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Formation du Gvt en RDC : Le sang va couler à la majorité présidentielle

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La chasse aux postes est effectivement ouverte. La preuve la plus irréfutable est justement cette «réclamation subtile» de certains ténors des partis politiques de la mouvance présidentielle. Ils vont droit au but comme pour réclamer leur «droit » à être dans les institutions. Surtout au sein du gouvernement, en affirmant que la distribution des cartes doit se faire au prorata des résultats au niveau de chaque province.

La chasse aux postes est déjà ouverte depuis qu’à l’horizon se profile la nouvelle configuration politique après la proclamation partielle des résultats des législatives par la CENI. Des postes à occuper au niveau du bureau de l’Assemblée nationale et au gouvernement. Avec cette note particulière autour de la désignation du futur Premier ministre. A grandes manœuvres politiques, grands calculs politiques, dirait-on.

Si la Commission électorale nationale indépendante, CENI, respecte son calendrier électoral, c’est ce lundi qu’elle publiera les derniers résultats des législatives 2011. Mais déjà, avec le gros du travail qui a été fait, spéculations et supputations rivalisent d’ardeur. Toutes les personnes intéressées se font une idée de la future majorité parlementaire et supputent autour de la future opposition parlementaire.

Dans ce dernier cas d’espèce, il faudra encore laisser le temps aux temps avant d’être fixé sur ce que sera cette opposition. Il est un fait que l’UDPS a soulevé une exception qui multiplie de nouveaux horizons politiques. Il s’agit précisément de sa décision de boycotter les travaux de la présente législature conformément à la décision prise par son président national, Etienne Tshisekedi, lequel se considère «président de la République»,portant annulation des résultats des législatives.

Cette décision de boycotter les travaux de l’Assemblée nationale divise l’Opposition. Les uns et les autres appellent à un dialogue pour dégager une position commune, tandis que d’autres se disent ne pas être concernés par cette décision de l’UDPS. Une décision lourde de conséquences pour l’Opposition qui, une fois de plus, demeure divisée. Soit.

En attendant, au sein de la Mouvance présidentielle, l’heure est à des grandes manœuvres et aux grands calculs politiques. Des voix s’élèvent pour avancer des suggestions.

La majorité parlementaire

Ce n’est pas encore de l’empoignade. Mais c’est comme si c’était déjà cela tant cette effervescence politique au sein de la mouvance présidentielle nous rappelle ce climat que l’on a vécu avant, pendant et après les élections.

Il est un fait indéniable que les premières conciliabules consisteront à mettre sur pied une majorité parlementaire confortable. Certes, au vu des résultats provisoires, le camp de la Mouvance présidentielle se frotte déjà les mains. Mais les choses n’iront pas comme sur des roulettes dans la mesure où au sein de cette même mouvance présidentielle, l’on ne s’est pas fait des cadeaux pendant la campagne électorale. Le fait que les alliés et les partenaires ne se sont pas priés pour dénoncer des irrégularités prouve à suffisance que la partie ne sera pas du tout gaie.

Ensuite, tout le monde n’a pas du tout apprécié cette «stratégie électorale» qui a été mise en place avec ce chapelet des partis politiques dont certains n’ont vu le jour que la veille des élections. Nombreux sont surpris de les voir, au vu des résultats provisoires de la CENI, réaliser un score plus important que ceux des partis qui, pendant 5 ans, ont soutenu sans relâche l’action du président Kabila, de la mouvance présidentielle. Un tel exploit politique est insolite et crée des frustrations.

Que dire du PALU, pour ne citer que ce parti, qui a dégringolé mais fortement attaché au bilan que l’on vante tant de la dernière législature ? Il est vrai que la constitution de cette majorité parlementaire se réalisera. Mais à quel prix ? Serait-ce une majorité élitiste pour faire face, de façon éloquente, à une Opposition qui a toujours misé sur l’excellence ? Ou serait-ce une majorité parlementaire pour le besoin de la cause mais qui fragiliserait l’Assemblée nationale tant sur le plan national qu’international ?

Une fois cette majorité parlementaire constituée, il y a le bureau à mettre en place. L’importance d’un bureau de l’Assemblée nationale n’est plus à démontrer. Institution chargée de légiférer, l’Assemblée nationale a également pour mission de contrôler le gouvernement. Devant les défis de la reconstruction nationale, de l’amélioration du mieux-être social de la population et de l’image du pays au plan international, le bureau de l’Assemblée nationale doit être à la hauteur de tous ces défis. Si la majorité parlementaire se constitue sans trop de difficultés, le choix des compétences ayant la passion du Congo et le sens de la rigueur s’effectuera aisément.

Il en sera de même de la désignation du futur Premier ministre. Certes, celui-ci sortira de la majorité parlementaire. Cependant, sur le plan national et international, l’on s’attend à la désignation d’un homme de poigne. Or, si au niveau de la majorité parlementaire l’on ne s’aligne pas sur l’excellence, la bonne gouvernance, l’on disposera d’un gouvernement faible, incompétent, sans autorité d’Etat. Les conséquences seront désastreuses.

Dimension sociologique

La chasse aux postes est effectivement ouverte. La preuve la plus irréfutable est justement cette «réclamation subtile» de certains ténors des partis politiques de la mouvance présidentielle. Ils vont droit au but comme pour réclamer leur «droit » à être dans les institutions. Surtout au sein du gouvernement, en affirmant que la distribution des cartes doit se faire au prorata des résultats au niveau de chaque province.

Dans leurs revendications, ils brandissent un argument qui risque d’imposer un débat houleux. Il s’agit précisément de «l’origine sociologique à prendre absolument en compte». Sic.

En clair, ils font remarquer que le «président de la République sait ceux qui se sont dépensés pour son élection». Bien plus, ils font clairement savoir qu’il faut se reporter sur les résultats réalisés dans chaque province en tirant les conséquences qui s’imposent. Le moment est donc venu pour «récompenser» ceux qui ont bien travaillé.

Cette suggestion subtile renferme en elle des germes de la montée en puissance du régionalisme et de l’ethnicisme, de l’exclusion. Elle est en contradiction avec la mise en place d’un «gouvernement d’ouverture ou d’union nationale». Elle contredit la vision du président Kabila de travailler avec des Congolais «compétents ayant la passion du Congo». Plus grave, elle jette les jalons d’une balkanisation interne.

[Le Potentiel]