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RDC : Une loi électorale pour exclure des personnes qui aux yeux de « KABILA » sont gênant

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Joseph Kabila mijote de confectionner une loi électorale pour que les personnes n’étant pas de mère et de père congolais ne puissent pas postuler à l’élection présidentielle, c’est le cas de Kamitatu, Kengo, Katumbi, Endundo et cette loi visent beaucoup d’autres personnes qui aux yeux de Kabila sont gênant. Cela nous rappelle un peu de l’«Ivoirité», ce concept d’exclusion appliqué par Bédié et après par Gbagbo en Côte¬d’Ivoire contre Alassane Ouattara. Comme quoi, ceci montre à suffisance comment Kabila est prêt à inventer des stratégies et des stratagèmes pour conserver le pouvoir. Il est prêt à tout conciliabule et autres combines pourvu qu’il reste au pouvoir. Il n’y a que des naïfs qui croient que Kabila va céder le pouvoir sur le plateau d’or.

Kabila applique très souvent la stratégie du ballon d’essai et du caméléon. A chaque fois qu’il se retrouve en difficulté, il applique la stratégie du ballon d’essai et du caméléon du fait que ce dernier peut changer de couleurs mais jamais sa nature et enfin il applique la stratégie de la guerre d’usure. Et pour ce faire, il utilise plusieurs cartes pour atteindre ses objectifs, il avance à petit pas, il tâte le terrain, il avance masqué. Il lance une idée, il observe comment l’opinion va réagir et après il passe en force.

En 2006, face à Jean-Pierre Bemba, il a laissé pourrir les choses alors que son entourage lui a demandé d’en découdre à tout prix et très vite alors que lui disait "Subiri", ce qui veut dire en swahili bora patientez. Il a présenté Jean-Pierre Bemba à l’opinion tant nationale qu’internationale comme un va-t-en-guerre, un homme assoiffé du pouvoir, un homme brutal donc un homme dangereux, cela pour mieux le frapper et l’anéantir. Ce qui fut fait.

Comme en 2006 pour Jean¬Pierre Bemba, il a présenté Tshisekedi en 2011 comme quelqu’un qui veut mettre le Congo à feu et à sang, ce qui a poussé la CPI à menacer le père de la démocratie congolaise. Il a demandé à la CENI à sa solde de commencer à publier les résultats des provinces qui lui sont favorables pour préparer l’opinion à la publication du résultat final qui n’était qu’un hold-up électoral alors que c’est Tshisekedi qui avait gagné haut la main ces élections. 

Alors que l’opinion tant nationale qu’internationale se posait et se pose encore la question de savoir s’il va laisser ou pas le pouvoir en 2016, il a poussé l’un de ses partisans, Evariste Boshab à écrire un livre évocateur intitulé «Révision constitutionnelle ou inanition de la RD Congo» et plusieurs de ses partisans se sont répandus dans les médias pour soutenir la révision constitutionnelle et surtout du déverrouillage de l’article 220 qui devait lui permettre de se représenter, mais face à la pression de l’opposition et de la communauté internationale, il a reculé. 

La convocation et la tenue des concertations nationales n’avaient qu’une finalité celle de lever l’option de la révision constitutionnelle surtout l’article 220, encore une fois face aux tôlés et à la protestation de l’opposition et de la communauté internationale, sans abandonné l’idée de réviser la constitution, il a obtenu des concertations nationales un préalable celui de procéder au recensement des populations avant les élections. Vu la densité et la complexité de problèmes du pays, ce recensement va impérativement cautionner la prolongation de son mandat. 

Face au message sans ambiguïté et sans ambages de la communauté internationale relayé par John Kerry, Russ Feingold, Herman Cohen, Mary Robinson et d’autres émissaires et plénipotentiaires qui se résument en ceci : « Pas de changement de constitution, pas de prolongation, Monsieur Kabila tu dois partir en 2016».

Tenant compte de ce fatwa unanime contre lui, il envisage maintenant de vider le contenu et contourner l’article 220 en envisageant la révision de l’article 70 de la constitution sachant non verrouillé, pour soumettre l’élection du Président de la République au suffrage universel indirect donc par les deux chambres réunies et son mandat passera de cinq à sept ans, ceci nous amènerait à une démocratie censitaire à la place de la démocratie populaire qui présente moins de risque pour lui et qui peut lui permettre de procéder facilement à une succession à la Poutine c’est-à-dire il peut faire élire quelqu’un de son entourage pourquoi pas sa femme et lui confier le règne du pays pendant cinq ou sept ans et devenir son Premier ministre, et gardera la main de fer sur les affaires de l’Etat. L’idée de mettre sa femme a été lancée comme ballon d’essai bientôt deux ans, vu que les congolais ne l’ont pas rejeté vigoureusement donc la stratégie de voir Maman Olive succéder à son mari, le Président Kabila devient de plus en plus plausible. Tous les médias sérieux en l’occurrence Jeune Afrique, France 24, le Soir et autres analystes sérieux l’ont déjà évoqué, l’idée devient banale et vendable alors qu’au départ on avait peur de la réaction du peuple. 

La première dame apparait comme une femme de cœur, une personne très sympathique, séduisante pour la population congolaise, elle compatit facilement aux malheurs de la population même si elle le fait d’une manière ostentatoire et publicitaire mais de là à remplacer son mari au poste de président de la République, désacralise la fonction. Pas parce que c’est une femme surtout pas, lorsqu’on voit qu’il y a des femmes dans ce monde qui ont bien dirigé leur pays comme les hommes, à l’exemple de l’Allemagne avec 

Merkel, au Libéria avec Ellen Johnson, en RCA avec Catherine Samba, au Brésil avec Dilma Roussef, etc et demain aux USA il est probable que Hillary Clinton puisse présider à la destinée son pays car, elle est reconnue animée d’une intelligence et d’une compétence qui démystifient même les hommes. Mais là où le bât blesse c’est que son mari est issu d’une succession du père en fils et aujourd’hui on veut passer du mari à sa femme et demain il n’est pas exclu que les enfants succèdent à leur maman.

Nous sommes en droit de se poser la question celle de savoir si la RD Congo est une démocratie ou une dynastie?, une république ou une monarchie? 

Avant l’avènement du Président Kabila au pouvoir, on a jamais connu dans les Républiques mêmes autocratiques qu’un fils avait remplacé son père mais il a fallu l’arrivée de Kabila pour que cette succession familiale puisse servir d’exemple, cela s’est produit au Gabon, Togo et en Corée du Nord où les pouvoirs ont été transmis des pères en fils, et Kadhafi et Moubarak respectivement présidents de la Libye et d’Egypte se préparés de leurs parts aussi de laisser le pouvoir à leurs fils. Pour des raisons de convenance personnelle et de connivence, le stratège Kabila a changé en janvier 2011 la constitution que l’élection du président de la République passe de deux tours à un tour et maintenant avec l’élection du Président au second degré ça sera un quart de tour et aujourd’hui il envisage même une présidence à vie. Pendant ce temps, l’opposition est toujours sur la défensive et dans l’attentisme. Elle ne précède pas les évènements mais les subit. Sa faiblesse constitue la force du pouvoir. Si elle veut exister et peser, l’opposition doit être unie puisque l’union fait la force car l’union fait la force, l’union procure la paix, l’union engendre le progrès et doit préconiser l’unité dans la diversité, elle doit agir en réseau comme disait Stéphane Hessel (co-rédacteur de la déclaration universelle des droits de l’homme). Elle doit mettre de côté ne serait¬ce pour un temps ses divergences et ses différences le temps d’obtenir le départ de Kabila en 2016. 

L’opposition doit déjà penser d’avoir un candidat commun à défaut d’avoir un candidat unique. Personne au Congo n’est capable gagner les élections sans faire des alliances qui peuvent aller même au¬delà des clivages politiques, ethniques ou provincial.

Sarkozy disait que «la politique est une addition». Bien que la communauté internationale exerce certes la pression sur Kabila mais il appartient à l’opposition et à tous ceux qui veulent que les choses changent de bouger et de faire bouger les choses d’où la nécessité de créer un Front du refus de la révision constitutionnelle; de l’élaboration du calendrier complet et l’organisation des élections dans le délai constitutionnel.

Les conférences de presse, les déclarations dans la presse, les rencontres avec les ambassadeurs c’est bien mais ce qui est très efficace et très redoutable contre le pouvoir est de faire descendre le peuple dans la rue car, la réflexion doit nourrir l’action. Lorsque le peuple se met débout et déferle dans la rue c’est une bombe redoutable plus qu’une arme atomique et tous les dictateurs ou apprentis dictateurs les savent. Tant que l’opposition sera confinée dans les salles ou dans les médias, le pouvoir s’en moque et s’en félicite parfois en vantant que nous sommes tolérance et nous acceptons même les critiques de nos adversaires tout en disant en coulisses que le chien aboie la caravane passe.

Kabila le stratège reste aujourd’hui le seul maitre du jeu, il appelle les gens à tour de rôle que vous serez ministre, le Premier ministre etc, dès qu’il apprend que cette confidence a filtré dans l’opinion, il tourne la page de celui-là et ne l’appelle plus, c’est pourquoi on a entendu parler récemment de Boshab, Kiakwama, Kengo, Minaku, Tshibanda, Matata etc comme premier-ministrables et puis plus rien.

Kabila n’a même pas de dauphin et il l’a même répété à Kingakati mais il a une dauphine qui est sa femme. Il crée ainsi un vide autour de lui ; et dans l’opposition il cherche à éliminer, diminuer et discréditer tous les prétendants sérieux, c’est le cas de Lumbala, Diomi, Tshisekedi, Jean-Pierre Bemba etc...

Toujours dans sa stratégie, il mijote de confectionner une loi électorale pour que les personnes n’étant pas de mère et de père congolais ne puissent pas postuler à l’élection présidentielle, c’est le cas de Kamitatu, Kengo, Katumbi, Endundo et cette loi visent beaucoup d’autres personnes qui aux yeux de Kabila sont gênant. Cela nous rappelle un peu de l’«Ivoirité», ce concept d’exclusion appliqué par Bédié et après par Gbagbo en Côte¬d’Ivoire contre Alassane Ouattara. Comme quoi, ceci montre à suffisance comment Kabila est prêt à inventer des stratégies et des stratagèmes pour conserver le pouvoir. Il est prêt à tout conciliabule et autres combines pourvu qu’il reste au pouvoir. Il n’y a que des naïfs qui croient que Kabila va céder le pouvoir sur le plateau d’or. 

Comme disait un vieux sage, le pouvoir ne se donne pas. Il s’arrache. 

Moise Moni Della Idi 

secrétaire général du RCD/N 

Ancien mandataire 

Ancien ministre de Presse et informations