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CENI : « KABILA » veut fabriquer un bureau acquis à sa cause

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À la Commission électorale nationale indépendante (Céni), la démission de l’abbé Malumalu a ouvert la voie à une profonde restructuration de la Centrale électorale. Après la fronde du G7, la Majorité présidentielle a sauté sur l’occasion pour régler ses comptes aux membres de la Céni qui ne sont plus de son obédience ou qui n’entrent plus dans son schéma. Ce deuxième grief a obligé André Mpungwe, pourtant estampillé PPRD, de quitter son poste de vice-président de la Céni. Après l’éjection de Mpungwe, c’est sur le questeur, repris préalablement dans le quota du Mouvement social pour le renouveau (MSR), que se concentre l’attaque. Au niveau de l’Assemblée nationale, des tractations sont en cours pour pourvoir à sa succession.

La Majorité présidentielle poursuit son travail de nettoyage de la Commission électorale nationale indépendante (Céni). Après avoir obtenu la démission d’André Mpungwe, précédé bien avant par le départ précipité de Malumalu, la MP loge ses pions. Dans son viseur se trouve également le questeur, contraint à rendre le tablier. Comme dans un puzzle, la MP a une obsession : se fabriquer un bureau totalement acquis à sa cause.

À la Commission électorale nationale indépendante (Céni), la démission de l’abbé Apollinaire Malumalu a ouvert la voie à une profonde restructuration de la Centrale électorale. Après la fronde du G7, la Majorité présidentielle a sauté sur l’occasion pour régler ses comptes aux membres de la Céni qui ne sont plus de son obédience ou qui n’entrent plus dans son schéma. Ce deuxième grief a obligé André Mpungwe, pourtant estampillé PPRD, de quitter son poste de vice-président de la Céni.

Après l’éjection de Mpungwe, c’est sur le questeur, repris préalablement dans le quota du Mouvement social pour le renouveau (MSR), que se concentre l’attaque. Au niveau de l’Assemblée nationale, des tractations sont en cours pour pourvoir à sa succession.

Basengezi : un schéma bien tracé

Néanmoins, le PPRD a trouvé un remplaçant à André Mpungwe. C’est sur Norbert Basengezi, ancien vice-président de la CÉI (Commission électorale indépendante) entre 2003 et 2011, que le parti présidentiel a porté son dévolu. Mentor de l’abbé Malumalu à la CÉI, Basengezi est sorti de l’ombre avec les élections de 2006. Pour une première expérience électorale en RDC, après un passage à vide de près d’un demi-siècle, la CÉI s’était montrée à la hauteur de la tâche, contrairement au mandat chaotique du pasteur Ngoy Mulunda, entre 2011 et 2013, à la tête de la Céni. Techniquement, Basengezi est donc un fin connaisseur des questions électorales.

Aux côtés de Corneille Nangaa, pressenti président de la Céni par la volonté des confessions religieuses, Basengezi a une fois de plus rendez-vous avec l’histoire. C’est sur ce couple que reposera le succès, ou le chaos, des élections de 2016.

Mais, au-delà des considérations techniques, le choix de Basengezi s’inscrit dans un schéma bien tracé. Contrairement à Corneille Nangaa, qui n’a pas une coloration politique clairement définie, Norbert Basengezi est un militant confirmé du PPRD.

Il fait partie de l’aile dure du parti présidentiel ; celle qui a juré de tout mettre en œuvre pour contourner le verrou constitutionnel qui empêche le chef de l’État, Joseph Kabila, de prétendre à un troisième mandat fin 2016. C’est sur cette base strictement stratégique, croit-on, qu’il a été préféré à André Mpungwe à la vice-présidence de la Céni.

Tandem Nangaa - Basengezi

Que dire alors du tandem Nangaa – Basengezi ? En réalité, le PPRD mise sur Basengezi pour avoir parfaitement le contrôle de la Céni. Il serait ainsi chargé d’étouffer Corneille Nangaa pour asseoir l’emprise de la Majorité sur la Centrale électorale. Le raisonnement de la Majorité est simple.

Même si la MP adhère totalement au choix de Nangaa, elle craint que ce dernier n’échappe à son contrôle dans les moments fatidiques. Sur ce chapitre, André Mpungwe ne la rassurait pas. Aussi, a-t-elle cherché par tous les moyens – ce qu’elle a finalement obtenu – à le défenestrer. De là à penser que Basengezi serait chargé d’une mission précise, celle de régenter toute la Céni, il n’y a qu’un pas vite franchi.

Comme le choix porté sur lui est entériné à l’Assemblée nationale – le contraire étonnerait – Basengezi deviendrait au sein du bureau la personne la mieux outillée en matière électorale, compte tenu de son passé à la CÉI. Ses mandants attendraient qu’il joue le rôle du vrai patron de la Céni, donc au service du PPRD, son parti politique d’appartenance, et de la Majorité présidentielle.

À tout prendre, le PPRD est en train de verrouiller la Céni. Il ne faut pas oublier que, dans le schéma du glissement, la Majorité au pouvoir n’exclut pas l’éventualité, comme au Congo/Brazzaville, d’un référendum constitutionnel.

Si l’on en arrivait à cette éventualité, c’est encore la Céni qui serait au centre du dispositif référendaire. Pour la MP, la Céni est une pièce maîtresse dont elle tient à avoir totalement le contrôle. En replaçant ses pions, la MP assure également l’avenir politique des siens.

[lePotentiel]