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Scrutin 2011 en RDC : Le suspense demeure !

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Abandonnés à eux-mêmes, les experts internationaux quittent la RDC en silence comme ils étaient venus. Ils n’ont pas pu avoir accès à des «données disponibles», comme on l’a laissé entendre, pour faire leur travail. Autres dilemmes évoqués, ces experts devaient soit «cautionner le travail de la CENI, soit confirmer les rapports des missions d’observations de l’Union européenne, du Centre Carter et de la RENOSEC». Il nous revient également qu’ils auraient été agacés par «la passivité de la MONUSCO» qui les gérait. Devant cette incapacité de travailler, les experts ont préféré plier bagages et partir. La présence des experts internationaux mettait à mal «l’indépendance» de la CENI. Et que par ricochet, cette mission devrait aboutir à la «certification des élections». La CENI ne pouvait pas accepter de se faire hara–kiri. Les experts internationaux partis, que va-t-il se passer ? Interrogation intéressante.

Plus de traces des experts internationaux venus aider la CENI à rectifier les irrégularités. Ils sont repartis en silence comme ils étaient venus. Aucun mot sur la nature et la durée de leur mission. Ils auraient filé à l’anglaise. Abandon, rétorquent certains. Pas bon signe.

Selon le calendrier aménagé de la CENI, c’est aujourd’hui, 18 janvier, que seront publiés les résultats de l’ensemble des provinces. Hormis bien sûr ceux des quatre circonscriptions électorales de la ville de Kinshasa programmés pour le 26 janvier. Mais entre-temps, le public aurait vivement souhaité connaître le résultat de la mission des experts internationaux venus à la rescousse de la CENI.

Arrivés il y a de cela deux semaines, ces experts devraient aider la CENI à crédibiliser le processus électoral à travers les résultats des législatives 2011. Notamment en ce qui concerne le comptage des voix et éventuellement procéder à l’identification des irrégularités, et au besoin, apporter des correctifs ou rectificatifs qui s’imposaient.

Mais il se fait que depuis leur arrivée saluée par la CENI, la Mouvance présidentielle et l’Opposition, les experts internationaux n’ont plus fait aucun signe de vie. Investigations menées à ce sujet, il revient qu’ils travaillaient en vase clos au niveau du Bureau central de la CENI. Et du coup, l’on vient d’apprendre au cours de ce long week-end qu’ils ont jeté l’éponge, avant de plier bagages et rentrer dans leurs pays, depuis le 13 janvier, sans dire un mot.

Contactée par téléphone pour en savoir, la CENI, par un de ses collaborateurs, a eu cette réponse sèche : «Ce n’est pas la CENI qui gère les experts internationaux». Au niveau de la MONUSCO, on s’est abstenu de toute déclaration tant les personnes attitrées étaient injoignables. Comprenne qui pourra.

Pas de surprise

A première vue, l’on n’est pas du tout surpris par cette réaction des experts internationaux. C’est le contraire qui aurait surpris dans la mesure où leur arrivée n’était pas du tout acceptée de gaieté de cœur. Au niveau de la CENI, l’on ne s’empêchait pas de signaler que la «CENI n’était pas du tout demanderesse et qu’en plus, elle n’était pas en difficulté de technicité».

Sans surprise dans la mesure où la CENI avait continué à publier les résultats provisoires des législatives sans attendre l’arrivée des experts internationaux. C’est un. De deux.

A peine arrivés, la CENI avait déployé les membres de son bureau en provinces pour constater les irrégularités et apporter des réponses qu’il fallait selon l’appréciation de ses délégués, dégarnissant ainsi son siège.

Ainsi, les experts internationaux étaient abandonnés à eux-mêmes. Ils n’ont pas pu avoir accès à des «données disponibles», comme on l’a laissé entendre, pour faire leur travail. Autres dilemmes évoqués, ces experts devaient soit «cautionner le travail de la CENI, soit confirmer les rapports des missions d’observations de l’Union européenne, du Centre Carter et de la RENOSEC». Il nous revient également qu’ils auraient été agacés par «la passivité de la MONUSCO» qui les gérait. Devant cette incapacité de travailler, les experts ont préféré plier bagages et partir.

Mission difficile et inopportune, disait bien un sénateur tant cette présence des experts internationaux mettait à mal «l’indépendance» de la CENI. Et que par ricochet, cette mission devrait aboutir à la «certification des élections». La CENI ne pouvait pas accepter de se faire hara–kiri.

Le suspense demeure

Les experts internationaux partis, que va-t-il se passer ? Interrogation intéressante. Il est important de retenir que forte de son indépendance de certifier les résultats des élections, la raison de sa création et de son existence, la CENI poursuivra sur la même lancée. Et s’il y avait des contestations, les contestataires devraient se saisir des instances judiciaires. La rengaine est connue de tous.

Mais seulement, voilà. Qu’ils aient jeté l’éponge ou pas, ces experts internationaux feront rapport à leurs organisations, notamment le National Democratic Institut, NDI, et l’IFES. Celles-ci, après appréciation, le transmettront à tous les gouvernements intéressés au bon déroulement du processus électoral en RDC. Or, si les experts ont été envoyés au Congo, c’était pour crédibiliser le processus électoral à travers les législatives au regard des déficiences sérieuses qui ont été dénoncées. Aussi, la coopération internationale est, jusqu’à preuve du contraire, suspendue au rapport des experts ainsi qu’aux résultats des législatives. Si les experts internationaux et la CENI ne parviennent pas au même résultat de crédibilité, de confiance et de fiabilité du scrutin, la RDC s’engagera dans un autre cycle de «défis».

Reste la Cour suprême de justice qui pourrait sauver le processus électoral. Sur ce point précis, il revient encore à la CENI de dresser un rapport circonstancié pour relever, identifier les irrégularités constatées qui sont à la base de la suspension des résultats, de la désignation d’une mission de contrôle pour que la Loi électorale soit appliquée dans toute sa rigueur. On doit donc s’attendre à l’invalidation des votes, à des condamnations à des peines pénales (5 à 6 ans d’inéligibilité) et à la reprise des élections là où il s’avère nécessaire.

Ce n’est pas du tout une partie de plaisirs. L’exercice exclut tout état d’âme. Loin de toute complicité. C’est le prix à payer pour sauver le processus électoral. Absolument.

[Le Potentiel]