Home | RDC | Elections | Elections : KABILA - MALUMALU sous pression

Elections : KABILA - MALUMALU sous pression

image

Les Envoyés spéciaux de la communauté internationale dans la région des Grands Lacs et l’opposition en RD Congo s’en tiennent au « strict respect des règles et normes démocratiques en matière électorale » par la Commission électorale nationale indépendante (Ceni).

L’Américain Russ Feingold, l’Européen Koen Veraeke, la Britannique  Katherine Fox se sont entretenus dans la soirée du mercredi 04 juin 2014 en la résidence de l’ambassadeur des Etats-Unis à Kinshasa avec les opposants congolais Félix Tshisekedi et Bruno Mavungu (UDPS), Martin Fayulu (Ecide) et Emery Okundji (Fonus).

A l’unisson, ils ont appelé à des « élections transparentes et crédibles dans les délais constitutionnels et sur base d’un calendrier global ».

Respect de la Constitutions et des lois de la RDC

Ayant juré sur l’honneur de « respecter la Constitution et les lois de la République » conformément aux articles 20 et 25 de la loi organique portant organisation et fonctionnement de la Ceni, l'Abbé Malumalu est contraint de « faire observer la Constitution et la loi organique ainsi que ses règlements administratifs ».

« C’est la raison pour laquelle  la Ceni ne peut prendre aucune une initiative qui énerve la Constitution et les lois du pays », ont déclaré les délégués de l’opposition aux Envoyés spéciaux.

Ils ont souligné que « l’article 73 de la Constitution donne déjà des indications quant à la date de l’élection présidentielle en 2016 qui doit se tenir 90 jours avant l’expiration du mandat officiel de l’actuel chef de l’Etat, le 19 décembre 2016 ». Ce qui, ont-ils insisté, « oblige la Ceni à organiser les élections présidentielles et législatives en septembre 2016 ».

« L’article 197 de la même Constitution oblige la Ceni de respecter et de faire respecter le mode d’élection des députés provinciaux au suffrage universel direct. Au regard des articles 20 et 25 de la Constitution, il n’y a pas de raison pour le président de la  Ceni de s’y dérober », ont-ils argumenté.

Globalité du calendrier électoral

De prime abord, les Envoyés spéciaux de la communauté internationale dans les Grands Lacs se sont dit « respectueux de la souveraineté des Etats, des droits et libertés des citoyens du monde ».

Ils ont ensuite reconnu, avec les délégués de l’opposition politique congolaise, le « caractère participatif au processus électoral des toutes les forces politiques et sociales du pays » dont la majorité a rejeté le calendrier électoral  publié le 26 mai 2014 par la Ceni.

« Pour recréer la confiance de la population vis-à-vis de ce processus électoral et ses animateurs, les deux parties ont relevé deux éléments-clés, dont la transparence qui ne peut commencer que par l’audit du fichier électoral par des cabinets indépendants internationaux », a indiqué à la presse le député Emery Okundji des Fonus.

Il a expliqué que « cet audit devra concerner toutes les composantes,  notamment le Centre national de traitement (CNT), le serveur central, le serveur de sauvegarde (Back up) ; cet exercice fait partie de l’orthodoxie destinée à affermir la culture politique d’excellence et à asseoir la démocratie sur un socle solide ».

« Le deuxième élément-clé, c’est un calendrier global fondé sur une loi électorale également globale qui comprend l’ensemble des élections ; locales, municipales, urbaines, provinciales, sanatoriales, législatives et présidentielles », a dit  Emery Okundji. 

Se mobiliser pour vider le contentieux de 2011

Les délégués de l’opposition politique à la réunion avec les Envoyés spéciaux de la communauté internationale dans la région des Grands Lacs ont fait remarquer que « la nouvelle  nomenclature issue de la décentralisation va faire passer le nombre des circonscriptions électorales de 169 à 7265 pour les élections locales, municipales et urbaines ».

« L’astuce projetée est de se constituer de grands électeurs de l’obédience du régime en place pour autant que tous les administrateurs territoriaux  en fonction répondent de celui qui les a nommés. Quoi de plus facile que de rendre l’ascenseur à travers des élections à suffrage indirect des députés provinciaux, et plus tard, du chef de l’Etat par le même mode indirect ! », se sont-ils inquiétés.

[Bertin Kangamotema]