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RDC : TSHISEKEDI en mauvaise posture électorale

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L'UDPS s’est avéré incapable à payer les cautions de ses candidats députés exigées par la Commission Electorale Nationale Indépendante.

Deux grandes mauvaises nouvelles pour les militants de l’Union pour la Démocratie et le Progrès Social (UDPS). Alors qu’Etienne Tshisekedi, Président national de l’Udps est interné dans un hôpital belge pour des soins médicaux, les fonds destinés à sa campagne électorale viennent d’être détournés par ses proches. Deux gros coups de boule qui font mal au sphinx de Limete. La panique est à son comble chez ceux qui espèrent encore voir l’opposant trentenaire briguer un mandat à la tête du pays.

Après de longues tournées à travers le monde (Europe, Etats-Unis, Canada) et le territoire national (Lubumbashi, Likasi Kolwezi…), d’intenses mouvements (Stade des Martyrs à Kinshasa, dépôt de candidature à la Ceni) et réflexions sur l’avenir de sa carrière politique, Etienne Tshisekedi tombe encore malade. Et ce, après s’être déclaré candidat à la présidentielle de novembre 2011.

La tournée européenne d’Etienne Tshisekedi a ajouté une autre mission. Au départ, l’opposant allait fructifier ses contacts diplomatiques, aujourd’hui, il s’est vu interné dans un hôpital belge pour des soins. Le candidat déclaré à la présidentielle du  28 novembre a connu de problèmes habituels de santé. Ce qui l’a conduit aux soins avant son retour à Kinshasa.

De sources proches, nous apprenons que le docteur soignant lui aurait conseillé de se reposer pour se préserver d’une éventuelle crise. Un conseil qui n’a pas eu bonne presse au sein du camp tshisekediste. Les  proches du sphinx ne jurent que par la victoire le 28 novembre. Ils obligent le vieux à ne pas désarmer même s’il n’est pas en bonne forme. L’objectif serait,  selon les analystes, non seulement celui de marchander avec la popularité de l’opposant pour être  élu aux législatives, mais aussi celui de le succéder quand il se serait déclaré incapable de continuer l’action politique.

Des ambitions, tout de même folles, dans la mesure où le congolais n’est encore dupe. Pour ceux qui ont appris la nouvelle de la maladie de l’homme de Limete, l’avenir du pays serait biaisé s’il venait à être élu Président de la République. « En 2006, nous avons fait confiance à un autre opposant qui, par la suite, nous a déçu par son âge, nous ne sommes pas disposés à donner, une fois de plus, notre cutus à quelqu’un qui s’avère au départ incapable de tenir cinq ou dix mois », déclare un kinois qui a suivi l’actualité de l’Udps.

Et les fonds de campagne

L’on sait de quelle manière, l’Udps a collecté les fonds pour mener la campagne électorale. D’une part, c’est par des cotisations des membres d’honneurs du parti, d’autre part, ce sont les collectes publiques qui ont renfloué les caisses de la fille ainée de l’opposition. Lors des meetings et des événements publics, l’on a vu les paniers circulaient, comme à l’Eglise, pour la récolte des maigres sommes d’argent pouvant soutenir le lider maximo de l’Udps.

Malgré cela, le parti s’est avéré incapable à payer les cautions de ses candidats députés exigées par la Commission Electorale Nationale Indépendante. L’objectif était de faire des économies pour tenir lors de la campagne électorale. L’austérité budgétaire de l’Udps s’est vue payée en monnaie des singes par ceux-là qui l’avaient initiée. Les fonds de campagne se sont volatilisés dans la nature.

Une nouvelle qui risque d’aggraver la crise  tant politique que sanitaire dans laquelle sont plongés l’Udps et son Président National. Certaines sources parlent d’une « auto-escroquerie » pour justifier la non prise en charge des cautions des candidats députés. Tshisekedi aurait détourné le parti pour ressourcer ses comptes personnels, probablement pour prendre en charge ses soins médicaux, les analyses de la situation vont dans toutes les directions.

Les élections c’est une question de quelques jours. Tout le monde met de l’eau dans son vin. Toutes les batteries sont activées pour que le 28 novembre prochain, les congolais expriment leur volonté. Mauvais départ pour l’Udps qui doit désormais résoudre des questions internes très sensibles avant de recadrer les tirs vers le sprint final électoral.

Jérémie KADO