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L'Opposition en colère : La Majorité présidentielle en campagne électorale déguisée à Kinshasa

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A travers une correspondance officielle, l’Union sacrée pour l’alternance lance un message à la CENI afin que la Majorité présidentielle respecte ce qui avait été convenu au cours de la rencontre de l’Hôtel Memling. « Sinon, l’Opposition va également entrer dans la campagne avant la date prévue ».

L’Opposition politique a procédé, hier mercredi 21 septembre, à l’évaluation des points arrêtés lors de la dernière réunion avec la Commission électorale nationale indépendante (CENI). Au cours de cette rencontre, organisée récemment à l’Hôtel Memling, l’institution organisatrice des élections en RDC avait demandé à la Majorité présidentielle d’enlever les panneaux et banderoles de campagne déployées dans la ville de Kinshasa.

Mais au terme de l’évaluation, a déclaré le député national Lisanga Bonganga au nom de l’Union sacrée pour l’alternance (Usa), l’Opposition politique constate que ces panneaux et banderoles sont toujours visibles sur les grandes artères de la capitale. A travers une correspondance officielle, l’Union sacrée pour l’alternance lance un message à la CENI afin que la Majorité présidentielle respecte ce qui avait été convenu au cours de la rencontre de l’Hôtel Memling. « Sinon, l’Opposition va également entrer dans la campagne avant la date prévue », a signifié Lisanga Bonganga.

Outre ce message lancé à la CENI, l’Union sacrée pour l’alternance, sous la coordination d’Eugène Diomi Ndongala, a conféré avec le député national Clément Kanku et coordonnateur de l’Union pour la Nation, une plate-forme de l’Opposition politique. La question de la candidature unique de l’Opposition a été au centre des entretiens. Clément Kanku a confié à la presse que sa démarche est de rapprocher les points de vues des uns et des autres pour aboutir à une candidature unique de l’Opposition. C’est dans ce cadre qu’il tente un rapprochement entre le groupe dit de Fatima et l’Union sacrée de l’alternance regroupé autour de la candidature d’Etienne Tshisekedi wa Mulumba à la présidence de la République. « Nous sommes tous de l’Opposition qui est plurielle. L’on doit tenir compte de toutes les sensibilités », a-t-il affirmé.

Pour sa part, Eugène Diomi Ndongala a réaffirmé la position de l’Union sacrée pour l’alternance. « L’Opposition est unie autour de la candidature d’Etienne Tshisekedi. Il avait été plébiscité sur base des critères impersonnels arrêtés par tous. La porte est ouverte à tous pour adhérer à l’Opposition politique et soutenir, sans condition, ni négociation, la candidature d’Etienne Tshisekedi à la présidence de la République. C’est le candidat investit par l’Opposition ».

Les élections ont lieu le 28 novembre 2011

Les élections auront lieu à la date prévue. C’est –à-dire le 28 novembre 2011. Engagement renouvelé mercredi 21 septembre par le président de la CENI devant les ambassadeurs africains accrédités à Kinshasa.

Le processus électoral 2011 a été, hier mercredi 21 septembre à Kinshasa, au menu d’un échange entre le bureau de la Commission électorale nationale indépendante (CENI) et les ambassadeurs des pays africains accrédités en RDC.

Le salon Lubumbashi du Grand Hôtel Kinshasa a servi de cadre à cette rencontre qui s’est articulée autour, entre autres, des opérations de révision du fichier électoral, de la répartition des sièges par circonscription électorale, de la commande des kits électoraux. Sans oublier les opérations de réception et traitement des candidatures pour la présidentielle et les législatives nationales, le dialogue entre la CENI et l’Opposition congolaise, ainsi que les perspectives d’avenir.

L’échange a duré une heure. Mais d’entrée de jeu, le président de la CENI, Daniel Ngoy Mulunda, a confié aux diplomates africains que son institution a hérité d’un processus électoral confronté à plusieurs difficultés d’ordre logistique. « Il s’est agi, notamment de nombreuses pannes de machines qui nous ont obligés à passer de nouvelles commandes, d’aller au Togo pour commander des kits additionnels, d’affréter des avions pour le transport du matériel électoral, … », a-t-il précisé.

Faisant d’une pierre deux coups, le pasteur Ngoy Mulunda a rappelé à ses interlocuteurs quelques résolutions formulées par des experts internationaux et nationaux à l’issue de la réunion organisée à Lubumbashi par la CENI juste après l’entrée en fonction de son bureau . « Il a été recommandé, notamment de découpler les élections présidentielles et les législatives nationales. Mais nous nous étions rendus compte que cela a été malsain d’agir de la sorte ; c’est pourquoi, nous avons décidé, sans la volonté des experts, de les coupler ; d’aller à la rencontre de la classe politique congolaise », a-t-il argué. Avant de poursuivre : « Les partis politiques ont été catégoriques, ils avaient refusé de découpler les deux scrutins ; c’est dans cette contrainte que nous avons été obligés de réajuster le calendrier électoral ». « Nous sommes en train de répondre à l’attente de la classe politique congolaise » a-t-il renchéri.

Abordant la question relative à la révision du fichier électoral, Ngoy Mulunda a renseigné qu’à l’issue de cette opération, 119.000 doublons ont été détectés par l’organe de gestion des élections. « Les doublons techniques sont évalués à 40 %, tandis que les doublons criminels, provoqués par des personnes qui se sont fait enrôler plus d’une fois sont à 60% », a-t-il déploré.

Le président de la CENI a, par la même occasion, promis que son institution déposera, au mois d’octobre, les doublons criminels à la Justice congolaise.

Par ailleurs, Ngoy Mulunda a affirmé que sa Commission a reçu du gouvernement de la République, 8 millions Usd pour l’affrètement des avions qui doivent transporter le matériel électoral commandé en Chine et au Liban. « Nous avons déjà réceptionné depuis le mardi 20 septembre, 97 tonnes de kits électoraux en provenance de Chine, nous attendons, cette fois-ci, d’autre matériel électoral de Liban, et des urnes spéciales de Munich, en Allemagne », a-t-il dit.

A en croire le président de la CENI, des urnes en provenance d’Allemagne devaient en principe arriver à Kinshasa, le 20 septembre. Vu « ce retard », il s’est dit obligé à se rendre en Allemagne pour en connaître les raisons.

Après avoir évoqué « les difficultés rencontrées » lors de la réception et du traitement des candidatures à la députation nationale, le pasteur Daniel Ngoy a dit qu’à l’issue de cette opération, la CENI a enregistré, depuis le mardi 21 septembre, 14.000 candidats. Entre-temps, « nous attendons la décision de la Cour Suprême de Justice sur le recours de quatre candidats à la présidentielle », a-t-il ajouté.

Quant au dialogue entre la CENI et la classe politique congolaise, l’organe de gestion des élections a promis de créer un cadre de concertation. Objectif : débattre avec toutes les parties prenantes au processus électoral, de toutes les questions liées à l’audit du fichier électoral et à l’accès au serveur central.

Le bureau de la CENI a, en outre, promis aux diplomates africains de remettre de l’ordre dans le camp de tous les partis politiques qui se sont déjà lancés dans la campagne électorale avant la date prévue. Il accorde dix jours aux partis politiques concernés, faute de quoi la CENI débarrassera la ville de Kinshasa de toutes les affiches, banderoles et autres pancartes frisant la campagne électorale anticipée.

Cet échange souligne, une fois de plus, la détermination de la CENI à organiser les élections dans les délais impartis.

Par Martin Enyimo et Le Potentiel