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Certification des résultats du scrutin en RDC : Mission impossible pour la CENCO et les experts internationaux

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Réclamer aujourd’hui que les résultats des élections congolaises soient certifiés par des experts internationaux serait donc un recul dans la marche de la démocratie qui prend de plus en plus la vitesse de croisière. Les institutions congolaises confirment davantage que la RDC croie en démocratie. Qu’ils cessent de nous voler les élections que nous avons nous-mêmes organisées!

Annoncés pour apporter un appui technique à la Ceni dans la compilation des résultats des législatives, les experts internationaux sont sollicités par l’opposition pour la certification des résultats de la présidentielle et des législatives. Mission impossible si l’on s’en tient au fait. Non seulement, les perdants à la présidentielle sont incapables de donner des preuves de tricheries comme ils le crient partout, mais aussi les experts américains et britanniques ne peuvent pas donner des preuves d’autant plus que les opérations de vote se sont déroulées au moment où ils étaient chez eux et donc au stade actuel ils n’ont aucun procès verbal. Pendant ce temps, la Ceni continue à rappeler que les élections ne sont pas une question de sentiment, mais de chiffre et de calcul avant tout. La Conférence épiscopale nationale congolaise (cenco) n’est pas habilitée à certifier les résultats tel que le pensent les opposants.

Il y a lieu de se demander ce que veulent exactement les perdants des élections présidentielles du 28 novembre 2011. Ils ont crié à la tricherie sans être capables de le prouver en apportant des documents qui l’attestent, notamment des procès verbaux sortis des bureaux de vote et des centres de compilation. Appelés à le faire de manière légale devant la Cour suprême de justice, ils n’ont rien apporté. Plutôt, ils ont continué à chanter la fraude sur des médias internationaux et dans les rues. Une démarche qui s’écarte de l’orthodoxie démocratique.

N’ayant plus d’issu pour continuer leur aventure, ils avancent tout ce qu’ils pensent sans en mesurer la portée. C’est ainsi qu’ils vont de contradiction à contradiction dans les paroles comme dans les actes. Comment expliquer que des animateurs de l’Udps, par exemple, qui prétendent avoir gagné les élections et qui ont organisé une pseudo-prestation de serment, réclament aujourd’hui le recomptage des voix ? Ils doivent être sérieux. D’ailleurs, au sujet de la présidentielle, il est impossible qu’un recomptage des voix soit envisagé. La Cour suprême de justice, l’instance suprême habilitée à gérer les contentieux électoraux, ayant déjà rendu publics les résultats définitifs. Question de respecter les lois du pays.

Le recomptage des voix, c’est impossible

A l’arrivée des experts américains et britanniques, ils réclament le recomptage des voies des législatives et des présidentielles. Ils vont jusqu’à exiger à ces experts internationaux de restituer la vérité des urnes. De quelle vérité parlent-ils ? Déjà, ils ont oublié qu’au jour du vote, ces experts n’étaient pas au pays et par conséquent ils n’ont aucun document qu’ils peuvent brandir pour répondre à cette exigence. D’où vont-ils sortir les procès verbaux, eux qui étaient encore chez eux lorsque les congolais élisaient leur président et leurs représentants au parlement. Ce n’est donc pas  aux experts d’apporter des preuves, mais c’est plutôt les opposants qui crient à la tricherie qui doivent présenter les documents probants qui l’attestent. Malheureusement, ils n’en ont pas. Car, à plusieurs reprises, il leur a été demandé de les présenter mais en vain.

Faut-il aussi rappeler à ces opposants que les élections sont une question de souveraineté et non  la moindre. Et donc, il n’appartient pas à n’importe quel individu, occidental soit-il, de venir certifier les résultats des élections organisées par une structure congolaise ayant reçu mandat des élus du peuple. Moins encore les observateurs, car faute de n’   avoir pas été partout où se déroulaient les opérations de vote sur l’étendu du territoire national, les missions d’observation ne se limitent qu’à produire des rapports subjectifs ou mieux estimatifs.

Doit-on y aller avec des estimations, des éléments subjectifs pour parler d’une question de chiffre et de calcul ? Il n’en est pas question concluent les responsables de la Ceni. Ils savent que céder à une telle aberration serait aliéné la souveraineté de la RDC. Et d’ailleurs, le vice-président de la Ceni ne cesse de dire que « La Céni n’est pas en déficit technique. Il s’agit tout simplement d’un problème de foi qu’on appelle ailleurs de crédibilité, et je crois que nous-mêmes, nous avons une perspective d’une grande évaluation, au regard des objectifs que nous nous sommes fixés».

Une similarité avec la CEI

Il est temps de rappeler qu’en 2006 un problème de ce genre s’était posé. A son temps, la Cei a également fait face à une question cruciale d’interprétation des données des opérations d’enrôlement des électeurs. Les responsables de la Cei témoignent qu’à cette époque le pays manquait un serveur capable de faciliter l’interprétation des empruntes digitales faute de capacité. Les bailleurs de fonds avaient voulu que ces données soient envoyées aux Etats Unis pour leur interprétation. Proposition à laquelle s’étaient opposés les animateurs de la Ceni. Non seulement, c’était une aliénation de notre souveraineté, mais aussi cette décision allait permettre un tripatouillage des chiffres.

Visionnaires, les animateurs de la Ceni avaient exigé qu’un serveur de grande capacité soit installé au pays. Au bout de six mois de négociation, c’était chose faite. Réclamer aujourd’hui que les résultats des élections congolaises soient certifiés par des experts internationaux serait donc un recul dans la marche de la démocratie  qui prend de plus en plus la vitesse de croisière. Les institutions congolaises confirment davantage que la RDC croie en démocratie. Qu’ils cessent de nous voler les élections que nous avons nous-mêmes organisées!

Jérémie KADO