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RDC : Les enfants exposés à plusieurs maladies à Kin !

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La situation des enfants en République démocratique du Congo reste encore plus que préoccupante. Dans le secteur de l'hygiène et de l'assainissement, il y a à boire et à manger; des toilettes non entretenues et des latrines non aménagées sont cause de plusieurs maladies chez les enfants surtout âgé de 0 à 5 ans.

Au cours d'une descente réalisée dans la commune de Ngiri-Ngiri à Kinshasa, plusieurs témoignages ont été recueillis.

Nous avons effectué une descente au service d'hygiène de cette commune, mais l'information nous a été catégoriquement refusée.

Nous ne sommes pas autorisés à vous livrer des informations sans document officiel, lance un des responsables de ce service qui ne nous a pas décliné son identité.

Malgré notre statut de journaliste, le service d'hygiène de la commune de Ngiri-Ngiri a refusé notre entretien faute de document prouvant que nous étions autorisés à réaliser notre reportage.

Pendant notre échange, nous avons pu constater que même la commune ne dispose pas de latrines aménagées car les gens font leur petit besoin à l'air libre derrière le bâtiment de la commune.

Pire encore, les habitants puisent de l'eau dans un puits d'eau dans des conditions déplorables et pourtant le service d'hygiène partage le même bâtiment que la zone de santé de Ngiri-Ngiri.

Les latrines non aménagées représentent un danger permanent pour la santé des enfants qui sont victimes de plusieurs maladies et qui leur sont parfois fatales.

Selon le rapport de synthèse de l'enquête par grappes à indicateur multiples (MICS- 2010) sur le suivi de la situation des enfants et des femmes au niveau national, seulement 6% de la population des ménages utilisent des toilettes améliorées non partagées, 8% utilisent des toilettes améliorées qu'ils partagent avec d'autres ménages, 72% de la population utilisent des toilettes non améliorées tandis que 14% pratiquent la défécation à l'air libre.

Le même rapport indique que les disparités par rapport à l'utilisation des toilettes améliorées non partagées par les membres des ménages sont très importantes en milieu urbain (14%) et milieu rural (3%) et entre les membres des ménages les plus riches (23%) et ceux des ménages les plus pauvres (moins de 1%).

D'une manière globale, la proportion de la population qui utilise des toilettes améliorées est passée de 9% en 2001 à 14% en 2010.

Un problème réel

Mr Mauro, assistant médical et responsable du centre de santé Bambili médical, a accepté de nous recevoir et de s'exprimer en tant que personnel de santé s'occupant spécialement des enfants.

Les latrines non aménagées sont une porte d'entrée des maladies infectieuses gastro-intestinales comme le choléra, la gastro-entérite, l'amibiase et les verminoses, a déclaré l'assistant médical.

Celui-ci reconnait que son centre de santé accueille des cas des enfants victimes de ces genres de maladies, mais le plus souvent ce dernier diagnostique la verminose comme cas. La gastro-entérite ainsi que le choléra sont des cas rares.

Il a fait savoir que son centre a également comme travail de sensibiliser dans le cadre de l'éducation sanitaire.

Sans éducation, nous ne saurons pas épargner nos malades de certaines maladies, renchérit-il avant de poursuivre que le centre a des échos favorables des parents qui respectent les normes.

Au centre de santé Bambili, les malades affluent et plus précisément les enfants ; par mois le centre d'accueille, selon son responsable, plus ou moins 12 cas de malades victimes de verminoses, 20 à 25 cas d'amibiases voire 30. Mais ils n'ont eu jusque là aucun cas de décès. Il a, par ailleurs demandé à l'état de s'organiser et de mettre à la disposition des hôpitaux, des bons dépôts pharmaceutiques.

Quand on a de bons produits pharmaceutiques, il y aura de bons résultats, ajoute notre interlocuteur, indiquant que dans la plupart des laboratoires de Kinshasa, il n y a pas de bons produits puisqu'ils proviennent souvent de l'Inde alors que nombre de médecins préfèrent des produits provenant de l'occident qui traitent bien. Pour lui, pour que les enfants ne tombent pas malades, il faut que les latrines soient bien entretenues et restent dans des conditions hygiéniques acceptables.

L'Etat, premier responsable

Dans cette commune de Ngiri-Ngiri, nous avons circulé pour recueillir les avis des habitants, ceux qui utilisent les latrines aménagées comme ceux qui ne les utilisent pas.

Tigana ; étudiant : je reconnais que les latrines non aménagées sont la cause de beaucoup de maladies, nous confie-t-il, avant de conseiller aux parents d'interdire leurs enfants de fréquenter les toilettes communes et surtout quand elles ne sont pas bien entretenues.

Selon lui, l'Etat doit rendre le service d'hygiène encore plus efficace comme cela se faisait avant pour se rendre compte de la santé des populations et surtout des enfants qui sont les plus vulnérables.

Le jeune étudiant a ensuite invité l'UNICEF à réaliser beaucoup de campagnes de vulgarisation pour inciter les parents à entretenir les latrines car cela va de la santé de leurs enfants.

Gertrude Kembi, ménagère : pour elle, les enfants sont exposés aux infections quand les latrines ne sont pas bien entretenues et il n y a aucune politique de l'Etat allant dans ce sens.

Le pauvre service d'hygiène de la commune ne cherche que son argent, en lieu et place de désinfecter les latrines, explique cette ménagère.

François LOKOLE, père de famille : selon M. Lokole, jadis il y avait un agent du service d'hygiène qui passait chaque mardi dans le quartier pour désinfecter les latrines.

Aujourd'hui, ces gens passent seulement pour l'argent avec des produits qui ne durent que l'espace d'une minute, dit-il. Ces agents sont parfois objet des insultes ou sont carrément chassés par la population.

Notre interviewé rappelle le rôle prépondérant de l'Etat qui doit protéger la population et non la truander.

De l'avis de plusieurs observateurs, la plus grande responsabilité incombe à l'Etat qui doit être le premier à s'occuper de sa population. Il doit mettre tout en œuvre pour que la santé des enfants soit bonne. Pour ce faire, il faut développer une politique d'hygiène accompagnée d'un suivi, en vue de garder les latrines propres et entretenues pour la santé de nos enfants.

(pAr Pathou kinzala Nkuka)