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RDC : Profil idéal pour le prochain président

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Selon la Constitution, adoptée par référendum en 2005, le peuple du Congo-Kinshasa doit renouveler ou reconduire son Président de la République tous les cinq ans. En 2016, ce sera impérativement le renouvèlement, après deux mandats électifs de Joseph Kabila.

Le Président de la République étant le personnage de l’État le plus important du régime constitutionnel congolais, sa désignation doit donc tenir compte non pas des ambitions personnelles des candidats mais des aspirations profondes du peuple et des besoins réels de la nation.

Au-delà des critères (généraux) d’éligibilité retenus par la loi électorale, les candidats qui affronteront tout l’électorat national pour cette fonction devront donc le convaincre par leurs projets de société ou leurs programmes de gouvernance répondant aux besoins vitaux et de survie de la nation.

Dans toutes les démocraties, lorsque tous les candidats sont placés dans les mêmes conditions de compétition, la campagne électorale apparaît comme l’exercice le plus intéressant, qui permet de jauger le degré de maturité d’un peuple face à son destin.

Compte tenu des réalités sociopolitiques de notre pays, cette analyse se veut une contribution au travail des organisations de la société civile pour mettre les électeurs en garde contre des choix qui risquent de compromettre pour longtemps encore l’avenir du pays, en perpétuant les crises de légitimité, en accentuant les inégalités sociales, en fragilisant la cohésion nationale ou en mettant en danger l’intégrité territoriale.

Mettre fin aux crises de légitimité

La crise de légitimité a chaque fois été le prétexte et la source de tous les problèmes (guerres, rébellions, milices, dictatures, menaces de balkanisation,…) que connaît notre pays depuis son accession à la souveraineté internationale.

C’est pourquoi elle figure en bonne place dans l’exposé des motifs de la Constitution adoptée par référendum en 2005 : «Depuis son indépendance, le 30 juin 1960, la République Démocratique du Congo est confrontée à des crises politiques récurrentes dont l’une des causes fondamentales est la contestation de la légitimité des institutions et de leurs animateurs.

Cette contestation a pris un relief particulier avec les guerres qui ont déchiré le pays de 1996 à 2003.

En vue de mettre fin à cette crise chronique de légitimité et de donner au pays toutes les chances de se reconstruire, « les délégués de la classe politique et de la Société civile, forces vives de la Nation, réunis au Dialogue inter- congolais, ont convenu, dans l’Accord global et inclusif signé à Pretoria en Afrique du Sud le 17 décembre 2002, de mettre en place un nouvel ordre politique, fondé sur une nouvelle Constitution démocratique sur base de laquelle le peuple congolais puisse choisir souverainement ses dirigeants, au terme des élections libres, pluralistes, transparentes et crédibles ».

Tel que rédigé, ce texte permet d’espérer que si le pouvoir est effectivement remis au peuple, les crises de légitimité au niveau des institutions et de leurs animateurs appartiendraient désormais à l’histoire.

Tel n’a cependant pas été le cas ni en 2006 ni encore moins en 2011, avec des résultats électoraux non seulement contestés mais qui ont respectivement débouché sur les affrontements armés entre les troupes de Jean-Pierre Bemba et les forces loyales et sur la crise majeure consécutive au duel électoral entre Etienne Tshisekedi et Joseph Kabila.

Tout cela témoigne, de la part des organisateurs des élections et de certains acteurs nationaux et internationaux impliqués, de l’absence quasi-totale de la volonté réelle de placer le peuple au centre de son destin. Sinon, depuis la signature historique de l’Accord cadre de Sun City, tout serait constamment mis en œuvre pour que le peuple soit pleinement informé de ses droits de souverain primaire, de sorte qu’il lui soit laissé la liberté de choisir ses dirigeants, en toute transparence et sans interférence.

A considérer les réalités sur terrain, ce n’est donc plus un problème de la Constitution ou de la loi électorale mais plutôt celui d’hommes. C’est pourquoi, nous pensons qu’il convient de sensibiliser ce peuple pour qu’à partir de maintenant, il s’organise pour être vigilant aux prochaines élections afin de se débarrasser, dans toutes les circonscriptions électorales, de tous les candidats, peu importe leur famille politique, qui ont le sang des Congolais sur leurs mains et ça sera un premier pas vers la paix, la démocratie et l’État de droit.

L’expérience récente a montré qu’il faut se méfier de la justice et de la Commission électorale, qui laissent n’importe qui se présenter aux élections avec arrogance et sûr de les gagner alors que sa place devrait se trouver à la Haye(CPI) ou dans les prisons nationales, dans lesquelles sont de plus en plus envoyés des concurrents gênants et innocents.

Réduire les inégalités sociales

Chaque année, le gouvernement de la RDC proclame des taux de croissance économique qui contrastent avec le vécu quotidien de la population. Ces chiffres flatteurs donnent l’impression que les gouvernants et les gouvernés vivent dans deux espaces géographiques ou temporels très éloignés l’un de l’autre.

D’un côté, c’est une minorité qui ne fait que s’enrichir insolemment et de l’autre côté, la majorité qui peine à trouver de quoi se nourrir pour survivre, accéder aux soins de santé de qualité et instruire leurs enfants.

 Mais lorsque le mandat électif touche à sa fin, des bilans largement positifs sont dressés et alignés pour vanter des réalisations sans aucun impact social visible.

Avec tout le mépris envers le peuple, on se précipite à inaugurer des ouvrages entièrement financés par la coopération internationale ou à poser ça et là la première d’un barrage hydroélectrique, d’une cimenterie, d’une université ou d’un hôpital, d’une sucrerie ou d’une route qui ne seront même pas construits durant tout le mandat.

 A titrer d’exemple, il y a la Cité des pêcheurs de Kinkole, avec une première pierre posée par le ministre de l’Agriculture, Pêche et Élevage du gouvernement Gizenga II, annonçant la construction d’une chambre froide pour les pêcheurs et d’une salle d’Ichtyologie pour la recherche scientifique sur les poissons.

Nous sommes en 2015, la population continue d’attendre que ces constructions jaillissent des rives du fleuve Congo sur le Pool Malebo à Kinkole.

Malheureusement, ce n’est pas la seule première pierre posée dans notre pays au cours de ces dix dernières années : on se souviendra de celles posées pour le barrage de Katende au Kasaï-Occidental, pour la sucrerie de Lotokila en province orientale, etc.

Pendant la campagne électorale et pour bien se moquer du souverain primaire, les candidats lui jettent quelques « cadeaux » ponctuels sous forme de tee-shirts, de boissons, d’arrêtés ministériels d’agrément d’universités et instituts supérieurs non viables et qui ne produisent que des chômeurs, de fournitures scolaires et de paiement sélectif de quelques factures de maternité ou d’hospitalisation.

Tout ce carnaval politique est souvent couronné par des concerts de musique accompagnés des danses obscènes pour faire oublier à la population toute la misère et toutes les frustrations accumulées durant les cinq dernières années.

Désorienté et ne sachant même pas que c’est à lui que revient la noble tâche de faire le tri et de recruter le personnel du pouvoir constitutionnel, le peuple élit naïvement ses nouveaux tortionnaires ou reconduit aveuglement les mêmes.

Ainsi continue le cercle vicieux, du peuple de plus en plus pauvre produisant une classe politique de plus en plus riche, égoïste, cynique, arrogante et gouvernant par défi.

Pour fuir cette misère et comme si cela ne suffisait pas, de milliers de jeunes Congolais ainsi que leurs familles se font escroquer chaque année par des arnaqueurs qui leur présentent, sur internet, plusieurs fausses possibilités d’immigration ou d’emploi notamment au Canada, aux USA ou même en Europe.

Certains vont jusqu’à croire que ceux qui s’y trouvent déjà sont égoïstes et de mauvaise foi, lorsqu’ils tentent de leur communiquer la procédure légale à suivre. Pendant ce temps, dans tous les pays d’accueil, il est chaque fois demandé aux Congolais ce qui les pousse à fuir leur si beau et riche pays qui aurait pu être la meilleure destination pour beaucoup d’Africains, d’Européens et d’Asiatiques.

Plusieurs en arrivent à la conclusion, pas tout à fait incorrecte, que les Congolais sont un peuple amorphe qui laisse ses immenses ressources naturelles aux mains d’une poignée d’individus, toujours les mêmes, et de leurs complices occidentaux auprès desquels ils se font légitimer en amont pour ensuite organiser des mascarades d’élections. La récente visite de certains membres de l’opposition congolaise aux U.S.A. confirme ce point de vue.

Pour changer cet état de choses et permettre une redistribution équitable du revenu national, nous pensons qu’il est temps pour ce peuple de mettre lui-même fin à sa misère en sanctionnant par les urnes tous ceux qui ont abusé et tous ceux qui sont susceptibles d’abuser de leur mandat des années durant en faisant de la politique une carrière et non un service.

Cela n’est possible que si les intellectuels et tous les hommes et femmes instruits s’impliquent pour éveiller ce peuple afin que le personnel du pouvoir d’État à recruter en 2016, le Président de la République en tête, soit celui qui vient servir et non se servir.

La méfiance devra être le maître mot envers : « les politiciens de carrière qui n’ont rien fait de socialement visible et profitable, les vagabonds politiques qui se blanchissent à chaque échéance électorale au travers de différentes formations et familles politiques ainsi que ceux qui tentent ou auraient déjà tenté de tordre le coup à la Constitution et à la loi électorale pour se maintenir au pouvoir pour leurs propres intérêts ».

Sous d’autres cieux, où la justice n’est pas instrumentalisée comme la nôtre, plusieurs de nos dirigeants auraient un casier judiciaire ne permettant pas à la Commission électorale de les déclarer éligibles.

C’est pourquoi, chaque Congolais instruit doit user de son influence auprès de sa famille et dans sa communauté pour les mettre en garde, dès maintenant et jusqu’aux élections, contre des choix qui viendraient accentuer les inégalités sociales. N’est-il pas écrit dans le préambule de la Constitution que : «L’injustice avec ses corollaires, l’impunité, le népotisme, le régionalisme, le clanisme et le clientélisme, par leurs multiples vicissitudes, sont à l’origine de l’inversion des valeurs et de la ruine du pays? »

Éviter de fragiliser la cohésion nationale

Tout pouvoir non démocratique fragilise la cohésion nationale et cela peut se manifester de plusieurs manières : utilisation de l’armée et des services de sécurité au service des individus et du régime et non de la République, refus systématique de la contradiction, refus systématique de trouver de solutions consensuelles avec l’opposition aux questions d’intérêt national, restriction des libertés fondamentales se traduisant par l’instrumentalisation de la justice pour réduire les adversaires politiques au silence.

Il y a aussi la nomination déséquilibrée des animateurs des institutions au profit de quelques provinces ou ethnies, le cycle permanent de négociations et dialogues débouchant sur des gouvernements d’union ou de cohésion nationale, et ce, en violation fragrante de la Constitution, etc. Sans tabou ni faux fuyant, quelques exemples méritent d’être évoqués ci-dessous pour le démonter.

De Mobutu à Joseph Kabila en passant par Laurent-Désiré Kabila, tous les experts et tous les observateurs neutres s’accordent pour relever que la plus grande faiblesse de l’armée congolaise réside dans le fait qu’elle n’a jamais été véritablement une armée nationale aussi bien dans ses missions qu’au niveau des hommes appelées à la commander.

 L’uniforme et les armes achetés par le contribuable congolais sont régulièrement utilisés par l’armée et la police pour semer la terreur et réprimer disproportionnellement et dans le sang les simples civils.

Des exemples foisonnent : massacre des étudiants à différentes époques sur les cités universitaires, massacre des creuseurs de diamants à Katekelayi/Mbuji-Mayi en 1979, massacre des adeptes de Bundu dia Kongo en 2007 et 2008, répressions sanglantes contres les militants de l’UDPS avant et après les élections de 2011, répression des manifestants contre la loi Boshab en janvier 2015, etc.).

Mais là où il faut faire la démonstration de cette « force » pour défendre l’intégrité territoriale, on fait plutôt recours aux troupes étrangères même contre de petites rébellions et milices (Shaba I et Shaba II, FDLR, Maï-Maï, etc.) sans tenir compte des conséquences sur la souveraineté nationale.

De même que Mobutu s’était entouré des chefs militaires majoritairement originaires de l’Équateur, depuis l’arrivée au pouvoir de l’AFDL, l’armée, la police et les services de sécurité sont majoritairement composés et dirigés par les originaires des provinces de l’Est (le Katanga en tête), parmi lesquels certains entrent ou sont intégrés dans l’armée directement avec grade d’officier supérieur.

Tout ceci est fait en violation de la Constitution et de la loi organique portant organisation et fonctionnement des forces armées de la République démocratique du Congo, qui consacre son caractère national et non ethno-régional de façon « à assurer une participation équitable et équilibrée de toutes les provinces ; cet équilibre se trouve à tous les niveaux de l’armée, en tenant compte de la représentation des tribus, d’ethnies et des femmes, sans distinction de langue ou de religion ».

Expert militaire et analyste des questions géopolitiques et géostratégiques, Jean-Jacques Wondo constate que : « Malheureusement, les nominations des généraux intervenues en juillet 2013 ont mis en lumière cette tendance éthno-régionale, avec plus de 65% des généraux promus originaires des provinces orientales du Congo. Les récentes nominations à la tête des Grandes Unités des FARDC sont venues consolider cet état des choses. On assiste donc aujourd’hui à une +swahilisation+ des FARDC qui mime l « équatorialisation » des FAZ sous Mobutu ». (Jean-Jacques Wondo, Les forces armées de la R.D.Congo : Une armée irréformable?, Déc. 2014, p.174).

Toutes ces informations, qui n’ont rien de subversif, sont authentiques et ne peuvent être cachées au public sous quelque prétexte de sécurité que ce soit car elles figurent dans les ordonnances présidentielles rendues publiques le plus officiellement du monde et disponibles tant au Journal officiel que dans des organes de presse (Digitalcongo, Le Potentiel, Kongo times, …).

Ce qui intrigue davantage, c’est que parmi ces heureux promus, il y a même des officiers généraux qui n’ont jamais suivi la moindre formation militaire (Jean-Jacques Wondo, ibid) et par conséquent prêts à trahir la nation devant l’ennemi ou à utiliser, contre les faibles civils, toute forme de violence disproportionnée pour défendre non pas le territoire national mais le régime qui a fait appel à eux au détriment d’autres compatriotes plus méritants.

Paradoxalement, ce sont justement les provinces de l’Est qui sont les plus exposées à l’insécurité et qui constituent le ventre mou du pays, par lequel sont expérimentés tous les plans de balkanisation et d’infiltration du territoire et de pillage des ressources naturelles. (Lire J. Kankwenda Mbaya et F.Mukoka Nsenda (eds), 2003 : La RDC face au complot de balkanisation et d’implosion, CRIDES, Kinshasa-Montréal-Washington, 416 p.).

Ce qui est dit de l’armée et des services de sécurité vaut également pour le gouvernement, conformément au prescrit de la Constitution en son article 90 al.3 : « La composition du gouvernement tient compte de la représentation nationale ».

Dans les faits cependant, on observe que pour des raisons non justifiées, le Katanga a le droit de la surreprésentation, avec certains postes ministériels (justice et défense…) qui lui sont presqu’exclusivement réservés depuis l’avènement de l’AFDL au pouvoir, en plus de compter le plus grand nombre de hauts responsables dans la magistrature(nous savons de quoi nous parlons), dans l’armée, dans la police et dans les autres services de sécurité.

Comment un gouvernement peut-il alors être qualifié de cohésion nationale ou susceptible de favoriser cette cohésion lorsque, dans sa composition, trois provinces sur les onze actuelles se tapent la part du lion avec 46%?

Avec leurs 26 députés nationaux contre seulement 13 pour le Maniema (province), les ressortissants de l’Ituri (district) en sont arrivés à dénoncer leur marginalisation en ces termes: « Nous dénonçons aussi le manque d’équité dans la composition de ce nouveau gouvernement. L’analyse montre, en effet, que trois provinces sur onze(le Katanga : 9, le Bandundu : 8 et le Maniema : 5) se sont taillées non seulement la part du lion (46% des postes ministériels) mais aussi contrôlent l’essentiel des postes juteux et stratégiques du gouvernement ».

(Source : Réseau pour la réforme du secteur de justice et de sécurité en République démocratique du Congo, RRSSJ, 15 déc.2014; http://www.rrssjrdc.org/ ».

A l’allure où vont les choses, il est fort à craindre que tout futur Président de la République soit tenté de « faire rattraper le retard » à sa province et/ou à son ethnie, avec comme conséquence la remise en cause perpétuelle de la cohésion nationale et la fragilisation du sentiment d’appartenance à une même nation, qui risquent à leur tour de réveiller les démons des rébellions, de la balkanisation et du pillage de nos ressources naturelles.

C’est pourquoi, l’heure a sonné pour que tous les hommes et toutes les femmes instruits de toutes les provinces, sans distinction, sensibilisent leurs membres de famille et de communautés pour que le prochain Président de la République, peu importe son origine provinciale ou ethnique, soit  celui  qui est jaloux de l’intégrité et de l’intangibilité du territoire national.

Celui qui mesure l’importance de la cohésion nationale en faisant de la composition du gouvernement, de l’armée et des services de sécurité une question de survie nationale et non de sa personne et/ou de son régime.

Que nos nombreux grands amis des provinces injustement favorisées ne nous en tiennent pas rigueur, car « Le Président de la République est le Chef de l’État. Il représente la nation et il est le symbole de l’unité nationale. Il veille au respect de la Constitution. Il assure, par son arbitrage, le fonctionnement régulier des pouvoirs publics et des institutions ainsi que la continuité de l’État. Il est le garant de l’indépendance nationale, de l’intégrité du territoire, de la souveraineté nationale et du respect des traités et accords internationaux. » (Art. 69 de la Constitution).

Concevoir autrement la fonction présidentielle, c’est non seulement violer la Constitution mais également réduire le Chef de l’État à un rôle de chef coutumier, qui regarde d’abord si les siens sont bien servis avant de distribuer les miettes aux autres, ceux qui acceptent de fermer les yeux sur sa gouvernance.

Conclusion

En raison de son rôle dans la marche de l’État et surtout des attributions que la Constitution confère au Président de la République, son élection laisse couler beaucoup d’encre et de salive tant au pays qu’à l’étranger.

Selon que cette élection est bien ou mal organisée, le pays peut basculer dans une crise aux conséquences dramatiques et incalculables ou amorcer un virage heureux vers une paix durable, fondatrice du développement, de la démocratie et d’un véritable État de droit.

Comme le bien ou le mal auxquels sont confrontés les chrétiens pour leur vie de l’au-delà, la maturité du peuple congolais sera jugée en fonction du choix qu’il va opérer en 2016 entre ses fils et ses filles, candidats à la magistrature suprême.

 Parmi eux, certains loups se présenteront avec l’étoffe d’agneau pour désorienter le peuple, d’autres seront des chevaux de Troie envoyés de loin avec des missions précises incompatibles avec ses intérêts, tandis que très peu, et peut-être sans beaucoup de moyens, auront du mal à se faire accepter comme sauveurs de la nation.

C’est donc maintenant que doivent agir, tels les prophètes de la Bible, tous les intellectuels, tous les hommes et toutes les femmes instruits, pour préparer l’arrivée de ce messie politique en dressant rigoureusement son profil pour que le souverain primaire l’identifie facilement.

La finalité étant de choisir, au sein de la multitude de candidats, celui qui sera apte à respecter la Constitution et le peuple pour le conduire vers son destin.

Il faudra surtout aider ce peuple à distinguer les vrais des faux prophètes, pour que le futur Président de la République soit celui qui mettra fin aux crises de légitimité, qui réduira les inégalités sociales, qui renforcera réellement la cohésion nationale et qui protégera efficacement et sans compromission l’intégrité territoriale en l’éloignant du spectre de la balkanisation. Et alors nous pourrons apprécier et matérialiser ces belles paroles de notre hymne national dont voici un extrait :

Dressons nos fronts

Longtemps courbés

Et pour de bon prenons le plus bel élan

Dans la paix.

[Jean-Bosco Kongolo, juriste et criminologue]