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Etienne TSHISEKEDI : Un fonds de commerce à Kinshasa

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Comme en 2006 avec Jean-Pierre Bemba, législatives 2011 en RDC, des candidats de l’Opposition sans base exploitent l’aura d’E.Tshisekedi à Kinshasa.

Des candidats à la députation nationale en mal d’assise populaire à Kinshasa ont trouvé la recette pour se faire élire : placer la petite photo d’Etienne Tshisekedi au coin et à l’arrière-plan de leurs supports de campagne. A chacun sa stratégie. Mais dans les milieux UDPS, on n’est pas dupe.

La recette, si elle en est une, rappelle les souvenirs de la campagne électorale de 2006. Singulièrement pour les législatives nationales. Pendant cette période de propagande, la plupart des candidats députés nationaux avaient exploité l’aura de Jean-Pierre Bemba pour se faire élire. Il suffisait de reproduire sur son support de campagne, l’ « abeille », symbole de l’idéologie politique du Mouvement de libération du Congo (MLC). Et, comme par enchantement, nombreux ont eu la chance de se faire élire député national dans ces conditions sans qu’ils n’eussent été du Mlc.

Cette fois-ci, Jean-Pierre Bemba étant non-partant pour les scrutins du 28 novembre,  des candidats des « partis politiques-mallettes », utilisent le nom et l’effigie d’Etienne Tshisekedi. Non pas parce qu’ils croient en ce personnage, mais parce qu’ils veulent se faire adouber par la population dans les entités où le très charismatique leader de l’Udps a pignon sur rue. Au bas mot, ces candidats cherchent à résoudre leur équation personnelle. A ses débuts, la pratique a été fustigée par le secrétaire général de l’’Udps, Jacquemain Shabani. Mais visiblement sans succès.  

En soi, la recette ne fait pas nouvelle. On se rappelle que pendant la Transition,  nombreux furent les dignitaires du régime du Maréchal Mobutu qui l’avaient également utilisée. Ces « Mobutistes » avérés depuis des décennies, s’étaient soudainement convertis en Tshisekedistes. Dynamisme politique oblige, diraient certains. Mais la vérité est que ces hiérarques du régime du 24 novembre 1965, voulaient tout simplement se blanchir. En tout cas, ils étaient loin, très loin même de traverser la ligne idéologique pour devenir membre d’un camp qu’ils ont combattu pendant des années.

TSHISEKEDI : UN FONDS DE COMMERCE A KINSHASA

De l’analyse des péripéties de la vie politique en RD Congo, découle une inférence immédiate admettant que l’ «opération » Tshisekedi est une constante. Elle lève cependant un pan du voile de l’incurie politique. Aujourd’hui comme hier, l’incontestable et inamovible lider maximo de l’Udps semble être un véritable fonds de commerce pour nombre de candidats à la députation nationale. Surtout des postulants dont les noms n’ont aucun répondant positif dans l’opinion kinoise.

A l’Udps, on est loin d’être dupe. Les militants savent qui a toujours été avec eux et qui ne l’a jamais été. En tout cas, dans différents quartiers généraux des « parlementaires debout » (entendez l’espace public à l’Udpsienne), on ne se leurre point. A malin, malin et demi; ces militants de l’Udps promettent un vote-sanction à tous ces candidats à la députation nationale, « Tshisekedistes » de la 25ème heure. Comme qui dirait, « on n’attend pas le jour où un casseur abat un gibier pour prétendre nouer une amitié sincère avec l’un de ses fils ».

NI INDEPENDANTS NI CANDIDATS DES PARTIS

Dans l’une de ses précédentes éditions, Forum des As s’était fait l’écho d’une campagne électorale qu’il a qualifiée d’anonyme. Dans ses colonnes, le quotidien de la 11ème rue Limete/Industriel stigmatisait ce qu’il considérait comme une sorte de malhonnêteté de la part de certains candidats à la députation nationale. Une « incurie » qui se manifeste par le masquage express de leurs labels politiques. Autrement dit, nombreuses  sont des banderoles qui restent muettes sur le parti politique au nom duquel le candidat sollicite les suffrages.

Bien pire, même pour le cas de ces Tshisekedistes nés d’une génération spontanée, le constat est le même. On ne lit rien qui soit de l’Udps, si ce n’est la petite photo de Tshitshi, placée au coin et à l’arrière-plan du calicot.  A mille lieues, cette pratique énerve la loi électorale qui oblige les candidats à s’identifier aux partis politiques. Bien entendu, exception faite pour des postulants qui estiment qu’ils peuvent voler de leurs propres ailes. Ceux-là, s’affichent « indépendants ». Normal.

Il pourrait également paraitre comme grave, lorsque certains candidats des partis concurrents reprennent et le nom de leurs partis politiques et  celui d’Etienne Tshisekedi sur leurs supports de campagne. Cependant, quand on sait que l’Udps est un parti politique et non une plate-forme, reproduire l’image d’Etienne Tshisekedi à côté du nom d’un parti politique autre que l’Udps, sent l’ « imposture ».

De la même façon que les militants de l’Udps « maudissent » ces postulants opportunistes, de la même manière aussi la population de Tshangu se moque des candidats visiteurs. L’expression désigne tout postulant ne vivant pas dans ce coin de la capitale mais qui, pour des fins électoralistes, y font intrusion sous-prétexte de s’y faire élire. Face à une population qui n’est plus dupe comme en 2006, de nombreux postulants se mordront le doigt. Quant aux députés nationaux muets, élus des élections de 2006 et qui n’entendent pas quitter l’hémicycle, Tshangu leur promet un os à croquer. « Ils pourront chercher leurs électorats au restaurant de la Transition. Car c’est là qu’ils passent le gros de leur temps », a déclaré un habitant du coin, visiblement bien informé du comportement de la plupart des députés nationaux au Palais du peuple.

Laurel KANKOLE