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RDC : Le choléra continue de faire plusieurs victimes en Ituri

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Casse-tête permanent pour les acteurs et responsables de la santé publique, l’épidémie de choléra continue de faire plusieurs victimes dans la province de l’Ituri, où 11 des 17 aires de santé de la zone de santé de Bunia sont toujours en proie à cette maladie.

La Division provinciale de la santé de l’Ituri révèle que 169 cas dont quatre décès ont été enregistrés  entre le 18 janvier et le 22 février courant. Selon des sources humanitaires, tous les malades sont pris en charge au Centre de traitement de choléra (CTC) construit par Médecins sans frontières (MSF) au sein de l’Hôpital général de référence (HGR) de Bunia.

Au regard du développement inquiétant de l’épidémie, l’Organisation non gouvernementale Solidarités International à travers le mécanisme de Réponse rapide aux mouvements de population (RRMP) à mis en place 20 points de chloration dans les quartiers affectés. Elle a également apporté un appui en intrants et matériels pour l’installation de 28 points de lavage des mains.

Dans le cadre de la lutte contre cette pathologie, la sensibilisation à travers les radios locales et les compagnies de télécommunication présentes dans la région seront  mises à contribution pour passer des messages éducatifs à la population. Actif sur le terrain, MSF qui approvisionne le Centre de traitement de choléra (CTC) en eau, projette la construction d’un forage à l’Hôpital général de référence (HGR) de Bunia et plaide pour la contribution d’autres acteurs du secteur Eau, hygiène et assainissement ainsi que des autorités locales.

L’autre situation qui préoccupe au plus haut point les acteurs du secteur Protection et de droits de l’homme dans la province de l’Ituri, c’est la série d’enlèvements observée depuis mai 2015 sur l’axe Mambasa-Biakato.

En fait, ce phénomène prend de l’ampleur et sème la psychose au sein de la population. Actuellement, des kidnappeurs ne ciblent que des autorités locales et des hommes d’affaires de la région à qui ils demandent une rançon.  La panique est telle qu’on redoute que ces enlèvements ne puissent s’étendre à d’autres catégories, telles que les acteurs humanitaires. Un tel cas de figure risquerait de restreindre l’espace humanitaire.

Les personnes déplacées internes (PDI) qui vivent dans des familles d’accueil et les autochtones ont un accès limité aux champs, notamment dans les localités de Bella et de Biakato, à cause de l’insécurité et des enlèvements.  De même, prévient-t-on, si cette restriction persistait, près de 14 000 personnes déplacées internes (PDI) et les 30 000 habitants de cette partie de Mambasa pourraient être affectés à l’insécurité alimentaire.

Pour corroborer ce qui précède, le Bureau conjoint des Nations Unies pour les droits de l’homme (BCNUDH) a enregistré au moins 50 cas d’enlèvement entre mai 2015 et janvier dernier dans le Territoire de Mambasa.

Au registre sécuritaire, la coordination de l’Unité nationale d’exécution du programme du désarmement, de démobilisation et réinsertion (UNPDDR) fait état de la sortie de 51 enfants des forces et groupes armés depuis le début de l’année en cours. Ces enfants se trouvaient dans les rangs du groupe armé Front de résistance patriotique de l’Ituri (FRPI), actif dans le sud Irumu et des miliciens Maï-Maï dans le territoire de Mambasa.

De 2004 à 2015, cette structure  a enregistré environ 3 000 enfants sortis des forces et groupes armés à travers la province de l’Ituri. L’année dernière, 345 autres enfants étaient sortis des groupes armés contre 318 en 2014.  C’est à juste titre que l’UNPDDR se félicite du travail abattu à travers ses activités financées par UNICEF, la mission onusienne en RDC, la Banque mondiale et le Gouvernement congolais.

Dans l’entre-temps, d’autres acteurs de Protection de l’enfant déplorent la poursuite des recrutements des enfants dans le Sud  du territoire d’Irumu et de celui de  Mambasa, où ils sont victimes de plusieurs autres abus (enrôlement de force dans les groupes armés, victimes des viols, des travaux forcés, d’esclavage sexuel…).

Par ailleurs, dans le cadre de la réinsertion,  AJEDEC a facilité la réintégration scolaire de 172 enfants dont 90 filles en 2015. Outre la poursuite des enrôlements des enfants, les acteurs de protection de l’enfant sont préoccupés par les conflits cycliques dans le Sud Irumu, qui ne permettent pas la mise en œuvre des projets durables et de développement pour les enfants qui sortent des groupes et forces armés.

[Dovin Ntelolo Diasonga]