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Elections en RDC : Mauvais signe

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Le spectre de l’insécurité s’affirme au jour le jour. L’inquiétude grandit davantage avec ces accrochages au quotidien, sanctionnés par mort d’hommes. La «guerre de clans» s’est déclarée avant même que l’élection à proprement parler ait lieu. C’est mauvais signe.

Jour «J»- 12. Douze jours d’intenses activités, de dur labeur pour convaincre, mais aussi douze jours sous haute tension. La campagne électorale tend vers sa fin. Cependant, la partie se poursuit. Les jeux ne sont pas encore faits.

La campagne électorale a accompli la moitié de son parcours. Il ne reste plus que douze jours pour que les rideaux tombent sur ce «carnaval électoral» afin que l’essentiel soit fait. C’est-à-dire, le vote en lui-même avec le choix du candidat président de la République et des candidats à la députation nationale.

Mais d’ici là, il faut continuer à prendre son mal en patience. La partie se poursuit et les jeux ne sont pas encore faits. L’on a encore 12 jours devant soi. Douze jours durant lesquels tout peut arriver. Les tendances peuvent se renverser tout comme elles pourraient se maintenir. Il serait de bonne tactique que l’on assiste à un rebondissement de la campagne électorale avec un réajustement de la stratégie électorale, à l’amélioration du discours pour convaincre les derniers électeurs, les irréductibles. Douze jours laborieux durant lesquels seuls les esprits fertiles, les stratèges auront un rôle déterminant à jouer. Il s’agit maintenant de prendre la mesure de tout ce qui entre en compte dans une élection positive, au-delà de tout ce tintamarre électoral qui agrémente le carnaval.

14 JOURS DE MOROSITE ET D’INQUIETUDE

Le bilan à mi-parcours de cette campagne électorale n’est pas du tout éloquent. Plusieurs raisons expliquent cette situation.

D’abord, cette morosité qui projette l’état des lieux de la Nation. Un pays confronté à une grave crise sociale doublée de méfiance. La population congolaise fait face à son vécu quotidien caractérisé par le chômage, le sous-paiement, les arriérés des salaires, la recrudescence des maladies et ces poches d’une insécurité toujours virulente. C’est un.

De deux, Le climat de confiance qui devrait s’établir entre la population et l’autorité est loin de l’être. Bien plus, le fossé s’est élargi à telle enseigne que cette campagne électorale la laisse encore indifférente. Voire médusée au regard des incidents qui émaillent cette campagne électorale. Aussi, la population donne l’impression de ne pas s’intéresser activement à ce jeu politique, surprise en plus par ce nombre élevé de candidats qui la déboussole.

Morosité, l’est encore de la part des acteurs eux-mêmes qui n’échappent pas du tout à cet état des lieux de la Nation. Eux aussi sont frappés par cette «crise sociale» quand on apprend que les candidats députés attendaient leurs «indemnités de sortie» pour mieux battre campagne. Et comme nombreux pensent que «c’est facile en politique», ils sont confrontés à certaines réalités inhérentes à tout exercice du pouvoir. Les politiciens d’opérette ne savent par quel bout commencer pendant que les habitués demeurent toujours sur les vieux sentiers battus, attendant le financement de leur campagne. Malheureusement, les choses tardent, disons, sont en train de trainer, qu’ils ont été tous rattrapés par le début de cette campagne électorale.

Il n’empêche que parmi eux, certains se sont préparés en conséquence. Le candidat président en exercice, Joseph Kabila Kabange, a débuté sa campagne tambour battant dès le premier jour. Il poursuit sur le même élan, soutenu par un festival médiatique pendant qu’il sillonne les provinces, l’une après l’autre. Kivu, Katanga ont été les premières à l’accueillir.

Certains de ses challengers ne sont pas du tout demeurés en reste. Vital Kamerhe a été le premier à se jeter à l’eau, prenant son bâton de pèlerin pour expliquer les raisons du changement qu’il prône. Avec lui, il faut citer Léon Kengo wa Dondo qui a promis de monter en puissance progressivement. Tout se décidera à la ligne d’arrivée, a-t-il lancé, faisant recours à cet adage congolais : «kokende liboso ezali kokoma te». Traduisez : «Les premiers partants ne sont toujours pas les premiers arrivés».

Outre ces «gros poissons», il faut citer le candidat indépendant Adenkwa Djeka qui affronte déjà la foule. Sont attendus de façon manifeste ces jours-ci, les candidats Nzanga Mobutu, Mbusa Nyamwisi, Oscar Kalala, Adam Bombole.

ABSENCE DE DEBATS

Autre raison qui explique cette morosité tout au long de cette mi-parcours est l’absence de débats de la part des candidats, tant au niveau de la présidentielle que des législatives. L’on assiste plus à des invectives qu’à des débats sur des thèmes de portée nationale et internationale. Allusion faite à la consolidation d’un Etat de droit, aux efforts pour remettre sur les rails l’économie nationale face aux défis d’une conjoncture économique internationale toujours capricieuse. Et enfin, à une justice distributive des revenus nationaux en vue de réduire les frontières de l’ignorance, de la pauvreté afin de promouvoir l’homme congolais. Rien de tout cela jusqu’ici.

Par contre, le spectre de l’insécurité s’affirme au jour le jour. L’inquiétude grandit davantage avec ces accrochages au quotidien, sanctionnés par mort d’hommes. Des accrochages qui n’opposent pas seulement des sympathisants des partis adverses, mais également entre sympathisants des formations d’une même mouvance. La «guerre de clans» s’est déclarée avant même que l’élection à proprement parler ait lieu et que le renouvellement des institutions nationales soit effectif. C’est mauvais signe.

Par Freddy Monsa Iyaka Duku