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Campagne électorale en RDC : Les prophètes de malheurs déçus

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Les prophètes de malheurs qui avaient spéculé ou qui avaient souhaité des accrochages entre tshisekedistes et kabilistes doivent être déçus et se mordent les lèvres. Mais qu'auraient-ils gagné s'il y avait des blessés ou des morts à Goma ?

Deux candidats à la présidentielle du 28 novembre 2011 à savoir Joseph Kabila et Etienne Tshisekedi sont arrivés à Goma le lundi 14 novembre. Le leader de l'Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS) a été le premier à fouler le sol du chef-lieu de la province du Nord-Kivu. Après avoir accueilli chaleureusement le président national de leur parti, les " combattants de l'UDPS - c'est comme ça qu'on les appelle communément - ont quitté calmement l'aéroport pour se rendre au lieu où le " Lider maximo " a tenu son meeting. Cette attitude des Udépésiens, laisse-t-on savoir, a été dictée par le fait que les militants du PPRD et leurs alliés devaient venir au même moment à l'aéroport pour accueillir leur leader, le candidat Joseph Kabila. Les Pprdiens et leurs acolytes eux aussi ont d'abord voulu que les partisans de l'autre camp évacuent les lieux pour les occuper un peu plus tard. Conséquence : la présence de deux poids lourds de la présidentielle sur le même sol n'a occasionné aucune échauffourée entre leurs partisans. Cette attitude des uns et des autres est à saluer chaleureusement par tous ceux qui souhaitent des élections libres, transparentes et apaisées le 28 novembre prochain.

Sans doute que les prophètes de malheurs qui avaient spéculé ou qui avaient souhaité des accrochages entre tshisekedistes et kabilistes doivent être déçus et se mordent les lèvres. Mais qu'auraient-ils gagné s'il y avait des blessés ou des morts à Goma ?

Ce comportement exemplaire des Gomatraciens doit servir de leçon aux populations d'autres contrées de la RDC. C'est ici le lieu de condamner avec véhémence l'attitude de ces politiciens de Masimanimba et de Kikwit qui, lors du passage de Vital Kamerhe dans ces agglomérations, ont manipulé des jeunes voyous pour perturber son séjour. L'arme des faibles c'est la violence. Ces tireurs de ficelle dans l'ombre doivent comprendre que nul ne détient le monopole de la violence. Quelle serait leur réaction si eux-mêmes ou leurs adeptes venaient à être lapidés par les délinquants à la solde de leurs adversaires politiques ? A Kikwit, les partisans de Kamerhe s'en sont pris violemment à l'un des voyous qu'ils ont récupéré après la fuite de ses complices. Qu'ont fait ces politiciens véreux qui ont envoyé ces jeunes gens à la mort pour sauver cet infortuné ?

C'est avec raison que l'opinion congolaise a appris avec joie et accueilli chaleureusement la nouvelle de la présence des experts de la CPI en RDC pour surveiller le déroulement du processus électoral dans notre pays. Moreno O'Campo sait très bien qu'en Afrique les élections se déroulent toujours dans une ambiance infernale avant, pendant et après les scrutins. C'est pourquoi, il a délégué des experts de la célèbre Cour pour se saisir du cas de tout politicien qui se rendrait coupable des crimes de tous genres. Est-ce cette présence des émissaires de Moreno qui explique la discipline dont ont fait montre les partisans de Kabila et de Tshisekedi à Goma ? Peut-être.

En tout état de cause, personne en RDC n'a intérêt à connaître des troubles dans le pays parce qu'ils n'épargnent ni autorité ni simple citoyen.

Sans nous voiler la face et sans peur, nous voulons appeler les autorités politico administratives des provinces du Kasaï Oriental, du Kasaï Occidental, du Katanga et du Maniema à s'aligner sur la voie de la paix et de la démocratie. Le Katanga a déjà montré sa maturité lors du séjour de Tshisekedi à Lubumbashi, Likasi, Kolwezi… Nous souhaitons qu'il en soit ainsi lorsque les candidats à la présidentielle descendront dans cette province pour battre campagne. Moïse Katumbi ne démentira pas sans doute tout le bien qu'on dit de lui. Reste à Ngoy Kasandji, Kabasubabo et Tutu Salumu à démontrer que leurs provinces ne sont pas des zones rouges de la RDC.

Les élections, ne cesse-t-on de le dire, ne sont pas une fin en soi. Après les élections, les vainqueurs et les vaincus continueront à se côtoyer et à fréquenter les mêmes lieux. Les fidèles d'une même église s'assoient sur les mêmes bancs côte à côte pour prier le même Dieu. Il est donc aberrant et stupide de se donner des coups pour 26 jours de campagne et une seule journée de vote. Il n'y a malheureusement que trop peu de Congolais qui assimilent cette sagesse, la grande partie étant emportée par des comportements épidermiques et des états d'âme primaires.

RMB