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«KABILA» sous pression : «Gouvernement» TSHISEKEDI la semaine prochaine

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Le président Etienne TSHISEKEDI a annulé les élections législatives du 28 novembre 2012 en République Démocratique du Congo (RDC). Il a décidé de se rendre au Palais de la Nation, « symbole et siège du pouvoir » et son « gouvernement » sera formé la semaine prochaine. En attendant une nouvelle Assemblée nationale, TSHISEKEDI a promis de « gouverner par ordonnance et décrets-lois ». Le président sortant Hippolyte KANAMBE alias «Joseph KABILA» sous pression.

C’est dans l’après-midi du vendredi 20 janvier qu’Étienne Tshisekedi wa Mulumba a rompu le silence. Celui qui s'est "autoproclamé" président le 23 décembre dernier après le scrutin controversé du 28 novembre a annoncé son programme d’action.

L’accès à la rue des Pétunias, à Limete, une commune de l’est de Kinshasa où habite Étienne Tshisekedi, était quasiment interdit d’accès à la presse ou à d’autres visiteurs ce vendredi. Raison du déploiement accru des forces de l’ordre : empêcher toute affluence à la conférence de presse donnée par Tshisekedi. La rencontre a quand même eu lieu en présence, notamment, de représentants de la Monusco.

D’entrée de jeu, le leader de l’Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS) a exprimé son « plaisir » d’« annoncer officiellement » la prise de ses « fonctions d’élu du peuple congolais ». Après avoir rappelé son serment « prêté devant la nation » et indiqué qu’il lui fallait le soutien de la force publique, il a demandé à celle-ci de lui faire allégeance car « l’armée et la police sont acquises au changement ».

Conférence de presse du président TSHISEKEDI

Formation d'un gouvernement

Tshisekedi, qui a décidé de se rendre au Palais de la Nation, « symbole et siège du pouvoir », devrait former son « gouvernement » la semaine prochaine. À la question de savoir sur quelle base ce « gouvernement » sera constitué, il a répondu qu’il avait annulé les élections législatives du 28 novembre. En attendant une nouvelle Assemblée nationale, il a promis de « gouverner par ordonnance et décrets-lois ».

Son programme d’action comprend, dès février, un recensement général de la population dont la réalisation a été confiée à « une société suisse ». Suivront ensuite des élections locales et législatives. Quant à savoir s’il est disposé à participer à des concertations avec le camp de Joseph Kabila, le leader de l’UDPS a été catégorique : « C’est du confusionnisme. Il n’est pas question de participer à quelque table ronde que ce soit. Le peuple a pensé à Tshisekedi et c’est lui qui va diriger [la RDC] ».

La police interdit l'accès à la résidence de Tshisekedi

La police a interdit vendredi aux journalistes l'accès à une conférence de presse que l'opposant congolais Etienne Tshisekedi, autoproclamé "président élu" de la République démocratique du Congo, devait donner dans sa résidence à Kinshasa.

La rencontre était prévue à 13H00 (12H00 GMT) mais une cinquantaine de policiers ont bloqué le passage à une dizaine de journalistes congolais et étrangers, ainsi qu'à des responsables de partis proches de l'opposant, à plusieurs rues de la résidence de M. Tshisekedi, dans le quartier de Limete (est).

Un photographe qui prenait des clichés a été menacé d'arrestation.

"La police empêche tout le monde d'accéder à la résidence du président Tshisekedi, même ses collaborateurs les plus proches n'ont pas accès", a dénoncé l'avocat Serge Mayamba, secrétaire national de l'Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS), le parti de M. Tshisekedi.

Quelque 150 partisans de l'UDPS n'ont également pas pu approcher la résidence. "Nous allons nous organiser, on en a assez!" a lancé l'un d'eux aux policiers. "Grandissez! Grandissez!", a rétorqué l'un des policiers déployés.

Pour Serge Mayamba, ce climat "confirme ce que nous avons toujours dénoncé: la mise en résidence surveillée du président Tshisekedi et l'empêchement fait au président Tshisekedi et à tous ses collaborateurs de pouvoir travailler".

Vers 15H00, la police a dispersé les quelques dizaines de partisans de l'UDPS en tirant deux grenades lacrymogènes et en patrouillant ensuite avec des pick-up dans le quartier.

Arrivé deuxième de la présidentielle du 28 novembre 2011, M. Tshisekedi a rejeté les résultats donnant la victoire au chef de l'Etat sortant Joseph Kabila, en dénonçant de multiples irrégularités lors du scrutin couplé aux législatives et constatées également par plusieurs pays, les observateurs nationaux et étrangers et l'Eglise catholique congolaise.

[avec Tshitenge Lubabu M.K., Afp]