Home | RDC | Elections | RDC : La VSV s’est inscrit en faux contre le calendrier électoral que vient de publier la CENI

RDC : La VSV s’est inscrit en faux contre le calendrier électoral que vient de publier la CENI

image

Nouvelle activité jeudi dans la luxueuse salle des conférences du siège de la VSV, avenue des Ecuries, Kinshasa-Gombe. Au rendez-vous, des journalistes conviés à une conférence de presse à quelque quatre jours seulement après la publication, par la CENI, du calendrier des élections municipales, urbaines et locales fixées en 2015.

C’est cette actualité qui fait couler de l’eau sous le pont et qui suscite des réactions contrastées de part et d’autre. Raison pour laquelle le thème du jour retenu par la VSV a été : " Prévenir des violations des droits humains à travers un processus électoral consensuel et rassurant pour toutes les parties prenantes ". 

D’entrée de jeu, la VSV s’est inscrit en faux contre le calendrier électoral que vient de publier la CENI pour l’organisation des élections urbaines, municipales et locales. Première raison, c’est que ce calendrier n’a pas, au préalable, fait l’objet du consensus entre différentes parties prenantes, surtout les partis politiques qui vont compétir.

La VSV en veut pour preuve la réaction musclée des partis politiques qui ont pignon sur rue et qui ont rejeté ce calendrier. Qui sont les principales parties prenantes des élections, n’est-ce pas les partis politiques ? Dès lors que ces derniers émettent des contestations, c’est qu’il faut revoir tous les calculs et revenir au point de départ. 

La VSV a constaté, par ailleurs, qu’après la publication de ce calendrier, il ya eu de sentiments des surprises et des contestations dans la classe politique que la Société civile. Ce qui conduit ces dernières à douter de la bonne foi et de l’indépendance de la CENI quant à l’organisation des élections crédibles.

PROLONGER LE MANDAT

Certains encore ne se gênent pas de qualifier ce calendrier d’irréaliste au seul but de prolonger le mandat de l’actuel chef de l’Etat Joseph Kabila qui ne serait pas, selon eux, prêt à quitter le pouvoir en 2016 conformément aux prescrits de la Constitution du 18 février. 

Toutes ces controverses montrent bien que les consultations menées par la CENI avec les diverses parties prenantes n’ont récolté aucun consensus . Mais cette méfiance des acteurs sociopolitiques vis-à-vis de la CENI ne peut être résorbée que par le consensus qui veut que toutes les parties prenantes se mettent autour d’une même table. Il faut donc un consensus. Autrement, ce serait ne pas tirer les leçons du passé, les processus de 2006 et 2011 ayant tous conduit à des crises politiques majeures en Rdc. 

C’est là où la VSV demande à la CENI de se remettre en question et de revoir sa copie après concertation avec les parties prenantes. Cette démarche entre dans le cadre de la prévention des violations des droits humains inhérentes à des crises postélectorales. 

Cette Ong de défense des droits de l’homme justifie ses craintes par ce qu’elle appelle " chaos électoral " de 2011 qui a conduit à une crise de légitimité et qui a occasionné des violations des droits humains. Ce n’est pas tout au tableau noir, car elle rappelle aussi les nombreuses irrégularités qui ont émaillé le processus électoral de 2006 avec les accrochages entre la garde rapprochée de Jean-Pierre Bemba Gombo et l’Armée nationale. 

En 2005, il y a eu des morts au cours d’une manifestation pacifique consécutive au report unilatéral des élections générales par la CEI, dirigée par le même Malumalu. Après ces péripéties, les Congolais attendent plutôt de la nouvelle CENI des améliorations dans la gestion du processus électoral.

PRENDRE EN COMPTE LES AVIS

D’autre part, la VSV se préoccupe de l’impunité dont ont bénéficié les auteurs des violations des droits de l’homme au cours de ces périodes. Concernant le calendrier, la CENI est tenue de prendre en compte les différents avis émis par les parties prenantes, ce qui éviterait de marcher sur les travers du passé. 

Quant aux élections locales, elles sont indispensables. Mais la VSV note que le moment choisi, l’année 2015 n’est pas indiqué et semble répondre à des agendas cachés susceptibles de nuire aux efforts de paix, à la consolidation de la démocratie et à la commission des violations des droits humains. Les raisons avancées par la CENI pour privilégier les locales au détriment des provinciales ne convainquent personne, fait voir la VSV. 

Et de poser la question de savoir comment le même Apollinaire Malumalu, alors président de la défunte CEI, avait en 2006 renvoyé aux calendres grecques les locales pour ne privilégier que la présidentielle et les législatives. La CEI avait mis des sourdines aux réactions de l’opinion. 

Comment la CENI va-t-elle organiser ces élections locales alors que certains préalables comme l’installation des tribunaux de paix dans tous les territoires afin de connaître le contentieux électoral ne sont pas encore réalisés. Aujourd’hui, Malumalu est rattrapé par l’histoire. Pourtant, les contributions ne manquent pas pour l’élaboration d’un calendrier consensuel. 

A ce sujet, la CENCO a proposé le couplage des élections locales avec les provinciales. Ce qui permet de trouver une solution à la question des mandats des sénateurs, des députés provinciaux et des gouverneurs de provinces qui sont déjà caducs. 

En ce qui concerne la feuille de route de la CENI avec ses hypothèses qui sont des violations de l’actuelle Constitution, la classe politique et la Société civile l’avaient rejetée sans émouvoir outre mesure la CENI. Ce qui, pour la VSV, apparaît comme un manque d’indépendance.

Ont siégé à la tribune, Doly Ibefo, directeur exécutif suivi de Rostin Manketa, 1er directeur exécutif adjoint avec comme modératrice Irène Monama, assistante administrative. 

KANDOLO M.