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Malgré la corruption : Echec cuisant de la MP de «KABILA» à l'élection de gouverneur

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Echec cuisant des candidats Deo Nkusu et Darwezi à l'élection de gouverneur au Bas-Congo et en Province Orientale en République Démocratique du Congo (RDC). En votant pour Jacques Mbadu et Jean Bamanisa à la tête de ces deux provinces, les députés provinciaux de ces deux régions se rangent du côté de la population et refusent désormais le diktat du PPRD. La Majorité Présidentielle (MP) de Joseph Kabila affaiblie. Certains députés provinciaux auraient touché 70000 USD d'un candidat et 85000 USD de l'autre pour monnayer leurs votes. Où en sommes-nous avec l'Initiation à la nouvelle citoyenneté ? Les Congolais se demandent d'où est venu cet argent qui a servi de corruption à l'élection du Bas-Congo ?

Les candidats officiellement présentés et soutenus par l'autorité morale de la Majorité présidentielle (MP) et initiateur du Parti du peuple pour la reconstruction et la démocratie (PPRD) à l'élection de gouverneur et vice-gouverneur au Bas-Congo et en Province Orientale ont été battus à plate couture au deuxième tour de ce scrutin organisé hier mercredi 31 octobre 2012 dans ces deux provinces.

Les consignes données par le PPRD et la MP aux députés provinciaux n'ont donc pas été suivies. Cela a certainement affaibli la Majorité présidentielle.

Ce vote responsable est la preuve éloquente du désaveu qui pèse sur les autorités de la MP. Malgré toutes les pressions exercées contre les candidats proches de la MP ayant  refusé de retirer leurs candidatures, Deo Nkusu et Darwezi ont été copieusement battus respectivement par Jacques Mbadu au Bas-Congo et Jean Bamanisa en Province Orientale.

Ce dernier qui avait réussi à éliminer Darwezi au 1er tour, s'est imposé hier facilement devant Jean Elonga Tokole, ancien questeur de l'Assemblée provinciale.

Les députés provinciaux, constitués en majorité de membres de la plate-forme présidentielle, ont préféré voter en âme et conscience plutôt que d'appuyer les candidats imposés par la hiérarchie. Pourtant, toute la " machine " PPRD s'était déplacée dans ces deux provinces respectives pour soutenir ses pions et tenter de convaincre les indécis par des pratiques que personne n'ignore.

Au Bas-Congo, le candidat élu gouverneur aurait même été approché pour lui demander de se retirer, en échange d'un poste ministériel après un probable remaniement qui pourra s'opérer dans quelques jours ! Mais, le candidat a repoussé  l'offre, préférant mener son combat jusqu'au bout.

Les candidats PPRD n'ont pas fait le poids

De l'avis de nombreux observateurs, le candidat PPRD Deo Nkusu n'avait plus d'arguments à faire valoir devant la population du Bas-Congo, quand on sait que " Kisalu memana " vient de totaliser dix ans au poste de vice-gouverneur de cette province, sans avoir convaincu les fils et filles Ne-Kongo.

Présenté à tort comme l'homme de la situation par certains  musiciens flatteurs de Kinshasa, Deo Nkusu était totalement coupé de la réalité. La population n'acceptait plus sa présence. Surtout qu'il vient de passer quelques mois comme gouverneur ad intérim, après la démission de Simon Floribert Mbatshi Mbatshia qui siège pour l'heure à l'Assemblée nationale.

Les députés provinciaux ont donc choisi de se ranger du côté de la population en votant pour Jacques Mbadu et Jean Bamanisa. Vox populi vox dei, dit-on.

Quant à l'élu de la Province Orientale, nul n'ignore qu'il était président provincial de la Fédération des entreprises du Congo/Province Orientale. De par son engagement à répondre au bien-être de la population, Bamanisa Jean a tellement marqué le cœur des Boyomais que le barbouze et candidat PPRD Jean Darwezi ne pouvait pas faire le poids et a sombré dès le 1er tour.

Homme de terrain, le nouveau gouverneur de la Province Orientale incarne le bon choix pour sortir la population de  cette province de la misère et rompre avec la gestion chaotique de ses prédécesseurs.

Il est important de signaler qu'aux dernières élections de gouverneurs, il fut également candidat et n'avait pas eu la chance d'accéder à ce poste.

Certains analystes soutiennent que ces résultats sont aussi  la conséquence des promesses non tenues par l'autorité morale et initiateur du parti présidentiel, tant en termes de nominations que des réalisations promises dans le cadre des  fameux " 5 chantiers " dans ces deux provinces.

Non à la vengeance et à la déstabilisation !

Après ce vote, les Congolais souhaitent de tout cœur que les gouverneurs nouvellement élus travaillent librement et en toute indépendance d'esprit, sans être bousculés ni subir des menaces ou des actes de déstabilisation des perdants qui chercheraient à se venger.

Au contraire, ces nouveaux gouverneurs doivent être totalement soutenus pour leur permettre de mettre en application leurs programmes d'actions pour le développement de ces provinces et pour le bien-être des populations concernées.

Si ces élections ont mal tourné pour le parti et la plate-forme présidentiels, cela veut dire que le moment est venu pour la majorité actuelle de se remettre en question si elle tient à rebondir plus tard. Sinon, le même scénario risque de se reproduire dans les autres provinces lors du vote de gouverneurs et vice-gouverneurs et même lors de prochaines échéances électorales. A bon entendeur…

Corruption à l'élection du Bas-Congo

Ce qui s'est passé à Matadi pendant la période électorale pour le poste de gouverneur du Bas-Congo, est inadmissible et déplorable pour les autorités qui dirigent au plus haut niveau les Congolaises et Congolais.

Selon des témoins qui ont suivi de près le déroulement de ce scrutin dans la province du Bas-Congo, des candidats au poste de gouverneur de cette province se seraient livrés à la mauvaise pratique de corruption pour obtenir en retour les votes des députés provinciaux.

Pour le deuxième tour principalement, selon des sources sur place, un membre influent d'une structure politique au pouvoir serait rendu sur le lieu, proposant une somme de 50 000 $ aux électeurs, dont la moitié sur le champ et l'autre moitié après la publication des résultats.

Les bénéficiaires n'ont pas voulu l'entendre de cette oreille, trouvant imprudent de s'engager dans cette démarche et doutant ainsi de la sincérité de ce responsable au cas où les choses se tournaient autrement.

Il a fallu l'intervention personnelle d'une haute autorité du pays, président d'une importante institution, pour décanter la situation. Cette autorité a fait le déplacement de la ville de Matadi et aurait proposé la somme de 85 000 $ qu'il aurait payé cash.

L'adversaire qui n'a pas voulu se laisser faire, aurait payé 70 000 $ à chaque député provincial pour gagner le moral de tous les électeurs. En somme, les votants auraient gagné 155 000 $ pour cette élection juteuse.

Ayant appris cette sale nouvelle, la population locale, énervée, a décidé de s'en prendre à tous ces députés " corrompus ". " Ce n'est pas pour l'argent que nous avions voté pour eux ", disaient-ils dans les grandes artères de la ville. Comme s'ils étaient informés, tous ces députés ne sont plus visibles dans la ville de Matadi. Heureusement pour eux, la population est satisfaite des résultats.

Les Congolais se demandent d'où est venu cet argent qui a servi de corruption à l'élection du Bas-Congo ?

Le ministre en charge de l'Initiation à la nouvelle citoyenneté doit diligenter une enquête sans complaisance pour traduire en justice tous ceux qui se sont compromis dans cette pratique de corruption décriée par tous.

Demain, lorsque les organisations internationales attitrées publieront un rapport classant la République démocratique du Congo parmi les premiers pays les plus corrompus du monde, ce sont les mêmes autorités qui réagiront à travers des points de presse pour dire que ce rapport est fantaisiste.

[Lefils Matady]