispose de tous les atouts pour assurer la sécurité alimentaire à ses millions d'habitants. Pour " ne pas mourir de faim ", les Congolais sont obligés de se nourrir de n'importe quoi notamment les surgelés importés de l'Europe et de quelques pays africains. Selon les chiffres publiés l'année dernière par la FAO, l'importation de ces vivres coûterait au trésor public congolais une bagatelle somme de près d'1 milliard de dollars américains par an.

A ce propos, d'aucuns se posent la question de savoir pourquoi la RDC doit-elle habituer ses citoyens à se nourrir de ces surgelés importés alors qu'avec une détermination affichée, il y a lieu de consommer la viande et du poisson produits dans les territoire national. En lieu et place des chinchards par exemple dont la valeur nutritive n'est pas évidente, les Congolais peuvent bien se régaler avec la chair des espèces telles que " sole ", " capitaine ", " malangwa ", " mboto " et d'autres.

Il y a des années, les Kinois s'approvisionnaient en ces poissons dans les alimentations grâce à la Pêcherie industrielle de Muanda (PIM). Consommer ces espèces considérées comme rares ne constituait pas en soi un luxe. Mais depuis que cette industrie a mis la clé sous le paillasson, trouver le sole et les autres espèces dans les alimentations et surtout les acheter devient difficile tant le coût est prohibitif.

Que faire ? La solution qui semble appropriée est celle de l'industrialisation de la pêche en RDC. Celle artisanale pratiquée par les petits  pêcheurs est totalement dépassée de nos jours. D'ailleurs, à l'ère de la révolution de la modernité, il n'y a pas mieux que  d'investir dans ce domaine. Il s'avère donc urgent et impérieux de créer un Office national de pêche susceptible de  produire une quantité suffisante de poissons pour ravitailler les marchés.

Si l'on prend l'exemple de la pêche qui se fait dans le lac Tanganyika avec des moyens de bord mais dont la production permet de ravitailler la province du Katanga et quelques villes de la RDC, l'on ne doit qu'encourager l'industrialisation de la pêche dans le fleuve Congo et dans d'autres grandes rivières du pays.

Parallèlement, il faut envisager la mécanisation de l'agriculture pour maximiser la production agricole. Aujourd'hui si le paysan était doté de tracteur en lieu et place de machette et houe, sa performance serait de loin plus importante.

Comme on le voit, la question de la sécurité alimentaire va sans doute être reléguée au second plan dans les années à venir dès que l'option de mettre fin à l'importation des surgelés va être levée pour faire place à l'industrialisation de la pêche et à la mécanisation agricole.

Par ailleurs, il sied de reconnaître que la plupart des Congolais qui se réfugient dans d'autres pays même africains n'ont pour argument essentiel que la sécurité alimentaire qu'ils trouvent dans ces pays d'exil.

Pour en finir avec des humiliations des Congolais à l'étranger, genre ce que nous visons actuellement avec des expulsions de Brazzaville, le seul remède est de créer des conditions de vie permettant aux Congolais de vivre en toute quiétude chez eux. Et cette quiétude est assurée premièrement lorsqu'on est sûr de trouver de quoi se nourrir le matin, à midi et le soir. C'est pourquoi, les Français appellent les choses à manger les " vivres " parce que c'est grâce  à elle que les gens vivent.

Rombaut Ot.