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RDC : L’ASADHO déplore la répression des manifestations publiques par la Police nationale

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L’Association africaine de défense des droits de l’Homme en RDC (ASADHO) déplore la répression des manifestations publiques des partis politiques de l’Opposition par la Police nationale congolaise, durant le processus électoral. Cette ONG des droits de l’Homme dénonce ces faits, dans un rapport publié le mercredi 9 novembre 2011 à Kinshasa.

Dans son rapport, l’ASADHO relève : «les partis politiques informent régulièrement les autorités politico administratives de l’organisation de leurs manifestations comme la Constitution l’exige».

Curieusement, «quelle que soit l’information fournie aux autorités par les partis politiques de l’Opposition, leurs manifestations sont souvent réprimées par la Police», s’étonne-t-elle. Avant de renchérir : «Avec l’organisation des élections, les manifestations pacifiques deviennent de plus en plus un moyen utilisé par les partis politiques pour s’exprimer sur les questions d’intérêt national».

Pour étayer son exposé, cette ONG a répertorié quelques cas de répression des manifestations publiques: «Le 4 juillet 2011, la manifestation organisée par les militants de l’Opposition politique regroupés au sein de la «Dynamique Tshisekedi Président» a été réprimée. Une personne a été tuée, un policier brûlé, des dégâts matériels importants ont été causés aux biens des particuliers et six personnes ont été arrêtées. Le 26 juillet 2011, la manifestation des militants de l’UDPS avait été réprimée par la police et 5 militants ont été arrêtés. Le 29 septembre 2011, la manifestation de l’UDPS et alliés a été dispersée par la police et trois cadres de l’Opposition ont été arrêtés. Le 6 octobre 2011, la manifestation de l’UDPS et alliés a été brutalement réprimée par la police. Quatre personnes ont été blessées et 5 autres arrêtées. Le 28 octobre 2011, la manifestation organisée par les partis politiques de l’Opposition à Mbuji-Mayi, au Kasaï Oriental, a été encore réprimée par la Police. Le bilan de cette répression est de deux personnes tuées et plusieurs militants de l’Opposition arrêtés».

Par ailleurs, l’ASADHO estime que la Police nationale congolaise (PNC) «devra jouer un rôle crucial», pendant cette période de campagne électorale où la tension monte au jour le jour entre les partisans de camps politiques.

D’après l’ONG, la PNC a tout intérêt, notamment d’«apporter sons concours à l’organisation des élections apaisées, libres et transparentes, assurer la protection de tous les électeurs, de toutes les populations civiles, pour qu’ils participent au vote en toute sécurité».

Elle lui suggère également «d’assurer la protection, et c’est de manière égale, de tous les candidats aux élections présidentielle et législatives, qu’ils se déplacent dans toutes les circonscriptions et sur l’ensemble du pays sans entraves ; encadrer toutes les manifestations publiques liées à la campagne électorale».

L’ONG demande à la Police «de contribuer au respect de la loi électorale par tous les partis politiques et les indépendants ; refuser de faire un usage excessif de la force contre les populations civiles ou les acteurs politiques et d’apporter son soutien et son assistance à tout candidat qui gagnera l’élection présidentielle».

Elle souhaite que des poursuites disciplinaires soient ouvertes contre les éléments de la PNC qui «ont violé les droits fondamentaux lors des manifestations publiques» de l’Opposition. Et cela, pour «exiger la transparence du processus électoral».

Au gouvernement de la République, l’ASADHO recommande «de prendre des mesures urgentes pour toutes les manifestations publiques qui seront organisées pendant cette période de campagne électorale soient encadrées par les éléments de la PNC».

Elle l’appelle aussi à «s’abstenir de détourner la PNC de ses missions constitutionnelles ; s’abstenir de toute déclaration ou tout discours qui encouragerait la police à réprimer les manifestations publiques des partis de l’Opposition, de mettre à la disposition de la Police nationale des moyens et équipements nécessaires à la réalisation de sa mission».

LN